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mardi, 18 septembre 2007
Tendre l'autre joue, mais pas la sienne (ségolène et jospin)
"Au fond ce qui me vient à l'esprit c'est peut-être cette parole de la Bible +pardonnez-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font+. Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche", a déclaré Mme Royal.
Drôle de façon de pardonner, non? Ils me font moins de mal à moi qu'au PS, donc je pardonne, parce que le mal fait à la gauche, ce n'est quand même pas aussi grave que le mal fait à ma personne...
Selon Jospin, Ségolène Royal aurait notamment commis l’erreur, d'être "enfermée dans un face-à-face narcissique avec l’opinion".
Au dela du "racisme" anti-gourde (what else?) que semble déverser Jopsin dans son pamphlet "l'impasse", il me semble que cette idée de face à face narcissique est cardinale pour expliquer l'échec de Royal. C'est finalement la thèse centrale de "la femme fatale": on y voit Royal refuser le concours des hommes forts et le professionnalisme des petites mains du PS, et s'entourer de personnages douteux (comment BHL pourrait-il être un gourou pour gagner une élection? glaçante anedocte du chignon) ou inexpérimentés (pathétique surinvestissement dans la ségosphère de Thomas Hollande: quelqu'un qui a 20 ans sait-il faire gagner une élection présidentielle?).
Une question de méthode plutot que d'idées ou de personnes?
Cela étant, la contribution de Lionel au débat des camarades de l'automne 2007 aura-t-elle un effet plus bénéfique que sa contribution à l'automne 2006? "D’une façon ou d’une autre, je m’efforcerai de contribuer à la victoire contre la droite"
08:50 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : l'impasse, jospin, ségolène, PS
Commentaires
L'attaque en incompétence contre Thomas Hollande est basse: il aurait suffit de convoquer le népotisme :-)
Sinon, ses cris au sexisme commencent à sérieusement me gonfler. Ce faisant, elle fait je pense beaucoup de mal à la cause des femmes en politique !
Ecrit par : GroM | mardi, 18 septembre 2007
Votre analyse, cher Silas, de son incroyable propos québécois (mais qui est aussi la sienne, puisqu'elle a - heureusement pour elle - expliqué sa phrase dans la foulée), me semble négliger la dimension symbolique de la citation - et c'est là pourtant, je pense, le point clef.
Au-delà de la lecture au premier degré (ils nuisent à la gauche en voulant me nuire à moi), c'est bel et bien l'ahurissante dimension christique du propos qui le rend insupportable. La phrase prononcée par Jésus n'est pas une accusation de sottise à l'encontre de la foule, ce à quoi se ramène en définitive l'explication ségoliste de son propre propos (les critiques sont myopes, ils n'ont pas une vision globale, ergo, le problème est qu'ils ne sont pas assez subtils pour réaliser ce qu'ils font à la gauche); non, la phrase de Jésus ne fait que prendre acte du caractère proprement immense, exorbitant, historique de Sa venue sur terre - le Fils de Dieu! Il va de soi que les hommes, à part quelques uns, ne peuvent prendre pleinement la mesure de ce qui se réalise à travers Lui. Ils méritent donc la miséricorde.
Ma conclusion, la voici : Ségolène Royal a une importante éducation religieuse, elle ne peut ignorer le sens réel de la phrase du Christ, qui ne peut pas être simplement prise par elle-même, extraite de son contexte et dépouillée de sa symbolique. C'est impossible. Ce que cette citation de la Bible traduit donc, c'est que, au moins inconsciemment, par son emploi, Ségolène Royal ne dit pas vraiment "les critiques sont sottes parce qu'elles desservent la gauche" (accusation de courte vue), elle dit, ni plus ni moins, " ceux qui me critiquent n'ont pas saisi, pas réalisé, ce que je suis et ce que j'incarne, moi Ségolène Royal. Pardonnez-leur, la nouvelle est trop grande pour eux, il y a entre ma nature et la leur une infinie distance" (déclaration de messianisme). Bon, vous me pardonnerez l'emphase, ne retenez que le propos.
J'ai voté pour Sarkozy, je ne le cacherai pas, mais je n'en suis pas un thuriféraire, et je suis même de plus en plus agacé par sa façon de présider et je souhaite ardemment qu'il se calme. Mais je suis absolument certain qu'il n'aurait pas, et d'ailleurs je n'imagine aucune autre personnalité politique s'y prêter, fait un tel emploi de cette citation. Faire ça, quoi qu'en en dise, c'est appeler la comparaison avec le Christ, point final. Un indice de plus sur l'idée que cette femme se fait d'elle-même, et de sa mission.
Ecrit par : DenysM | mardi, 18 septembre 2007
grom: pour TH je dis bien inexpérimenté.
DenysM: d'accord avec votre analyse, qui va dans la même direction que la mienne: se prendre pour le Christ (en résumant, mais Jeanne d'Arc est également convoquée) c'est une forme aigue de narcissisme...
Ecrit par : silas | mardi, 18 septembre 2007
L'ennui aussi avec SR, c'est que, à l'écouter, lorsqu'on lui trouve des défauts (qui n'en a pas? Même Jeanne d'Arc en avait, elle entendait des voix, dit-on...):
- on s'attaque plus à une femme qu'à une femme politique,
- on critique plus sa féminité que son incompétence et son insoutenable légèreté,
- on fustige plus son discours rénovateur que son absence d'idées et son ambition aveugle...
C'est là où, je pense, elle se trompe : on lui reproche TOUT ça à l'exception du renouveau que pourrait constituer la montée en puissance de femmes intelligentes, créatives et responsables. D'autres femmes...
Paroles d'homme !
Ecrit par : MehdiYR | mardi, 18 septembre 2007
Bonjour,
Jospin a raison de dire que SR n'était pas un bon choix pour gagner les élections. Il faut dire qu'en matière d'élection il est le détenteur du record de l'élection la mieux perdue au PS.
Je vais me faire personne de gauche. Comme ça j'aurai plein d'humour.
Ecrit par : gene69 | mercredi, 19 septembre 2007



