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lundi, 18 février 2008

arrêtons d'infantiliser les enfants et de prendre les victimes potentielles pour des inspecteurs des impôts

0)  "À quoi sert-il d’expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, est une page sombre de notre histoire et de  tolérer des contrôles fiscaux ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ?"

(discours à l'université du MEDEF, 30 aout 2007)

 

1) Je suis d'accord avec Koz, vraiment, quand il écrit:

"Une fois prise sa verveine vespérale, la proposition de Nicolas Sarkozy doit-elle inspirer une telle véhémence ? Imaginons un instant que Jacques Chirac l’ait faite. Ou François Mitterrand. Aurait-on assisté à un tel déferlement ? Nous savons que, Alain Finkielkraut excepté, nos intellectuels se seraient à l’époque incliné devant la justesse de la proposition. Venant de Jacques Chirac, il est probable que nombreux se seraient contents d’y voir une connerie. Mais, avec Nicolas Sarkozy, c’est “abject”."

 

 Il s'agit bien-sûr de la proposition consistant à confier la mémoire d'un enfant déporté à un écolier de 10 ans.

Remettre les choses à leur place, la critique dans le registre qui lui sied, donnerait sans doute une plus grande légitimité à la critique. Mais bon, je trouve plus pertinent de dénoncer la nullité de nos gouvernants que celle de notre opposition. 

 

2) J'ai été définitivement convaincu de ce point (que je résume par "le Président dit des conneries plutot que des trucs abjects") en lisant l'interview d' Emmanuelle Mignon dans le JDD, dont on a essentiellement retenu le message d'appaisement consistant à "confier la mémoire" d'un enfant juif déporté à une classe plutot qu'à un seul enfant. Pourtant il faut lire toute l'interview pour en tirer toute la saveur. Ce passage me parait assez époustouflant:

"Pourtant, quand Simone Veil fait remarquer que c'est lourd à porter pour un enfant "de s'identifier à un enfant mort", n'a-t-elle pas raison?


C'est vrai. Mme Veil a raison. On va travailler avec la communauté éducative et avec tous ceux qui s'investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de faire. Si vous prenez Le Journal d'Anne Frank, des milliers d'enfants ont été marqués par cet écrit. Et c'est un journal qu'on lit quand on a 10 ans. Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence. Ces faits dramatiques ont eu lieu, ils ont touché des enfants très jeunes et, comme l'a dit Xavier Darcos, nous faisons confiance à la communauté éducative pour trouver les mots, la manière, les moyens d 'y sensibiliser les enfants. Le discours du Président était très clair : l'enjeu est d'éduquer la victime potentielle comme le citoyen responsable parce nous pouvons tous un jour être victimes d'actes de racisme et nous pouvons tous un jour en devenir les auteurs. La Seconde Guerre mondiale a montré que les choses pouvaient aller très vite dans un sens comme dans l'autre. C'est un enjeu de civilisation que de transmettre la mémoire et les leçons de ces événements. "

 

3) pour lire quelque chose d'intelligent sur cette question, je vous renvois à cette interview d'Alain Finkielkraut.

"Notre ami Paul Thibaud, président des Amitiés judéo-chrétiennes, est très remonté. Il souligne qu’on n’enseigne pas l’histoire comme ça. Et l’association Liberté pour l’Histoire estime, dans une pétition lancée ce samedi, que cette “injonction de mémoire substitue une démarche purement émotive à un apprentissage critique de l’histoire qui demeure le premier devoir des éducateurs”.


Peut-être. Le musée de l’Holocauste à Washington qui a bel et bien une visée pédagogique joue également sur ce registre, puisqu’à l’entrée, on vous remet la carte d’identité d’une victime. L’émotion et la pédagogie peuvent donc aller ensemble. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas qu’on mobilise les affects au détriment de l’intelligence, c’est le postulat selon lequel un enfant de 11 ans ne peut être sensible qu’à la souffrance d’un autre enfant de 11 ans. Cela voudrait-il dire qu’on a choisi de commémorer l’exécution de Guy Môquet dans les lycées et collèges parce qu’il avait 16 ans et qu’il faudrait attendre d’avoir l’âge de Pierre-Brossolette et de Jean Moulin pour prendre la mesure de leur héroïsme et de leur calvaire ? Non. L’école est un élargissement. On s’y délivre peu à peu de son temps et de son âge. Si je devais pour ma part parler de l’extermination devant des élèves, enfants ou adolescents, je commenterais l’une des innombrables photographies où l’on voit des soldats nazis entourer un vieux Juif et rire à gorge déployée pendant que l’un d’entre eux lui coupe la barbe ou les papillotes. Cette hilarité, cette brutalité, c’est la négation de l’humanité à l’œuvre. Et l’enfant, s’il y prête attention, s’identifiera au vieillard. Il comprendra de surcroît qu’il y a toutes sortes de rires et qu’il faut, pour accéder au rire de l’humour, se soustraire à l’obscénité fusionnelle du rire barbare. "

 

 4) mais là on questionne le fond de la mesure proposée, qui n'est pas abjecte, mais simplement bête.

Toute aussi bête est la façon de laisser entendre qu'être contre cette mesure, c'est ne pas vouloir que l'on enseigne la destruction des juifs d'Europe à nos enfants. C'est bête, mais c'est aussi insultant, et provocateur dans la volonté de diviser les Français.  

Il faut lire ou écouter tout le discours devant le CRIF, pour lire les simplifications rhétoriques qui confinent à l'absurde:

"Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence. Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable".

 

(au passage, j'aime bien le "tellement"). Le communisme et le nazisme sont contre Dieu. Donc j'ai raison d'être pour la religion.

 

" 50 ans après que l’on a fait dire à Malraux que le XXIème siècle serait spirituel ou ne serait pas, 15 ans après que l’on a entendu François Mitterrand confesser croire aux forces de l’esprit, mesure-t-on la chape de plomb intellectuelle qui s’est abattue sur notre pays pour  s’offusquer qu’un Président en exercice puisse dire tout simplement que l’espérance religieuse  reste une question importante pour l’humanité, et que croire dans quelque chose vaut parfois mieux que croire que tout se vaut ?"

 

 Et oui le retour de la chappe de plomb qui veut empecher le président de parler d'espérance religieuse (il en est quand même à 4 discours d'une heure depuis fin décembre). Est-ce la même chappe qui l'empêche de s'exprimer devant le Parlement? Est-ce la même qui fait que la France est le seul pays où on ne parle pas de monnaie?

 Ce propos me fache surtout parce qu'il laisse entendre que l'on a le choix entre deux options seulement: la religion et l'absence de valeurs. Comment voulez-vous que cela ne suscite pas l'agressivité? Et s'il est de mon pouvoir d'abattre une chappe de plomb sur un propos qui laisse entendre que ne pas avoir de sentiment religieux c'est nécessairement être un soixante-huitard libidineux et nihiliste, alors oui, je le ferai!

 Bon.

Je crois que je suis mur pour un nouveau mois sans Sarko.

 

 

23:00 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Crif, emmanuelle mignon, nazisme

Commentaires

Je te remercie d'acquiescer mais je ne sais pas si je ne dois pas voir un peu de malice dans ton interprétation de mon propos. Je dis qu'avec Chirac, on aurait parlé de "connerie". Je ne dis pas que c'en est une.

Je dis qu'à première vue, l'idée ne me semble pas bonne, mais cela ne me semble clairement pas aussi manifeste que certains voudraient le dire, de surcroît avec des mots bien excessifs.

Et lorsque je lis l'interview de Mignon, je n'y vois pas qu'elle dise qu'il s'agisse d'une connerie. Qu'elle dise que Simone Veil a raison de penser que c'est lourd de confier la mémoire d'un enfant à un enfant de dix ans, c'est juste une évidence. Mais ça ne va pas dans le sens d'une "connerie". Il y a des choses lourdes qu'il faut malgré tout vivre.

De même avec l'interview de Finkielkraut. Je l'avais également relevée parce qu'elle a l'avantage d'offrir une critique raisonnée, loin des cris d'orfraie que des opposants systématiques ont cru utile de pousser (avec parfois un étonnant pas de deux, Ségolène Royal comme François Hollande s'affirmant d'abord favorables à la mesure avant d'embrayer sur les critiques, preuve s'il en est d'un jugement sûr).

En revanche, le passage que tu choisis n'est clairement pas le plus pertinent. A propos de postulat, il part sur un mauvais, lorsqu'il dit :

"Ce qui m’inquiète, ce n’est pas qu’on mobilise les affects au détriment de l’intelligence, c’est le postulat selon lequel un enfant de 11 ans ne peut être sensible qu’à la souffrance d’un autre enfant de 11 ans."

Où a-t-il vu ça ? Il n'est pas dit qu'un enfant de 11 ans ne peut être sensible qu'à la souffrance d'un autre enfant de 11 ans, mais qu'un enfant de 11 ans sera plus sensible à la souffrance d'un enfant de 11 ans.

Au demeurant, il explique par ailleurs que le choix de Nicolas Sarkozy est celui du Musée de l'Holocauste à Washington. Signe que l'erreur est loin d'être manifeste. Cela devrait amener certains à se demander s'ils ont réagi à la proposition, ou à Nicolas Sarkozy.

Ecrit par : koz | mardi, 19 février 2008

Je salue ces deux contributions au débat, mais ne suis pas sûr (et suis même sûr du contraire) que le débat public parvienne à se hisser jusque là. C'est bien parce qu'il est très difficile de rattraper les choses après coup que le pouvoir doit s'exercer avec prudence, c'est-à-dire avec prévoyance.

Ecrit par : Beijaflor | mardi, 19 février 2008

Le fait de choisir la Shoah constitue un choix historique cependant.

Pourquoi choisir cet événement (tragique j'en conviens) ?
Pour présenter une vision cohérente et non partisane de l'histoire, on devrait expliquer des événements proches de nous comme le génocide rwandais de 1994 ou le Cambodge, etc.

Faire des choix historiques peut entraîner des déséquilibres dans une nation.
Chaque communauté pourrait alors demander un traitement de faveur particulier. Or, la loi de 1905 garantit la neutralité de l'état vis-à-vis des religions.

Qu'en pensez-vous ?

Ecrit par : Thibault | mardi, 19 février 2008

Je tiens à signaler que, stricto sensu, ce n'est pas en CM2 qu'on lit Le journal d'Anne Franck, c'est en 3e, en fin de collège (vers 15 ans - ça fait un tiers de vie de différence pour un enfant).
Il existe depuis plusieurs années un corpus de documents et de mallettes pédagogiques; la ministre de l'enseignement scolaire avait demandé que la Shoah soit étudiée "à partir d'un ou deux cas concrets", ce qui passa dans les instructions de 2002 actuellement en vigueur à l'école primaire. Ces documents sont très bien faits, respectent la psychologie des enfants de cet âge tout autant que la véracité historique et la démarche de la discipline.
Par conséquent, le seul but de cette commission, qui prétend découvrir ce qui existe déjà, est de dissimuler le rétropédalage de "l'intuition" présidentielle (il ne s'agit plus d'une initiative mais d'une intuition, dixit Xavier Darcos) et empêcher que le gouvernement n'admette qu'il s'agissait d'une bourde (ou d'une erreur, ou d'une faute, au choix).
Quant au Musée de L'Holocauste: 1) pour les enfants, il s'agit d'un CHOIX (on leur propose d'endosser une identité mais sans les y obliger et sans que leur refus ait la moindre conséquence) et non d'une imposition dans le cadre d'un programme national 2) il dure le temps de la visite du musée, et non toute une année (le chef de l'Etat a initialement proposé que la mémoire de l'enfant assassinée soit confiée dès le jour de la rentrée, et qu'il la porte toute l'année de CM2.) Si la démarche est similaire, les effets et les conséquences ne sont pas du tout les mêmes pour les enfants concernés: la comparaison n'est donc pas valable.
Nous sommes donc confrontés à cette alternative:
soit, en faisant son annonce, le président avait de bonnes intentions mais a fait preuve d'une ignorance totale de ce dont il parlait (psychologie des enfants, programmes scolaires, travail des enseignants et des associations sur la Shoah)
soit il savait son annonce inapplicable mais a aimé jeter le trouble en instrumentalisant des enfants ainsi que la Shoah.
cela n'est pas réjouissant.

Ecrit par : teebs | mardi, 19 février 2008

Pour répondre à Thibault : que vient faire la laïcité là-dedans ? On peut reconnaître la spécificité de la Shoah comme génocide sans être anti-laïque pour autant. Ne mélangeons pas plusieurs débat à la fois. Je ne pense pas que cette proposition de Nicolas Sarkozy soit à rapprocher de ses propos (contestables) sur la religion.

Ecrit par : Beijaflor | mardi, 19 février 2008

Si, comme Beijaflor, je pense qu'effectivement il n'y a pas de rapport entre la Shoah et la laïcité, je pense toutefois qu'il ne faut pas sombrer dans l'angélisme. La Shoah a eu un parcours complexe pendant la 2e moitié du XXe siècle : elle a tantôt fluctué entre histoire et mémoire. Et cela est à mon sens directement lié au conflit israélo-palestinien, qui est prompt à raviver des événements douloureux. Il n'y a qu'à constater l'empressement d'Ahmadinejad à convoquer un colloque révisionniste en 2006. La résolution du conflit au Proche-Orient permettra à coup sûr de refroidir cet état de faits. En attendant, lorsqu'il s'agit de la Shoah, histoire, mémoire, politique et religieux s'entremêlent dangereusement, et on ne peut pas le nier.

Le problème de cette mesure, c'est que des génocides, il y en a de très nombreux : le génocide juif, le génocide rwandais, le génocide arménien, le génocide cathare au XIIIe siècle, et même l'ethnogénocide indien au XVIe siècle, pour n'en citer que quelques-uns (j'oublie au passage toutes les victimes de la solution finale et qui n'étaient pas juives : les tziganes, les communistes, les homosexuels, les apatrides, les handicapés mentaux, etc). En choisir un, ce n'est pas commémorer le génocide, mais commémorer UN génocide. Et choisir est sans doute la pire des choses, car c'est hiérarchiser les massacres et les victimes.

Emmanuelle Mignon répond que la Shoah est un génocide raciste. Soit. Cependant, ce n'est pas le fait que ce génocide ait été raciste qui est en fait le comble de l'indignation. C'est de s'apercevoir qu'une telle opération a été théorisée, autant dans son principe philosophique que dans ses modes exécutoires et logistiques. C'est la conceptualisation d'une opération de mort de masse qui offre son caractère si horrible à une telle opération.

Et encore, cela suffit-il à singulariser de manière absolue la Shoah ? Au XIIIe siècle, c'est plus d'une centaine de mille de morts qui sont passés par les armes ou brûlés sur le bûcher, parce qu'ils sont déclarés "hérétiques", déviants par rapport à la religion officielle. Au XVIe siècle, c'est la moitié de la population aztèque qui est décimée (certes principalement par des maladies exogènes, mais tout de même).

La Shoah a ceci de particulier qu'elle fait l'économie d'une repentance. Aucun gouvernement n'a aujourd'hui à porter une telle responsabilité, pas même l'Allemagne, depuis longtemps déchargée. Les Nazis sont comme une espèce d'excroissance historique et géographique, un groupe exogène à l'Europe, quasi extraterrestre. En revanche, les autres génocides portent la marque d'une repentance ciblée, chose à laquelle se refuse pour l'instant la France, mais même l'Europe. Visiblement, quand il s'agit de décréter quels événements sont définitivement clos, et lesquels le sont moins, on ne craint pas l'incohérence...

Enfin, je m'interroge sérieusement sur l'utilité d'une telle proposition. N'en fait-on pas déjà "assez" sur le génocide juif ? Combien de films sortent chaque année, qui sont autant d'occasions pour des professeurs d'aborder le sujet en classe ? Combien de documents sont proposés dans les mallettes pédagogiques ? Combien de romans, récits, journaux, dispose-t-on déjà ? Combien d'opérations existent déjà, officielles ou spontanées ? Combien d'expositions existent, financées et organisées par toutes les fondations créées jusqu'alors ?

L'overdose de la Shoah n'est pas loin. Il y a tant d'autres pages noires au cours du XXe siècle.

Ecrit par : Nick Carraway | mardi, 19 février 2008

Un beau palmarès dans ces réactions : arrêtez-donc de nous faire chier avec les juifs, y'en a d'autres qu'ont souffert...

Ecrit par : koz | mardi, 19 février 2008

Pourquoi ne pas substituer au contenu même des faits une symbolique ? Dans cinq ans, il n'y aura plus de poilus encore vivants : la commémoration de la Première Guerre mondiale aura-t-elle encore un sens ? A l'inverse, le 11 novembre ne pourrait-il pas être la commémoration du refus de la guerre ?

De même avec les commémorations de la Seconde Guerre mondiale, avec lesquelles on peut réaffirmer le refus des racismes quels qu'ils soient.

Il faudra de toute façon que la mémoire devienne histoire. Le plus tôt sera le mieux.

Ecrit par : Nick Carraway | mardi, 19 février 2008

Nick Carraway > Je trouve l'idée de commérer les poilus de la Première Guerre Mondiale plus consensuelle et moins polémique.

L'histoire occidentale est construite également avec les épisodes tragiques que tu as bien cités. Faire un point sur l'intolérance politique en règle générale me paraît plus porteuse et plus universel que la seule question de la second guerre mondiale.


Beijaflor > A proprement parler, la question sur l'éducation et la Shoha en CM2 n'a rien à voir avec la religion, c'est vrai. Mais, ces deux questions sont liées à l'actualité très récente.
Et elles se font très étroitement résonnance.

Ecrit par : Thibault | mardi, 19 février 2008

Thibault > Raison de plus pour ne pas les mélanger. Je crois avoir été sur mon blog très explicite sur la laïcité et dans ma critique de Nicolas Sarkozy sur ce sujet. Par contre, sur la Shoah, les hauts cris poussés ça et là semblent disproportionnés.

Je mise sereinement sur la médiation de Simone Veil (malgré la contradiction de ses propos successifs).

Ecrit par : Beijaflor | mardi, 19 février 2008

Beijaflor > Je pense malheureusement que la question sur la mémoire de la Shoha est un sujet qui permet de banaliser indirectement la question des religions, et de la laisser au centre du débat politique.
Je maintiens que l'idée de Nick Carraway me semble très bonne. Un travail civique sur le thème de l'intolérance politique me semblerait moins polémique, moins choquant, et plus exhaustif.

Ecrit par : Thibault | mardi, 19 février 2008

Thibault > Il n'empêche que commémorer des faits passés depuis des générations n'a plus aucun sens. La Grande guerre a presque 100 ans, et l'on continue toujours à la célébrer en tant que telle. Alors qu'elle n'a rien de significatif pour la République. Soit ce jour férié est remplacé par une commémoration du refus de la guerre, et devient le jour des guerres, soit on devra le supprimer. C'est la même chose pour le 8 mai : il faudra en faire "quelque chose".

Ecrit par : Nick Carraway | mardi, 19 février 2008

je voudrais juste rappeler que l'objet de mon billet est la méthode et la rhétorique de Sarkozy, dans l'exemple particulier du discours du CRIF. Il s'agit donc de dénoncer la forme, plus que le fond. Ca ne veut pas dire que je cautionne le fond, mais ce n'est pas mon sujet ici.
@ koz: le propos d'E. Mignon me parait marqué par la connerie, pour reprendre l'expression de ton billet. comme l'indique A. Wieviorka dans un chat au Monde "Je ne vois pas pourquoi on irait puiser dans la Shoah une sorte de vademecum de lutte contre le racisme". Qu'est ce que c'est que cette histoire de victime potentielle? On est dans le délire total. Mais tu as tout à fait raison d'écrire que le désaccord qu'on peut avoir la-dessus ne doit pas conduire à traiter Sarko de facho.
@ teebs: d'accord avec vous sur la comparaison avec le musée de l'holocauste.

Ecrit par : Silas | mardi, 19 février 2008

Je crains que Wieviorka et toi ne fassiez preuve d'une certaine mauvaise volonté. L'Histoire ne sert pas qu'à la connaissance et à la célébration du passé mais, évidemment, à tirer des leçons.

Dire que l'invocation de la possibilité d'être un jour victime est un délire total mériterait certainement un peu d'argumentation.

Ecrit par : koz | mercredi, 20 février 2008

Ah, ici aussi Koz est insupportable de mauvaise foi avec son "Un beau palmarès dans ces réactions : arrêtez-donc de nous faire chier avec les juifs, y'en a d'autres qu'ont souffert..." sous-entendant que vouloir parler d'autres génocides serait sans doute minimiser volontairement la shoah, et son "si c'était chirac ou mitterand avaient fait le coup vous auriez applaudi", completement absurde (ça ne s'est pas passé, point barre). ça fait plaisir de voir que des choses ne changent pas.
Ah et la justification d'un ajout à un programme national scolaire par un choix de musée spécialement dédié à la shoah.
Tout cela en moins d'heures de cours et plus de sport.
Bref l'idée ne me parait pas insoutenable ni obscène, simplement absurde. Enfin, Je ne suis pas certain que l'imposition d'un enfant juif dans des classes de quartiers que tu décris "antisémites" calme les esprits...

Ecrit par : Xuelynom | mercredi, 20 février 2008

koz est de la plus parfaite mauvaise foi sur Miterrand. Il a dit croire aux forces de l'esprit quand on l'interrogeait sur son sentiment personnel vis-à-vis de sa mort. Pas dans un programme d'education visant à edifier les masses

@teebs: tres bien répondu

Et oui, il est abject d'utiliser les enfants de primaire à des fins electorales. Si sarkozy avait la moitié d'une conviction catholique forte, il n'aurait pas divorcé 3 fois et fait un enfant hors mariage. Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages

Ecrit par : artypunk | mercredi, 20 février 2008