jeudi, 08 juin 2006
pourquoi attend-on 2007 pour relancer le débat européen?
Ce billet permet aussi de se poser la question suivante: Les interventions du président de la République sont-elles des traductions automatiques d'une langue étrangère?
Je sais que ce n'est pas naturellement pas convenable de critiquer le Président. Je prépare quand même un billet anecdotique sur certaines péripérities de la construction européenne et sur la contribution présidentielle à ces péripétie.
Mais ici, c'est l'intervention du Président lors du point de presse conjoint avec la chancellière allemande du 6 juin 2006 qui m'interesse.
La dernière question posée par un journaliste était la suivante :
" Vous nous avez dit que vous preniez le temps de la réflexion en ce qui concerne les institutions de l'Europe, mais il semble que l'Allemagne et la France ne soient pas tout à fait d'accord sur le sort que l'on doit réserver au traité constitutionnel. Madame Merkel, du point de vue de l'Allemagne, ce traité constitutionnel qui a été adopté par un certain nombre de pays mais rejeté par la France et les Pays-Bas, doit-il être conservé pour être remis sur le métier en 2007/2008 ou doit-on faire tout à fait autre chose comme semble le préférer la France par exemple ?"
La réponse de Mme Merkel est très langue de bois (europe des citoyens, dynamique de développement, blabla) mais très bien articulée. Je rappelle qu'il s'agit d'une traduction en français.
Puis intervient le Président de la République et je reste pantoi, comme souvent quand on lit ses interventions, mais là on attend des sommets de vide (il ne s'agit pas de langue de bois). Je renonce à commenter plus avant, je grasse juste un peu:
"Juste un mot à ce sujet. C'est évidemment un problème complexe, ce qui me conduit à une réflexion : on peut être favorable à la construction européenne ou on peut y être défavorable. Cela, c'est la règle de la démocratie, et on peut l'exprimer. Mais ce qui n'est pas convenable, c'est de mentir aux Français.
Et là, je pense à la position purement française : Lorsqu'un certain nombre de responsables, incitant nos compatriotes à voter „non", ce qui est leur droit le plus naturel, leur expliquent : « Ne vous inquiétez pas, il y a, derrière, un plan B », alors que la majorité de ceux-là savaient très bien, parce qu'ils avaient une certaine expérience gouvernementale, que ce n'était pas vrai, c'est donc ce mensonge que je tiens à dénoncer. Il n'y avait naturellement pas de plan B, nous sommes maintenant dans une certaine difficulté, nous en sortirons, il faut une réflexion nécessaire, il faut reprendre l'ensemble des choses avec beaucoup de sagesse. C'est la raison pour laquelle je fais confiance à la présidence allemande pour lancer, à nouveau, le train dans la bonne direction."
La citation est intégrale. Vous comprendrez pourquoi on attend mai 2007 pour relancer le débat.
00:05 Publié dans Europe, pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chirac, Merkel, Constitution, plan B, Allemagne, Président




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