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mardi, 14 novembre 2006

Quel bilan pour les primaires PS?

Quelques leçons, confirmations et intuitions personnelles à l’issu du « débat militant ».

 1°) Fabius sonne faux . Sa stratégie gauche de gauche va peut-être convaincre quelques militants, mais sa personnalité et les sinuosités de son track record ne lui permettront pas d’obtenir un score aussi élevé  que sa démarche (contre-intuitive pour le grand public, mais bien pensée pour un marketing socialiste) devrait lui offrir. Je reste obsédé (comme quand on a une chanson débile que l’on arrive pas à sortir de son esprit) par la formule « Sarkozy baise la babouche de Bush ».  Le topos du « Normalien sachant écrire… ».

 2°) DSK n’a pas dit beaucoup de bêtises, mais est un peu… ennuyeux. Dans le même temps, je n’élis pas un président dans l’espoir que ses gaffes,  ses contorsions institutionnelles ou ses turpitudes me donnent matière à écrire des billets sur un blog. J’avais entendu sur France-Culture il y a quelques années la rediffusion des causeries que Mendès-France proposait chaque semaine aux Français, au cours desquelles il leur expliquait les contraintes, les options et les choix de sa politique. Pas sexy, tout simplement admirable. DSK aussi barbant que PMF ? Je prends.

 3-1°) Ségolène est Ségolène. Dans l’épisode final de la saison 3 de West Wing (A la Maison Blanche), intitulé Posse Comitatus, on entre dans l’année électorale présidentielle, au cours de laquelle le président démocrate Jed Bartlet brigue un second mandat. Ce type formidable a un court entretien avec son adversaire républicain, un bouseux texan populiste ( la simplification du propos dans les séries est qualifié de « narrative constraint »). Le président Bartlet réfléchie en parallèle à une grave décision qu’il doit prendre au sujet du moyen-Orient. 
La scène est très forte, parce que l’on parle de cet adversaire, le gouverneur Ritchie, depuis de nombreux épisodes sans jamais le voir, et que cette rencontre est repoussée, annulée et a finalement lieu de façon impromptue. Le président conseille à son adversaire de prendre des cours de relations internationales. Son propos n’est pas méprisant, au contraire. Il lui explique que 6 mois avant d’être élu pour un premier mandat présidentiel, lui non plus, président du conseil régional de Poitou-Charente gouverneur du New Hampshire, ne touchait pas une bille en politique internationale. Mais il a consulté des gens qui s’y connaissaient, il a lu des bouquins, pour avoir le niveau. Et Bartlet de conclure : le peuple américain mérite que nous ayons ce débat de haut-niveau.
Tout cela c’est de la fiction. Je crois que les gens se foutent de la différence entre nucléaire civil et militaire, notamment quand il s’agit de l’Iran.

3-2°) La campagne interne a montré que Ségo était au taquet, élément sur lequel j’avais encore une incertitude il y a quelques mois. Elle n’est pas nulle, mais sa ligne de défense victimaire qui a marché à plusieurs reprises ne tiendra pas jusqu’en mai.
J’écrivais alors une évidence « Une élection présidentielle, c'est usant, c'est des coups bas, c'est du canardage. ». Ségo semble le découvrir, et je ne crois pas que la vrai campagne sera plus soft. Aujourd’hui, elle bénéficie d’une vrai complaisance des médias, qui acceptent, s’agissant par exemple de la vidéo des 35 h et des profs de regarder « l ’affaire dans l’affaire » (qui a posté la vidéo ?) plutôt que l’affaire elle-même: ce propos, tenu devant des militants, et qui n’est pas si tronqué que cela, correspond-il à sa vision des choses ? Son diagnostic du temps de travail des enseignants correspond-il à la réalité ? Si, oui, sa proposition qui reviendrait de facto à réduire le salaire horaire des profs, est-elle une "utopie réalisable" ? quid de l’attractivité de ce métier ?

3°) Petit pronostic gratuit pour le premier tour des primaires, mélange pas très scientifique d’enfumage journalistique, de lecture de blogs (je constate de façon inquiétante que mon blogroll est à 80% Strausskiste : est-ce du group think ?) et de voeux pieux:

-         SR : 46% ;

-         DSK : 30%;

-         LF : 24%.

Pour compléter cette portion de billet à la Mme Soleil : S. Royal disposera d’un réservoir de voix pour le second tour, constitué par l’abstention significative d’un certain nombre de militants au premier tour, a priori ségolistes, mais désorientés par la tournure prises par les choses. A quoi s’ajoute un soutient massif, mais fragile des hiérarques et de l’appareil du PS, qui ne lui permettront pas d’effectuer la razzia annoncée.

Ne m’en voulez pas si mon pronostic s’avère totalement foireux, j’écris pour le plaisir de la conversation. Ne vous étonnez pas non plus si, dans l’hypothèse où ma prévision était  proche de la réalité, j’écris un nouveau billet pour vanter la puissance de mon analyse !

4°) Toute cette campagne est donc bien amusante et propice au commentaire. Je commence toutefois  à m’inquiéter de la perception qu’en ont beaucoup de gens, qui ne manqueront pas d’être déçus par les propositions de renouveau des pratiques politiques que S. Royal prétend incarner, et qui ne sont, assez largement que du flan, lorsqu’elles ne flattent pas les instincts les moins nobles de nos concitoyens.

Je commence fortement à douter qu’en 2007 le peuple français ait le débat présidentiel qu’il mérite….

14:05 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, DSK, Fabius, PS, West wing, babouche de Bush

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"Donnez-moi cette force d'incarner l'espérance".

Micro à la main, sans pupitre ni notes, elle dit ses priorités, ses valeurs, sa méthode. Elle est incroyablement à l'aise. L'évolution est impressionnante depuis la dernière fois où j'ai pu assister à l'une de ses prises de parole publiques,

Trackback par : Il faut savoir changer de certitudes, | jeudi, 16 novembre 2006

Commentaires

Je crois que les choses sont malheureusement plus simple.
Rappelons que nous parlons du parti socialiste, parti ou mouvement qui a une longue histoire.
Traditionnellement, il y a toujours eu 2 types de courant.
Si on se réfère aux années 70, nous sommes dans la continuité.
J’ai visionné certains discours actuels notamment celui de Lens (Jospin était alors encore dans la course). Ce qui m’a frappé c’est le ton mitterrandien employé par Fabius. Je rappelle que même si c’est paradoxal Mitterrand avait gagné le PS par la gauche avec un discours de gauche.
DSK prolonge la thématique de Rocard (le réalisme social-démocrate) avec le « minimum syndical » en matière d’idéologie.
Ces 2 courants sont classiques et complémentaires et c’est comme ça de congrès en congrès.
Avec la troisième prénommée Ségolène on est ailleurs. Où, je ne sais pas. Sait-elle elle même ?
Entre Ségo et Sarko ils vont vraiment arriver à casser le logiciel droite-gauche.
Le réveil va être difficile dans les deux camps.

Ecrit par : zirikolatz | mardi, 14 novembre 2006

J'ai fait exactement le même pronostic (au % près) avec un ami. Nous verrons bien demain soir ou vendredi matin.
Excellent blog, au passage :)

Ecrit par : Jé | mercredi, 15 novembre 2006

Oh mon cher, puissiez vous tromper !!
Ces primaires à gauche amènent à une aporie idéologique.
- un discours de l'union de la gauche
- un discours de la social-démocrate
- un discours de l'entre-deux tel que pratiqué depuis 1983
ALors que que je vote pour les élections présidentielles depuis 1995, j'ai vraiment l'impression d'un degré zéro non pas de l'écriture mais du discours politique.
Plus généralement, entre Ségolène, dont certaines thématiques sont, malgré vos commentaires avisés, intéressants (quant à la complétude du mode démocratique qui est le nôtre et à l'instauration de contre-poids dans un cadre représentatif essouflé) mais vides (au regard des propositions faites suite aux différents débats : n'y a-t-il donc que des exemples locaux pour légitimer une élection nationale ?) et Sarkozy qui professe en économie tout et son contraire, permettez moi de faire part de ma parfaite indécision.
Qu'il est difficile de suivre des candidats lorsqu'on perçoit, que dis-je, lorsqu'on voit qu'il ne s'agit que de rhétorique et que la pratique ne saurait vraissemblablement pas changer !
Et pourtant je me sentais armé pour comprendre les enjeux de cette élection. Et faire un choix.

Ecrit par : George | mercredi, 15 novembre 2006

cette prediction, si elle se réalise, serai un heureux evenement.

Ecrit par : cyril | mercredi, 15 novembre 2006

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