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lundi, 27 novembre 2006

comment boudez-vous l'euro?

1.) le chiffre du jour selon Libération: 75%. Citation intégrale:

Près de cinq ans après l'introduction de l'euro, les trois quarts de la population allemande continuent de compter en Deutsche Marks. C'est que leur ancienne monnaie nationale leur rappelle les années de forte croissance. Mais cette fidélité à leur monnaie est aussi dûe à l'impopularité de l'euro, accusé d'être responsable d'avoir fait grimper les prix.
On retient de cet entrefilet que deux bonnes raisons valent mieux qu'une: le DM est un symbole de croissance et l'euro un symbole d'inflation...
Mais quand on sait que, à la louche, 1 euro = 2 DM, on comprend que les Allemands ne soient pas tenté de changer de façon de compter, voire même qu'ils ne se sont pas rendu compte qu'ils comptaient differemment...
2.) tapez sur l'euro, il en restera toujours quelque chose.
je retombe sur ce que j'écrivais avant l'été:

The Observer croit avoir un scoop: Sarkozy, lors de son médiatisé déplacement en Grande-Bretagne, aurait secrètement rencontré Tony Blair, pour lui demander des conseils pour la campagne présidentielle de 2007 en France. C'est Gérard Longuet qui le confirme au journal. Autre scoop: ses rencontres secrètes agacerait J. Chirac (tiens donc), qui aurait demandé à Blair de cesser ces messes basses.

L'aspect le plus amusant de l'article: Blair lui aurait dit Nous ne sommes pas dans la zone euro, et nous avons plus de croissance et moins de chomage que vous. Coment voulez-vous que mes electeurs partagent la vision française de l'Europe?".

Longuet commente: "Nicolas a été soufflé par l'argument". Ce serait la base du "discours d'Agen".

J'avoue être étonné par cet étonnement.  Critiquer la BCE, et notamment son but unique de maitrise de l'inflation me parait un "safe bet" pour séduire les électeurs. Je suis surpris que S. Royal ne l'ait pas évoqué dans sa récente interview dans le Monde. 

 

3.) depuis ce billet, S. Royal a suivi mon conseil:

Le seul instrument de coordination des politiques économiques est actuellement le pacte de stabilité et de croissance. On en connaît les lourdeurs, on sait aussi que, parfois, les grands pays n’hésitent pas à s’en affranchir, ce qui suscite l’irritation des petits Etats. Tout ceci n’est pas sain. Il n’est pas sain non plus que la Banque centrale ait pour seul objectif la maîtrise de l’inflation et non la croissance.

Il faut retrouver le sens des choix politiques pour piloter l’économie européenne. Je propose de lancer un débat sur la réforme du pacte de stabilité et de croissance pour instaurer un pilotage par l’Eurogroupe. Ce qui permettrait d’adapter la contrainte budgétaire à l’objectif de création d’activités et d’emplois.

 

4.) Le président Chirac aussi (dans une récente conférence de presse en Espagne), à qui pourtant je ne me serais pas permis de donner de conseils:

QUESTION - Monsieur le Président, une question à propos de l'Euro. Il est vrai que lorsque l'Euro est fort cela a des inconvénients, mais il est également vrai que quand il baisse il y a d'autres inconvénients. Que pensez-vous des déclarations de votre Premier Ministre attaquant la Banque Centrale Européenne ?

LE PRÉSIDENT - Nous avons tous le plus grand respect pour l'institution que représente la Banque Centrale Européenne. Il est tout de même légitime que l'on puisse apporter un jugement sur son fonctionnement, ou les options qu'elle peut prendre, et qui ont des conséquences extrêmement sérieuses sur la vie de nos compatriotes. Les critiques qui ont été faites, il faut le reconnaître, à la Banque Centrale Européenne, n'ont pas été seulement des critiques françaises, elles se sont développées dans l'ensemble de l'Europe, et notamment chez tous les titulaires de l'Euro. Je suis très respectueux de l'indépendance de la Banque, mais je souhaite, tout de même, que tout le monde puisse s'exprimer sur la façon dont la politique monétaire européenne est conduite, c'est tout.

 

5.) Ne vous y trompez pas: le véritable débat économique sur les objectifs de la BCE me parait tout à fait légitime.

Simplement, j'ai impression qu'au fur et à mesure que l'on se rapproche des échéances électorales, le débat sur cette question va surtout avoir pour fonction d'externaliser la contrainte, c'est à dire de permettre l'affirmation  que l'amélioration de la situation économique ne dépend pas tant de nous, Français, que du changement de la politique monétaire européenne.  Et surtout, si le problème est bien dans les statuts de la BCE, j'aimerai qu'au delà du constat, on ébauche des moyens réalistes pour modifier le statu quo: quels Etats-membres sont favorables à une évolution, qui y est défavorable? Pourquoi? 

Pour solutionner les problèmes: desserrons la contrainte!


13:00 Publié dans Europe , miroir des médias , politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : BCE, ségolène, chirac, euro, sarkozy

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Commentaires

(il y a une faute dans le titre)

Ecrit par : non | lundi, 27 novembre 2006

merci, correction faite.

Ecrit par : Silas Day-Lewa | lundi, 27 novembre 2006

A part pour 100 francs, je convertis toujours à 7 francs...

Ecrit par : Patrick B. | lundi, 27 novembre 2006

Patrick: juste pour préciser mon point, la louche que vous utilisez est beaucoup plus profonde que celle des Allemands: 1 Euro = 1,95583 DM. Et puis multipliez les prix par 2 est beaucoup plus facile que par 7!

Ecrit par : Silas Day-Lewa | mardi, 28 novembre 2006

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