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lundi, 25 juin 2007

le cumul décomplexé et la révision de la Constitution

Le Canard enchainé de mercredi dernier ("Sarko privé de Congrès") revient sur la victoire de la majorité présidentielle, victoire trop faible pour l'assurer de la majorité des 3/5 du congrès (Assemblée nationale et sénat) qui est nécessaire pour opérer une révision parlementaire (et non par référendum) de la Constitution. Cette histoire est très bien analysée par Emmanuel.

L'article mentionne en passant 2 réformes constitutionnelles qui étaient envisagées pour l'automne:

- la possibilité pour le président de la République de s'exprimer devant l'Assemblée nationale. C'est typiquement la réforme gadget comme les aime Sarko: le président peut déjà faire lire des messages devant les assemblées, et il peut envoyer son premier ministre discourir. Il peut aussi parler de ses réformes à la télévision. Le faire devant l'assemblée me semble être surtout une occasion de photo-op.  

- permettre le retour automatique des ministres à l'assemblée nationale après leur départ du gouvernement.  Voila qui éclaire d'un nouveau jour le pari débile  engagé par une partie du gouvernement Fillon et perdu par le seul Juppé.  Un tel projet de réforme constitutionnelle relève j'imagine du cumul décomplexé, qui est une des images de marque de NS, notamment dans sa recherche de démarquage par rapport à Chirac (souvenez vous du cumul présidence UMP-ministre et exécutif local). Mais je reste frappé par ce manque de flair de Sarko sur ce thème du cumul des mandats (pas seulement spatial mais aussi temporel), qui exaspère les Français par son coté République à papa. 

 

23:18 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cumul, révision de la constitution, photo-op, congrès

Commentaires

Je ne sais pas si le cumul des mandats exaspère les français mais en tout cas ces français auraient du s'y attendre car ça fait partie du programme médiatique du président : "travailler plus pour gagner plus".

Ecrit par : Akael | mardi, 26 juin 2007

N'oubliez pas que Sarkozy a promis de virer les ministres qui n'obtiendraient pas les résultats attendus. Leur offrir un retour autonmatique sur leur siège parlementaire, ça fait autant de moins à recaser.

Ecrit par : authueil | mardi, 26 juin 2007

C'est vrai que la deuxième réforme sera difficile à faire passer pour une preuve de rupture, de modernité politique, etc.
J'imagine que SArkozy doit avoir quelque argument pour la vendre, mais je ne vois pas lesquels, à part que le ministre en question a toute légitimité pour redevenir député puisque c'est pour lui que les électeurs ont voté !
Mais dans ce cas, on déplace le problème sur un autre point : l'accession immédiate du suppléant au poste de député quand ce dernier devient ministre.

J'imagine qu'au final cette réforme passera pour un détail mêlé dans un pack de réformes institutionnelles plus importantes qui focaliseront le débat.

Ecrit par : BeM | mercredi, 04 juillet 2007

C'est vrai que la deuxième réforme sera difficile à faire passer comme une marque de rupture et de modernité politique. SArkozy doit bien avoir des arguments à faire valoir pour la défendre, mais je ne vois pas lesquels, sinon que le ministre aurait toute légitimité pour reprendre sa place à l'Assemblée puisque c'est pour lui qu'ont d'abord voté les électeurs.
Mais cet argument déplace le problème sur un autre point délicat et contesté : l'accession directe des suppléants à la députation quand le candidat devient ministre. Alors que pour dautres nominations (commissaire européen par exemple), la démission est exigée, et donc une élection partielle.

Au final, je parie que cette réforme sera un détail mêlé à d'autres réformes institutionnelles qui focaliseront le débat.

Ecrit par : BeM | mercredi, 04 juillet 2007