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lundi, 29 janvier 2007

2007: Comment traiter la campagne? (quand faut-il rire?)

De gros doutes sur la personne pour qui je vais voter, de gros doutes sur la capacité des candidats qui nous sont proposés à être bons. Curieuse sensation depuis quelques semaines de lire un peu partout toujours la même chose, à base de Ségobourdes. Surprenant manque de commentaires critiques sur le programme de Sarko de la part de mes blogueurs préférés (alors que lui nous présente un programme..).

Envie de passer des agrégateurs   aux disséminateurs. C'est ainsi que je découvre Optimum, avec deux billets courts, efficaces, pour relancer le débat sur le discours économique de Sarkozy, un peu vite qualifié de social-démocrate.

Je vous propose maintenant deux propos quasi-imaginaires de profs qui font rire les élèves:

1°) d'un professeur à qui l'on prête des bourdes qui ne se sont sans doutes jamais produites: " C'est un monde ça! dès que j'ouvre la bouche, il y a un imbécile qui parle!"

No offense, mais depuis quelques semaines, un certain nombre de blogs me semblent se cantonner dans le rôle paresseux  de relayer les propos supposés bêtes de S. Royal. Le piquant de tout cela est que dès que Ségolène Royal parle, et que le propos est repris sur un blog, on a le sentiment parfois qu'un seul imbécile parle, parfois deux. 

Souvent trois en réalité,  puisque les seconds couteaux de l'UMP se font un plaisir de ridiculiser la campagne en faisant de bourdes plus ou moins vénielles (les électeurs trancheront) les sujets du débat public. 

 

2°)  d'un professeur légèrement estropié qui à chaque rentrée défiait ses élèves: "vous avez 5 minutes pour rire de mon infirmité".

La satire me semble un profond outil heuristique. Et "la plus perdue des journées est celle où l’on n’a pas ri" (Chamfort) . Loin de moi l'idée que la campagne ne doive donner aucune place à la rigolade.

Le discours de Sarkozy est à plusieurs étages. L'un d'entre eux est là pour satisfaire l'orgueil des commentateurs installés, qu'ils soient blogueurs ou journalistes. Il est alimenté par des références à Jean Jaurès, à Valmy, à Camus...

Qu'on apprécie le personnage ou pas, son discours rentre bien dans les repères culturels que nous (je fais bien-sur partie de ces commentateurs installés) avons. Il faut dire que sa campagne se prépare depuis au moins 5 ans. Chaque déplacement à l'étranger est depuis des années conçu comme une préfiguration de la campagne présidentielle, à coup de photo-ops.
De ce point de vue, sa campagne est classique: un peu de populo, un peu d'intello. Quand il ne fait pas peur, son discours ronronne dans des codes connus.Et il est plus intéressant de disserter - un peu - sur le thème "Jaurès est-il de droite?" que sur le sens de supprimer les droits de succession. Avec Sarko, on s'indigne, on disserte, mais on ne rit pas et on ne regarde pas trop le concret.

"Pour les dieux, nous sommes comme des mouches dans les doigts d'enfants méchants: ils nous tuent pour leur divertissement" (Shakespeare). La campagne de Ségolène est un peu fauchée, pleine d'amateurisme. Les propos et la méthode de Royal détonne, déroute et fait parfois pouffer. Rions donc 5 minutes, mais ne nous arrêtons pas là. Je suis le premier à considérer qu'elle n'est pas la candidate idéale. Mais nous vivons dans un monde de choix contraints.

La dégommer pour le divertissement est irresponsable et sans doute sous-optimal: je n'aurai pas le sentiment d'avoir beaucoup avancé si mon choix se réduit à l'alternative entre Bayrou et Sarkozy.

Ne faisons pas les difficiles plus que de raison. La politique étrangère n'est pas tout. Sinon, il faut voter Villepin, je vous garantis qu'il peut vous citer l'article 39 de la convention de Vienne de 1961.

 

 



22:55 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, sarkozy, 2007, bardadrac, chamfort, rire, disséminateurs

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Commentaires

Finement analysé je trouve.
Ne pouvant vous aider dans votre résolution gordienne, je ne peux qu'indiquer le mien, de noeud :
Bayrou/Sego/Abstention

1) Il est tentant l'historien du Sud-Ouest, il mouille le maillot (important à st-Etienne), sur le terrain des idées même si son existence médiatique est réduite à tous pourris, tous les mêmes...
2) C'est une femme, et puis si le trou d'air se transorme en pantalonnade jospinienne, quid du 2nd tour ?
3) L'abbatement, le réalisme peut-être et le pied de nez. Je ne crois plus à vos salades... Puéril mais honnête.

Ecrit par : PissTroiGut | mardi, 30 janvier 2007

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