mercredi, 30 avril 2008

vendre du nucléaire civil, ce rempart contre le terrorisme

"Le nucléaire c’est l’énergie du futur. (…) Sans énergie, vous ne connaîtrez pas la croissance. Sans croissance vous n’aurez pas de développement. Vous aurez la misère, le sous-développement, le chômage et donc le terrorisme. Parce que tout est lié (…)."

(N. Sarkozy, 29 avril 2008, forum économique Tuniso-français, extrait visionnable ici).

Reprennons cet enchainement logique, implacable.

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(La boucle de rétroaction, qui fait qu'un Etat terroriste n'a pas droit au nucléaire civil, c'est moi qui l'ajoute, mais elle ne me parait pas être l'étape la plus absurde du raisonnement).

Le discours du président semble tracer un cheminement implacable qui fait que si l'on ne vend pas du nucléaire civil on arrive au terrorisme (qui est au passage la même chose que le choc des civilisations).

"Le nucléaire, c'est l'énergie du futur". Admettons, pour le plaisir de la conversation.

"Sans énergie vous ne connaitrez pas la croissance". OK, mais s'agit-il nécessairement de l'énergie du futur précitée? Les pays occidentaux qui renoncent à l'énergie nucléaire sont-ils condamnés au déclin?

"Sans croissance vous n’aurez pas de développement. Vous aurez la misère, le sous-développement, le chômage". Un passage assez solide de l'intervention présidentielle: pas de croissance, pas de développement (le mot développement étant compris ici au sens de croissance). L'absence de développement s'accompagne souvent de sous-développement. Rien à redire.

"et donc le terrorisme". Comme mon schema l'indique, j'ai choisi de considérer que le président estimait que c'était à la fois la misère, le sous-développement et le chômage qui étaient la source du terrorisme. Si on faisait dire au président que le chomage causait à lui seul le terrorisme, ce pourrait entrainer une moquerie facile.

Quand l'on écoute la suite de l'extrait, les propos redeviennent censés: "L’Europe ne connaîtra pas la stabilité si vous ne connaissez pas le développement."  Mais dire que cela implique d'opérer un transfert du nucléaire civil, c'est encore une fois un homme de paille.

Tiens, je me rappelle que Ségolène Royal, qui avait pensé à tout, estimait que "les pays les plus pauvres qui sont sous les latitudes les plus chaudes ont un atout, c’est l’énergie solaire gratuite, et donc nous devons appuyer les modes de développement dans ces pays sur le potentiel dont ils disposent".

19:18 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

dimanche, 24 février 2008

La phrase du week-end (à méditer, si vraiment vous n'avez rien à faire, et encore...)

Entendue ce dimanche matin vers 10h50 sur Europe 1 :"Il vaut mieux avoir des copains people que Bousquet comme copain. Et il vaut mieux avoir des conseillers qui parlent plutot que des conseillers qui se suicident à l'Elysée."

C'était le grand retour de Arno Klarsfeld. 

22:17 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Arno Klarsfeld, suicide, élysée

mardi, 19 février 2008

Fidel et le Che (les deux commandants)

"Pour se convaincre du peu d'importance des idéologies dans la conduite de leurs meilleurs champions, il suffit de considérer le cheminement opposés des deux principaux commandants. Ce n'est pas parce qu'on est marxiste et communiste que l'on choisit la couronne d'épines ou la couronne tout court. Selon le filtre d'une culture ou d'un temperament, cette doctrine justifiait aussi bien l'accomodement aux circonstances - durer coûte que coûte - que l'amour suprême de la solitude - la voie Spartacus. Au carrefour des deux routes, Fidel et le Che se sont croisés, comme le feront plus tard, plus bourgeoisement, Mitterrand et Mendès-France, car l'éternelle bifurcation propre à la vision politique du monde n'empêche pas, un court moment, le rusé et l'intransigeant de coïncider, voire de coopérer - mais pas pour longtemps. Les Français étaient rivaux sans être intimes, alors que l'Argentin et le Cubain faisaient un tandem de complémentaires aux antipodes. Fraternellement unis quoique de familles différentes, Fidel vivait à l'horizontale des affaires, le Che à la verticale du rêve".

"Ce qui oppose le guerilléro politique au 'guérillero héroïque', c'est ce qui oppose un prince de l'Eglise, majesté indulgente, à l'anachorète qui se crispe sur sa discipline pour s'éviter la tentation du compromis. Ou le capitaine de l'équipe, centriste par nécessité, à l'ailier gauche, que rien n'oblige à en rabattre. Tout dictateur qu'il aura été, le Cubain était plus porté à la transaction que son lieutenant moins assujetti que lui au principe de réalité".

"En résumant d'un mot: Fidel est un homme fort sympathique et peu recommandable, le Che un homme antipathique et admirable".

 

J'imagine que le départ de Castro va susciter beaucoup de commentaires approximatifs. Ces quelques extraits de "Loués soient nos seigneurs" de Régis Debray  inciteront je l'espère quelques uns à aller lire ce livre, fascinante confession politique et portrait d'une expérience à la fois aux cotés de Castro et de Mitterrand.

Un propos loin de l'hagiographie dans les deux cas, comme le laisse entendre ce dernier extrait:

"Telles ces villes toutes neuves d'Amérique du Sud dont Lévi-Strauss observe 'qu'elles passent de la fraicheur à la décrépitude sans s'arrêter à l'ancienneté', les révolutions de ce siècle auront passé de l'adolescence à la sclérose sans faire une pause par l'age mûr. (...) Mais n'est-ce pas un sort assez commun - et je ne m'exclus pas du lot- que ce saut de la ferveur au blasement par dessus la lucidité?". 

22:55 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Castro, loués soient nos seigneurs, debray

vendredi, 01 février 2008

le choc des images

Voilà un colloque dont l'iconographie annonce la couleur.
Il est précisé que VGE assistera à l'ensemble des célébrations de la journée d'études. (cf. le débat sur l'évolution du PIB sous ce septennat sur le blog se VGE)
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18:40 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

vendredi, 30 novembre 2007

c'est très désagréable mais très efficace

1) Parmi les propositions du chef de l’Etat présentées, hier il y a cette mesure forte qu’est l'utilisation d'une nouvelle génération de flash-ball à plus longue portée, car  "quarante mètres, c'est mieux que dix".

Il a en outre assuré qu'il assumerait ce choix devant l'opinion publique.

 

 

2) on se prend alors à rêver qu’il suive l’exemple de ce conseiller national suisse, Yvan Perrin, qui vint cette semaine à Paris pour tester la décharge électrique de 50 000 volts que produit le Taser.

Cet élu est membre de l’Union du centre, qui comme son nom ne l’indique pas, est un parti à la droite de la droite. Mais à la différence du leader de son parti, Christoph Blocher, M. Perrin est  « totalement opposé à l'utilisation du Taser comme mesure de contrainte pour renvoyer un requérant d'asile débouté hors de Suisse. »

 

3) cette expérimentation montre une remarquable volonté d’un élu d’être proche du terrain. Il faut bien préciser que M. Perrin est celui qui reçoit la décharge de Taser et non celui qui la provoque.

J’imagine bien qu’il y aurait des choses à dire sur ce dolorisme de l’élu. Il y a sans doute quelque chose d’assez révélateur à la fois de la mise en scène du corps du politique et de la dictature des émotions. Car on est au delà des « stages d’immersion » des sénateurs dans les forces armées (qui ne doivent pas être entendu au sens littéral, notamment dans la marine), ou des stages pénitentiaires qu’effectuent les auditeurs de justice (les élèves magistrats).

Il s’agit bien de justifier une prise de position par une forme de résistance physique plutôt qu’une solidité du raisonnement. Et j'ai du mal à considérer que les politiques publiques relèvent de l'ordalie.

Mais bon, je ne serai pas celui qui dira que quarante mètres c'est moins bien que dix.

17:05 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : taser, flash-ball, yvan perrin

lundi, 29 octobre 2007

ce n'est qu'un au revoir?

1°) je suis content finalement de n'être pas l'unique objet du phénomène "gros connard".

On ne dirait pas comme ça, mais j'ai ma sensibilité, et suis toujours blessé des attaques qui me sont faites, surtout lorsqu'elles sont de piètre qualité. Je me fais une haute idée de mes lecteurs, voyez vous (vraiment).

A la place de cette -petite- blessure, la satisfaction ambigue d'être un bloggueur suffisemment influent pour ce faire traiter anonymement de gros connard.

2°) Cela étant, tout cela ne fait qu'ajouter un peu de poids à la considération qui me traverse régulièrement en ce moment: à quoi bon continuer?

Lassé d'être dans la critique systématique, qui peut, au fil des sujets se parer du rigorisme juridique, économique, moral...  Pas vraiment le temps de tenir le blog en ce moment, pas vraiment l'envie d'avoir le temps, parce qu'il y a d'autres choses.

 La meilleure solution c'est donc d'arrêter.

Je ne sais pas pour combien de temps, peut-être pour de bon, peut-être pour une reprise début 2008. Mais plusieurs mois de coupure pour sûr.

 Bonnes lectures ailleurs, donc!

 

23:00 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

jeudi, 18 octobre 2007

jour de grève, jour de rupture (shorter)

a.  J'ai connu l'échec, et j'ai dû le surmontrer. (NS)

b.  Il n'est pas de situation difficile dont un homme habile ne sait tirer avantage (La Rochefoucault)

c. sinon aujourd'hui c'était la journée "j'aime ma boite". 

23:24 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

jeudi, 04 octobre 2007

des affaires à faire?

Vous voulez un visa d'entrée pour votre enfant? On peut vous aider!

Nous vous offrons un test ADN simple et rapide, basé sur l’analyse d’échantillons salivaires. Ceux-ci peuvent être  obtenus rapidement et sans douleur de vous-même et de votre enfant. Les expertises sont exécutées  selon les directives officielles de recherches parentales. Les résultats sont reconnus par les autorités comme preuve officielle de la descendance de vos enfants.

D’habitude, la collecte de l’échantillon se fait à l’ambassade même, ou par un médecin local à la demande de l’ambassade. Dans ce cas, une photo d’identité de votre enfant est indispensable.
L´envoi des échantillons est organisé par le service d’expédition des Affaires étrangères.
Dès que tous les échantillons sont disponibles dans notre laboratoire, les résultats du test sont normalement connus dans les quatorze jours. Si vous le désirez, nous pouvons envoyer les résultats directement aux autorités responsables ou à l’ambassade qui s’occupe de votre dossier.

Les tests ADN coûtent 500 euros pour deux personnes (p. e. le père et l’enfant). Pour chaque personne supplémentaire à tester (p. e. épouse, autres enfants), on compte 150 euros.

 

(c'est ici- pdf). 

09:45 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : test adn, visa

dimanche, 23 septembre 2007

victimes de l'anaphore (les discours béguaient)

1.) Jean Veronis poursuit son exploration passionnante des anaphores, c’est-à-dire la répétition des débuts de phrases dans des discours (cf. ce billet, et les liens vers 5 billets précedents, en attendant la suite!).

Il fait notamment l'hypothèse que dans les discours du candidat UMP devenu président, l'usage (parfois jusqu'à la corde) de l'anaphore trahit la plume d'Henri Guaino. C'est très convaincant, mais je le suis moins quand il évoquait l'hypothèse que Guaino puisse écrire aussi les discours de Fillon, au motif que celui-ci a recouru massivement aux anaphores dans ses discours de mai-juin 2007.  

La dernière déclaration du premier ministre est certes Guainoesque dans la forme mais pas dans le fond et c'est elle qui m'a donné l'idée de ce billet:

Je suis à la tête d'un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier,
je suis à la tête d'un Etat qui est depuis 15 ans en déficit chronique,
je suis à la tête d'un Etat qui n'a jamais voté un budget en équilibre depuis 25 ans. Ça ne peut pas durer.

 

(au delà de la figure de style, marteler 'je suis à la tête d'un Etat' relève-t-il de la méthode Coué pour le 'collaborateur' du président?)  

 

2.) Il est en effet difficile de lier systématiquement la pratique de l'anaphore à une parenté, stylistique ou de pensée.

La pratique est ancienne, et très appropriée à la rhétorique "victimaire":

Je pense bien-sûr à Mitterrand dans son célèbre discours de Cancun (prononcé à Mexico, le 20 octobre 1981):

A tous les combattants de la liberté, la France lance son message d'espoir. Elle adresse son salut aux femmes, aux hommes, aux enfants mêmes, oui, à ces "enfant héros" semblables à ceux qui dans cette ville, sauvèrent jadis l'honneur de votre patrie et qui tombent en ce moment-même de par le monde, pour un noble idéal.
- Salut aux humiliés, aux émigrés, aux exilés sur leur propre terre qui veulent vivre et vivre libres.
- Salut à celles et à ceux qu'on baillonne, qu'on persécute ou qu'on torture, qui veulent vivre et vivre libres.
- Salut aux séquestrés, aux disparus et aux assassinés qui voulaient seulement vivre et vivre libres.
- Salut aux prêtres brutalisés, aux syndicalistes emprisonnés, aux chômeurs qui vendent leur sang pour survivre, aux indiens pourchassés dans leur forêt, aux travailleurs sans droit, aux paysans sans terre, aux résistants sans arme qui veulent vivre et vivre libres.
- A tous, la France dit : Courage, la liberté vaincra. Et si elle le dit depuis la capitale du Mexique, c'est qu'ici ces mots possèdent tout leur sens.

 

Je pense bien-sûr à Malraux,  dans son célèbre discours pour le transfert des cendres de Jean Moulin (19 décembre 1964):

entre ici, Jean Moulin,
avec ton terrible cortège.
Avec ceux qui sont mort dans les caves, sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ;
avec tous les rayés et les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuits et brouillard enfin tombés sous les crosses ;
avec les huit milles françaises qui ne sont pas revenues des bagnes,
avec la dernière femme morte à Ravensbruck pour avoir donné asile à l'un des notres. 

 

Je pense bien-sûr à De Gaulle, à l’Hôtel de ville de Paris le 25 août 1944:

Paris! Paris outragée ! Paris brisée ! Paris martyrisée ! mais Paris libérée !

 

Et je pense bien-sûr à Ségolène Royal, dans son discours du Gymnase Japy de Paris du 13 novembre 2006  :

"Femmes voilées, femmes mutilées, femmes excisées, femmes violées, femmes infériorisées"

 

(comme pour Fillon, au delà de la rhétorique, on ne peut faire l'impasse sur la dimension personelle  de l'anaphore)

Pour cette dernière, on trouve d'ailleurs des commentateurs pour relever une filiation Gaullienne ET Mitterrandienne.

 

 3.) en réalité, et en conclusion, l'anaphore a sans doute été remise à la mode par la campagne présidentielle et par les discours rédigés par Guaino. J. Veronis a raison d'indiquer : "La pensée unique tant critiquée ferait-elle place à la parole unique ? En tout cas, en imposant ainsi son style au plus haut de l'État, Guaino a fait très phore !". Mais malheureusement, j'ai bien peur que l'influence de Guaino sur l'appareil d'Etat ne se borne pas à anaphoriser les discours des membres du gouvernement.

On aura sans doute dans les mois et les années qui viennent de plus en plus de discours, et même de déclarations spontannées, qui fileront l'anaphore, dans une "inspiration" Guainoesque.  Guaino lui-même s'inspirait (notamment) de Malraux et Bouchet-Petersen (la plume de Royal) avait certainement en tête le discours de Cancùn et celui de De Gaulle en écrivant le discours de Japy. 

Tous les rédacteurs de discours  ont accès à la bibliothèque des discours publics, voire au formidable outil "discours 2007" de Veronis. 

 

Madames et Messieurs les politiques, si vous voulez être originaux,

j'ai bien peur que les artifices de la forme ne suffisent plus,

j'ai bien peur que les braconnages de discours anciens ne passent plus, 

j'ai bien peur qu'il vous faille vous attaquer au fond.

10:05 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : anaphore, guaino, discours

vendredi, 21 septembre 2007

La Breizh touch: alter-weltanschauung de la fiesta?

1) L'appelation Breizh touch a un coté cool, mais certains voient dans l'accolade d'un terme anglais à un terme breton une opération de marketing identitaire. Drôle de rebond publié par Libération (on approche le point Godwin)... Mais bon, c'est vrai que la "vente flash" pour le" 1er  Fest Noz mondial high tech" a un drôle de goût.

2) Le français est la langue de la République.  On ne peut saisir le juge administratif par une requête en breton. C'est ce que rappelle en 1985 un des arrêts les plus courts (en tout cas en formation plénière) du Conseil d'Etat

"Considérant que la requête de M. Quillevère n'est pas rédigée en langue française ; qu'elle n'est, dès lors, pas recevable". Je ne sais pas si aujourd'hui le CE se contenterait d'une rédaction aussi ramassée.

La Cour de cassation est plus prolixe, dès un arrêt de 1859 Giorgi contre Masaspino:

« S’il est vrai que la règle de nullité expressément portée dans divers édits et arrêts du conseil …] ne se trouve pas de même écrite dans l’ordonnance d’août 1539, et si elle n’a pas été non lus répétée dans l’arrêté du 24 prairial an XI, cette peine, ici, est une sanction nécessaire de la règle et s’attache d’elle-même à l’infraction ; qu’en effet, il ne s’agit pas d’une de ces formes secondaires et de ces nullités de procédure auxquelles s’applique l’article 1030 du code de procédure civile, mais d’un principe essentiel et de droit public qui importe, à un haut degré, à la bonne administration de la justice et garantit l’unité de la langue nationale" 

De façon interessante, cet arrêt se rapporte à un exploit d'huissier rédigé en "langue italienne", que l'on qualifierait aujourd'hui de langue corse. Evolution de la perception des particularités...

Je vous renvois à une interessante étude sur "le corpus juridique des langues de France" (notamment p. 74 et sv), publiée par le ministère de la culture et disponible ici.  

09:30 Publié dans droit public , pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : breizh touch

lundi, 10 septembre 2007

métaphore administrative?

- On a par ici ce proverbe, peut-être le connais-tu : « Les décisions administratives sont timides comme des jeunes filles”.

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- c’est une bonne observation, dit K. qui prit la chose encore plus sérieusement qu’Olga. C’est une bonne observation et

les décisions pourraient avoir encore d’autres qualités en commun avec les jeunes filles.


- Peut-être, dit Olga. Mais je ne sais pas trop dans quel sens tu l’entends. Peut-être même que c’est un compliment dans ta bouche.

(Kafka, le Chateau) 

09:00 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kafka, décisions administratives, le Chateau

jeudi, 30 août 2007

Ont-ils des chapeaux ronds?

"La plupart du temps, ce personnage de Bécassine est mal pris par les Bretons (certains condamnent toutes ces rééditions, reprises, commémorations...). Il témoigne en tous cas du mépris dont les bas-bretons ont longtemps été l'objet." (wikipedia, article Becassine)

 

Bon, l'Elysée dément ces propos... La mise en scène de France 3 est quand même un bijou...

09:45 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

mardi, 24 juillet 2007

Les moyens de l'opposition

François Hollande interviewé par l'Hebdo des socialistes trouve la phrase choc pour remobiliser la gauche. Cette phrase n'est pas "soyons prêts pour les combats démocratiques qui s'annoncent".(avec ce type de formule contorsionnée, j'ai viendrai presque à préférer le non-intellectualisme affiché de notre président).

Non, la formule choc de Hollande c'est:

"pour bien s’opposer, il faut commencer par bien se reposer"

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08:54 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : PS, hollande, opposition

mercredi, 11 juillet 2007

travailler plus pour partir tranquille

Le blog est en rythme ralenti, car la perspective des vacances m'impose de travailler plus, afin de partir tranquille.

Si vous cherchez un bon romancier à lire cet été, je vous recommande Tow Wolfe (si vous avez la chance de ne pas avoir encore lu ses trois épais romans), qui à mon sens est loin d'être  "un peu surfait" comme le juge P. Assouline.

Le "bucher des vanités" et "Un homme, un vrai" sont deux romans qui parviennent avec élegance et profondeur à decrire les rapports de force entre les classes sociales et entre les individus aux Etats-Unis, tout en concervant un sens de l'entertainment dans la trame narrative tout simplement jouissif. 

Son dernier "I am Charlotte Simmons" est certes un cran en dessous, par une ambition plus limitée (et qui parvient moins que les 2 autres à sortir du particularisme américain), qui réside dans son analyse de la place  respective du sexe, du sport, de l'alcool et de l'excellence académique dans une université américaine d'élite fictive.

De mon coté, je partirai avec "the time of our singing" de Richard Powers. Et vous?

22:40 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tom wolfe

jeudi, 05 juillet 2007

cornichon - PS - notule

Pris par le temps, une notule rapide.

"“Tout corps plongé dans un bocal de cornichons devient un cornichon”.

Sans doute pour de mauvaises raisons, cette formule de DSK lue la semaine dernière reste dans mon esprit, un peu comme une persistence rétinienne.

La séduction de cette formule réside dans le souvenir scolaire du théorème d'Archimède. DSK l'utilise pour justifier son départ du Conseil national du PS. Il ne faut pas penser que s'applique à cette décision "l'effet discothèque" (toute sortie est définitive).

En janvier 95, à l'heure de la confrontation Emmanuelli - Jospin, une certaine Ségolène Royal avait quitté le conseil national du PS. On avait retenu cette formule "Deux trains lancés à pleine vitesse foncent l’un vers l’autre. Ecartez-vous des voies!". Je ne suis pas fan des formules de Royal.

Mais revenons brièvement à nos cornichons avec 2 autres citations.

"Le premier baiser qu'on obtient d'une femme est comme le premier cornichon qu'on parvient à extraire du bocal. Le restevient tout seul." Mark Twain. Je n'insisterai pas sur le fait que Fabius a également décidé de quitter le conseil national.

" Mes livres et moi dans le même appartement: comme un cornichon dans son vinaigre". Ossip Mandelstam. Quelle image d'harmonie!

Tout cela ce ne sont que des questions d'appareil, me direz-vous. Mais chacune des stratégies individuelles va concourir d'une façon ou d'une autre à l'avenir du PS. Pour ce que j'en vois pour le moment, je suis comme une poule qui a trouvé un couteau...  

09:30 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : cornichon, conseil national du PS, DSK

vendredi, 29 juin 2007

beaux et c.. à la fois?

Dans un monde d’hommes, Challenges explique le succès de Christine Lagarde, notre 3ème ministre de l’économie cette année,  en lui attribuant la formule suivante :

 

« Les hommes, ce n'est pas compliqué : celui qui est beau, tu lui dis qu'il est intelligent, et celui qui est intelligent, tu lui dis qu'il est beau. ».

C'est sans doute bien trouvé, mais une rapide évaluation des profils des membres masculins du gouvernement me conduit à penser que sa recette ne sera pas inopérante qu’avec ceux d’entre eux qui sont à la fois beaux et intelligents…

11:40 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : christine lagarde

mardi, 15 mai 2007

la plus belle ouverture à froid?

Une "ouverture à froid" (cold open) désigne la technique, dans un film ou une série télé, consistant à faire démarrer l'histoire dès l'ouverture du show, sans la faire précéder du générique du début.  Les James Bond sont réputés pour leurs cold open.

 

C'est ce qu'à réalisé Nicolas Sarkozy de façon magistrale: depuis son élection, on a vu défiler plusieurs séquences plus surprenantes les unes que les autres, et scotché sur son siège, on se rend compte enfin que le générique de début n'aura lieu que demain,  16 mai, avec la passation de pouvoir entre les 2 présidents. C'est la force des cold open réussis: on est tout de suite dans l'action, avant de se rendre compte (deuxième temps du plaisir) que rien n'a commencé.

Nous avons eu la séquence berlusconienne, avec le Fouquet's, le jet et la croisière maltaise: entre "l'amour du risque" et "miami vice", l'impression de revoir une série de mauvais goût des années 80, avec une audace renouvelée, un contraste avec la retraite mystique annoncée scandaleux (pour le citoyen), et donc réjouissant (pour le spectateur).

Tout de suite après, la vrai surprise. L'ouverture au centre, à gauche, le contraire de la campagne droitière qui l'a conduit au pouvoir. "Révélation quasi mystique, numéro de transformisme, numéro de séduction, effet tactique qui tente de séduire la gauche après avoir séduit le FN,  rassemblement purement ‘’cinématographique’’, perversité, authenticité, on se perd déjà en conjectures." comme l'écrit Petit jardin (qui a fait la même association d'idée que moi, un peu plus vite).

On imagine de belles scènes où les bad guys sont punis (scènes jouissives pour le téléspectateur de retournement de situation, après avoir subi, maso, l'ascension de ces personnages, en ayant le sentiment dégouté qu'ils allaient triompher (Morano, Hortefeux, Devedjian, mais aussi le traitre, intégrale, ténébreux, énigmatique: Besson...).

Sarko calculateur ou  rassembleur?

On se prend à rêver d'une improbable saison 8 de West Wing, où un président de droite serait le digne successeur de Bartlet. Et cet espoir me parait plus sérieux aujourd'hui que lors des 2 élections de Chirac.

Et si Sarkozy faisait un bon président? Toute la saveur de la série qui se prépare tient dans l'ambigüité du personnage, capable du meilleur comme du pire. Deviens qui tu es. Let Bartlet be Bartlet.

et puis il y a bien-sur Cecilia, qui vaut bien Abigail Bartlet, entre Desparate Housewife et Hedda Gabler. Il y a plusieurs épisodes incroyables à son sujet, je n'y insiste pas. 

Mais encore une fois, le générique de début n'est pas encore lancé. Extraordinaire ouverture à froid, mais l'épisode sera-t-il à la hauteur? le "prégénérique" est souvent ce qu'il y a de meilleur dans les James Bond... Et puis il y a des séries qui perdent toute consistance très vite. Le discours d'adieux de Chirac ce soir me fait penser à la saison 4 d'Alias. 

 

Deux conceptions, deux narratives de la présidence Sarkozy se concurrenceront logiquement: le mystère et la mystification. Une série clivante comme Lost.

Créées par un couple de professeurs gauchistes, les De Groot, et un magnat de l'industrie, Alvar Hanso, les stations Dharma sont un élément central dans Lost.  Deux interprétations de la Dharma initiative sont possibles  : "œuvre de salut collectif ou gigantesque manipulation du spectateur". Dharma signifie la loi en Sanskrit.

 

 

21:25 Publié dans miroir des médias , pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : west wing, lost, cold open, sarkozy

lundi, 07 mai 2007

Pourquoi je me rallie

Mes chers lecteurs, mes chères lectrices,

permettez-moi de prendre de prendre la forme de cette lettre solennelle pour vous annoncer une nouvelle dont je vous devais la primeur.

J'ai décidé de me rallier à celui qui a incontestablement et démocratiquement remporté l'élection.

Certains trouveront ce ralliement tardif, alors que la main était tendue depuis plusieurs jours. D'autres y verront un cynisme insoutenable, marqué par un carriérisme sans valeurs. 

Je vous prie de croire qu'il n'en est rien. Ma décision est uniquement guidée par l'intérêt général. Aux services de Nicolas, je vais rendre aux Français la fierté de la blogosphère.

C'est donc avec gravité et exaltation que j'accepte le poste de Conseiller juridique au cabinet du nouveau  roi de la blogosphère.

09:10 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

samedi, 05 mai 2007

Sous l'image

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"Dans l'esprit de ceux qui ont pris, ou cru prendre la photo, le contenu de l'image ne vient qu'en deuxième position, derrière les associations d'idées qu'elle suscite."
"Lorsque nous regardons une photo, nous reproduisons et répétons, devant le double d'un fantome, des décisions et des critiques qui font écho à celle du photographe. Nous demandons ce qu'il nous faudrait être, ce en quoi il nous faudrait croire pour vouloir préserver ce moment".
R. Powers
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23:45 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mercredi, 02 mai 2007

Ce soir, liveblogging du débat (avec plans de coupe)

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 En attendant lisez ce compte-rendu étonnant du débat Mitterand-Chirac de 1988,qui vaut en particulier  pour sa mise en perspective cinématographique:

"Un passage du débat concerne la procédure d’extradition touchant l’Iranien Gordji. Jacques Chirac affirme avoir informé personnellement le Président sur cette affaire dans son bureau. Le Président, lui, réfute l’accusation, et s’ensuit un dialogue d’une tension exceptionnelle :

- Jacques Chirac : Regardez-moi dans les yeux. Pouvez-vous me dire, Monsieur le Président, que vous contestez ma version des choses ?
- François Mitterrand : Dans les yeux je la conteste !

Chirac, abasourdi, ne se relèvera pas et perdra le débat.

Bien plus tard, Jacques Chirac relate la scène telle qu’elle s’est passée : Chirac raconte que lorsqu’il pose cette question à Mitterrand, celui-ci, en réalité, ne lui répond pas dans les yeux mais se tourne vers une caméra de côté et répond face à elle ; en aucun cas dans les yeux de Chirac…

Le plan de coupe aurait permis de découvrir l’étonnement du maire de Paris. Au lieu de cela la caméra en plan serré donne l’impression au public que le Président fait sa réponse effectivement dans les yeux de Chirac alors qu’il n’en est rien ! Jacques Chirac s’est rendu compte à cet instant qu’il avait affaire à un véritable fauve et que l’affaire était réglée : il a définitivement perdu."

 

Mais  en regardant cette longue séquence, on constate médusé comment Mitterrand réussit à lancer le sujet sur Gordji, qui n'avait rien à voir avec le sujet:

 

 

 

En 2007 non plus, il n'y aura pas de plan de coupe, une règle apparemment inventée par Badinter et Moati en 1981... 

 

 
 

 

 

06:50 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

samedi, 14 avril 2007

affiches électorales: qui est l'intru?

"Les événements effacent les événements ; inscriptions gravées sur d'autres inscriptions, ils font des pages de l'histoire des palimpsestes" (Chateaubriant)

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20:05 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : palimpsestes

jeudi, 12 avril 2007

Pour qui voter?

Je suis assez déconnecté de la campagne depuis quelques jours, et ça va continuer. A vrai dire, je réfléchis déjà à 2012.J'ai déjà envie (en réalité cela fait bien trois mois) d'écrire le bilan de cette présidentielle, mais je me rends compte qu'énormément de gens sont encore indécis pour le 22 avril. Je me propose donc de leur donner les clés de l'élection, par 2 séries de réflexions (comme souvent un peu tongue in cheek, mais elles traduisent mon désillusionnement et le ton adopté depuis quelques temps sur le blog: l'humour est la politesse du désespoir).

 

1°) je pourrais continuer à démonter les programmes et les déclarations des candidats qui ne me plaisent pas, ou défendre ceux du candidat que j'ai choisi. Je pourrais aussi regarder les problèmes qui me paraissent important, selon ma conception de l'intérêt général) et évaluer chaque candidat à cette aune. 

Je le le ferai pas, et suis de plus en plus convaincu que ce n'est pas pendant la campagne électorale que l'on peut avoir cette discussion pour façonner son choix. 

Un billet d'éconoclaste m'a rappelé mes manuels d'économie (que j'ai ouvert il y a longtemps et pendant une courte période) et la théorie du Public Choice, qui ne peut que rabaisser notre propension à nous fonder sur les programmes des candidats pour voter: 

"l'esprit du public choice a des progrès à faire dans une communauté des économistes qui restent bien souvent dans la perspective rassurante du leader bienveillant qui appliquera son programme à une populace plus ou moins subjuguée. Cette partie-là du keynésianisme n'était pas la meilleure. Rappelons avec Downs que les politiciens ne se font pas élire pour appliquer un programme; ils définissent un programme pour se faire élire. Que la politique appliquée, si elle n'est pas indépendante du programme prédéfini, dépend avant tout d'équilibre sociaux et d'institutions contre lesquels même un leader bien intentionné ne peut pas grand-chose. Cette prise en compte des institutions et des équilibres sociaux est ce qui manque cruellement à l'analyse de Blanchard."

 Cette vision des choses est assez désespérante pour la démocratie, puisque finalement on ne peut que marginalement se fonder sur les programmes et les déclarations des candidats pour faire son choix.  Mais elle me parait extrèmement heuristique: les programmes des candidats évoluent depuis six mois au gré de l'attente des citoyens telle qu'elle est perçue par les sondages, les commentaires, les rapports de force. On peut appeler cela le marketing de la demande.

 

2°) en ayant dit tout cela, on n'est guère avancé. Une lecture un peu déjantée  décantée des déclarations des candidats et de leurs militants, des commentateurs politiques, des sondages, etc... me conduit à vous suggérer  la stratégie suivante, selon le bord politique qui est le votre habituellement:

-        Si vous êtes d’extrême gauche ou proche du parti communiste, vous savez que votre chapelle va se prendre une avoinée aux élections. C’est sans doute parce que les "appareils" n’ont pas su se fédérer, et l’offre à la gauche de la gauche n’est pas assez à gauche, et en plus n’offre pas un réel choix. De toute façon le système démocratique est une farce. Votez Le Pen, ça leur fera les pieds. 

-        Si vous êtes socialiste, il faut voter Bayrou. On peut assumer que la victoire de votre camp n’est pas votre priorité : l’important c’est d’envoyer des signaux à la direction du PS, et de faire barrage à l’extrême droite. Le vote Bayrou, s’impose comme une évidence : il est plus à gauche que Royal sur beaucoup de sujets et il est le seul à pouvoir battre Sarkozy, incarnation actuelle du fascisme.

-        si vous êtes centriste, le vote Royal s’impose avec la même évidence : elle est plus à droite que Bayrou (cf. point précédent) et moins à droite que Sarkozy.

-        Si vous êtes PT, ne votez pas pour Schivardi qui n’est même pas trosskiste.

-        Si vous êtes vert, votez pour Bové, car Voynet n’est pas assez altermondialiste.

-        Si vous proche de Bové, votez pour Voynet, car Bové ne met pas assez l’accent sur l’écologie.

-        Si vous êtes chasseur, abstenez-vous.

-        Si vous êtes proche du FN, n’hésitez plus, il faut voter Sarko : il a repris les idées de Le Pen, et avec lui vous avez une bonne chance qu’elles soient mises en œuvre.

-        Si vous êtes de sensibilité UMP, les choses se compliquent : en effet, vous n’avez aucun intérêt à voter pour N. Sarkozy, puisque celui-ci est assuré de remporter l’élection présidentielle. Vous devriez peut-être voter pour l’extrême gauche, afin de semer la confusion dans le parti socialiste en brouillant le signal social-démocrate que les électeurs socialistes ont envoyé en votant pour Bayrou.   

 

 

10:10 Publié dans miroir des médias , pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : public choice, programme, marketing de la demande, ségolène, sarkozy

samedi, 07 avril 2007

Pourquoi écrire?

J'écris. J'écris que j'écris. Mentalement je me vois écrire que j'écris et je peux aussi me voir voir qui écris. Je me rappelle écrivant déjà et aussi me voyant qui écrivais. Et je me vois me rappeler me voyant me rappeler que j'écrivais et j'écris en me voyant écrire que je me rappelais m'être vu écrire que j'écrivais et que j'écrivais que j'écris que j'écrivais. Je peux aussi m'imaginer écrivant que j'avais déjà écrit que je m'imaginais écrivant que je me vois écrire que j'écris. (Salvador Elizondo)

(en fait, j'ai écris ce billet il y a plusieurs jours avant qu'il ne soit publié automatiquement.  Et en écrivant ces lignes, je vous imagine les lisant, et moi m'imaginant vous imaginer les lisant.)

08:10 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ecrire, salvador elizondo

mercredi, 04 avril 2007

Présidentielles: une question de méthode?

1.) "Après avoir rencontré des militants écologistes, Nicolas Sarkozy s'est engagé à mettre en place "un Grenelle de l'environnement". Quelques jours plus tôt, après avoir obtenu le ralliement de Jean-Louis Borloo, il annonçait "un plan Marshall pour l'emploi". Pourquoi pas demain un Yalta sur les retraites, un Camp David pour les SDF ou un Vatican II des musulmans de France ?" (Robert Solé dans le Monde)

 

2.)  Ségolène Royal annonce « Si je suis élue, le débat sur l’avenir énergétique de la France sera immédiatement ouvert. » car « A si peu de temps du premier tour de l’élection présidentielle, je pense qu’il faut remettre à plat le dossier ». Elle propose aussi un moratoire sur les OGM en plein champ. Selon Eric Besson (ce billet est humoristique): "à chaque fois que la candidate ne sait pas trancher, elle s’est prononcée pour un moratoire » Il propose donc un moratoire sur les moratoires, ce à quoi Koz ajoute "On pourrait agrémenter, en fait, ce moratoire sur les moratoires, d’un moratoire sur les débats, si ce n’est d’un débat sur les moratoires."

 

3.) François Bayrou propose de supprimer l'ENA pour la remplacer par une école des services publics qui formerait les haut-fonctionnaires. Il propose de supprimer le Conseil d'Etat pour le remplacer par une juridiction suprême de l'ordre administratif chargé notamment d'examiner les pourvois en cassation contre les arrêts des cours administratives d'appel.

Autres suggestions:

-supprimer le Sénat et le remplacer par une chambre haute du parlement qui représenterait les élus locaux;

- supprimer le président de la République  et le remplacer par un chef de l'Etat qui veille au respect de la Constitution, qui  assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat, qui est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.

08:57 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ségolène, bayrou

jeudi, 22 mars 2007

Sarkozy peut-il jamais quitter l'Intérieur? (Neuilly vice)

Le cumul de casquettes entre les fonctions de ministre de l'Intérieur et celles de candidat à la présidentielle a fait l'objet de critiques diverses, plus ou moins pertinentes, autour de l'avantage indu que cela est censer constituer. A l'heure où ce départ de la place Beauvau est confirmé par J. Chirac himself, j'ai envie de poser la question à l'envers: son long passage à l'Interieur ne sera-t-il pas un handicap majeur?

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Peut-être pas au stade de l'élection, mais, en imaginant la France d'après, une fois élu. 

L'image d'un président qui n'est pas le bienvenu en banlieue, les mots racaille et karcher qui collent à la peau...

Quelque soit l'idée que l'on se fait de l'homme, je trouve cette perspective dérangeante pour les 5 ans à venir. Le discours du 14 janvier 2007 ("j'ai changé") cherchait sans doute à prévenir cette perspective.

 

medium_miami.2.jpg'Are you aware that the badge is gonna come out, and the fabricated identity and what's really up are gonna collapse in the same frame?  Are you ready for that?' (Ricardo Tubbs à Sonny Crocket: 'tu te rends compte que ton badge va ressurgir et que l'identité que tu t'es fabriqué et ce que tu es vraiment vont se retrouver dans un seul cadre? Tes prêt pour ça?'.

 

 

Le réalisateur Michael Mann commente: "The best undercover identity is oneself with the volume turned up and restraint unplugged." (La meilleur dissimulation, c'est d'être soi-même avec le volume à fond et sans retenue).


 

22:05 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, miami vice, michael mann

samedi, 17 mars 2007

Chirac + Elvis Presley = ?

Little things I should have said and done
I just never took the time

Vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir.

Maybe I didnt love you
Quite as often as I could have

Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique.

 And I guess I never told you Im so happy that youre mine

Cette France que j'aime autant que je vous aime.

Give me, give me one more chance
To keep you satisfied, satisfied

Au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement.

You were always on my mind
You were always on my mind

Pas un instant, vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit.

 

1°) fin 72 Elvis Presley chante "Always on my mind"  dans le contexte de sa séparation avec Cécilia  Priscilla.

 

2°) le 11 mars 2007 J. Chirac annonce qu'il se sépare des Français.

 

3°) "Ca tient à peu de chose une belle journée de campagne : un soleil radieux, des militants mobilisés, des enfants disciplinés d'une école de musique de Vesoul prêts à donner le meilleur d'eux-mêmes au candidat. A Vesoul et à Besançon, mardi 13 mars, Nicolas Sarkozy a connu tout ça. Et même une aubade, dans la cour de l'école de musique de Vesoul, interprétant, pour l'accueillir, un vieux standard d'Elvis Presley (Always on My Mind) dans une version pour trompettes, tubas et trombone." (Le Monde 14 mars 2007)


13:20 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : always on my mind, chirac, presley, sarkozy

mercredi, 07 février 2007

fool's gold? (pour tout ce qui est visible, il existe une copie cachée)

Je reviens vers cet article lu le week-end dernier dans le Monde et qui ne sort pas longtemps de mon esprit. 

Pas de commentaire particulier de ma part, pas d'actualité politique ou juridique à confronter. Juste la beauté de la dissonance cognitive, qui est au coeur de notre campagne ("the best, most adult television shows embrace cognitive dissonance as a storytelling tool" source).

Voici l'article à peine abrégé.

"Jeudi 1er février, au petit matin, trois hommes cagoulés ont pénétré dans les locaux de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, dans le 14e arrondissement de Paris. Après avoir neutralisé le gardien de nuit, ils ont dérobé la recette de la veille. Mais surtout, ils se sont emparés d'un lingot de 12 kilos d'or pur, gravé, qui faisait partie d'une installation réalisée par l'artiste multimédia américain Gary Hill.


(...) au cours de l'or, vendredi 2 février, un lingot de 12 kilos valait au moins 210 000 euros.

Cette oeuvre, intitulée Frustrum, produite sur commande de la Fondation, occupait, depuis le 25 octobre, la totalité d'une salle d'exposition. Un grand bassin noir y était rempli d'une huile industrielle sombre. Au centre était posé le fameux lingot. Au fond de la pièce, sur un écran géant, se reflétant dans le bassin, un aigle, enfermé dans un pylône électrique, battait l'air de ses ailes. Chaque contact du rapace avec les fils du pylône provoquait une décharge, accompagné d'un bruit de fouet.

"L'artiste a voulu figurer l'empire - à commencer par l'empire américain - fouettant le monde, mais aussi montrer que l'empire est pris au piège de ses propres valeurs", expliquait encore, vendredi soir, un guide aux visiteurs, deux jours avant la fermeture définitive de l'exposition, dimanche 4 février. Le même guide précisait que l'artiste, âgé de 55 ans, précurseur du vidéo art, avait tenu à ce que tous les matériaux soient vrais. (...)

Ce vendredi, pourtant, le lingot présenté aux visiteurs était évidemment faux, puisque le vrai avait été dérobé 36 heures auparavant...

AUCUN COMMENTAIRE

C'est là que les interrogations commencent. Le lingot volé se trouvait-il bien au centre du bassin jeudi matin ou a-t-il été dérobé "dans les locaux sécurisés", autrement dit un coffre, comme le laisse entendre la formule officielle policière ? Si tel était le cas, était-il présenté aux visiteurs pendant la journée puis mis à l'abri la nuit ? Ou, de peur d'un éventuel sinistre, la Fondation avait-elle fait confectionner un faux, sans en avertir l'artiste ? Dès jeudi matin, en tout cas, un lingot flottait à nouveau sur le bassin de liquide huileux.

Interrogée par Le Monde, la direction de la police judiciaire parisienne n'a pas souhaité apporter d'autres précisions, répétant toutefois que les malfaiteurs étaient "manifestement bien renseignés". La Fondation Cartier n'a voulu faire aucun commentaire. "Une enquête est en cours", expliquait-on. Vendredi soir, en tout cas, aucun avertissement ne prévenait les visiteurs que le lingot exposé était un faux. Ni que sur le vrai, l'artiste avait gravé cette mention : "Pour tout ce qui est visible, il existe une copie cachée.""

 

09:05 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dissonance cognitive

lundi, 29 janvier 2007

2007: Comment traiter la campagne? (quand faut-il rire?)

De gros doutes sur la personne pour qui je vais voter, de gros doutes sur la capacité des candidats qui nous sont proposés à être bons. Curieuse sensation depuis quelques semaines de lire un peu partout toujours la même chose, à base de Ségobourdes. Surprenant manque de commentaires critiques sur le programme de Sarko de la part de mes blogueurs préférés (alors que lui nous présente un programme..).

Envie de passer des agrégateurs   aux disséminateurs. C'est ainsi que je découvre Optimum, avec deux billets courts, efficaces, pour relancer le débat sur le discours économique de Sarkozy, un peu vite qualifié de social-démocrate.

Je vous propose maintenant deux propos quasi-imaginaires de profs qui font rire les élèves:

1°) d'un professeur à qui l'on prête des bourdes qui ne se sont sans doutes jamais produites: " C'est un monde ça! dès que j'ouvre la bouche, il y a un imbécile qui parle!"

No offense, mais depuis quelques semaines, un certain nombre de blogs me semblent se cantonner dans le rôle paresseux  de relayer les propos supposés bêtes de S. Royal. Le piquant de tout cela est que dès que Ségolène Royal parle, et que le propos est repris sur un blog, on a le sentiment parfois qu'un seul imbécile parle, parfois deux. 

Souvent trois en réalité,  puisque les seconds couteaux de l'UMP se font un plaisir de ridiculiser la campagne en faisant de bourdes plus ou moins vénielles (les électeurs trancheront) les sujets du débat public. 

 

2°)  d'un professeur légèrement estropié qui à chaque rentrée défiait ses élèves: "vous avez 5 minutes pour rire de mon infirmité".

La satire me semble un profond outil heuristique. Et "la plus perdue des journées est celle où l’on n’a pas ri" (Chamfort) . Loin de moi l'idée que la campagne ne doive donner aucune place à la rigolade.

Le discours de Sarkozy est à plusieurs étages. L'un d'entre eux est là pour satisfaire l'orgueil des commentateurs installés, qu'ils soient blogueurs ou journalistes. Il est alimenté par des références à Jean Jaurès, à Valmy, à Camus...

Qu'on apprécie le personnage ou pas, son discours rentre bien dans les repères culturels que nous (je fais bien-sur partie de ces commentateurs installés) avons. Il faut dire que sa campagne se prépare depuis au moins 5 ans. Chaque déplacement à l'étranger est depuis des années conçu comme une préfiguration de la campagne présidentielle, à coup de photo-ops.
De ce point de vue, sa campagne est classique: un peu de populo, un peu d'intello. Quand il ne fait pas peur, son discours ronronne dans des codes connus.Et il est plus intéressant de disserter - un peu - sur le thème "Jaurès est-il de droite?" que sur le sens de supprimer les droits de succession. Avec Sarko, on s'indigne, on disserte, mais on ne rit pas et on ne regarde pas trop le concret.

"Pour les dieux, nous sommes comme des mouches dans les doigts d'enfants méchants: ils nous tuent pour leur divertissement" (Shakespeare). La campagne de Ségolène est un peu fauchée, pleine d'amateurisme. Les propos et la méthode de Royal détonne, déroute et fait parfois pouffer. Rions donc 5 minutes, mais ne nous arrêtons pas là. Je suis le premier à considérer qu'elle n'est pas la candidate idéale. Mais nous vivons dans un monde de choix contraints.

La dégommer pour le divertissement est irresponsable et sans doute sous-optimal: je n'aurai pas le sentiment d'avoir beaucoup avancé si mon choix se réduit à l'alternative entre Bayrou et Sarkozy.

Ne faisons pas les difficiles plus que de raison. La politique étrangère n'est pas tout. Sinon, il faut voter Villepin, je vous garantis qu'il peut vous citer l'article 39 de la convention de Vienne de 1961.

 

 



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samedi, 27 janvier 2007

Comment fait-on les bébés ? (et où l’Etat doit-il mettre sa petite graine ?)

Mes chers compatriotes,

1.) je reçois ce matin pas moins de deux SMS d’amis pour m’annoncer la naissance de leur enfant.

C’est le troisième ce mois-ci, dans la lignée d’une riche année 2006, une année riche d'enfants pour la France.

Mes pensées vont vers toutes ces familles, celles que je ne connais pas mais que je remercie pour leur contribution au bien-être de notre pays.

Mes souhaits les plus chaleureux de bonheur vont vers ces parents que je connais et leur nouveau-né (avec une mention spéciale mais nécessairement laconique sur ce blog anonyme à une maman et à un bébé bien particuliers…).

Je souhaite également la bienvenu à tous mes futurs lecteurs, dont les préoccupations légitimes se concentrent aujourd’hui vers cet élan pour devenir ce qu’ils sont. Je leur donne rendez-vous pour les premières élections présidentielles auxquelles ils pourront apporter leur suffrage: en 2027.

 

2.) Quel est le rôle de l’Etat dans ces histoires ?

La France a un des taux de fécondité les plus élevés d’Europe. Comme le notait Christine Boutin le 16 janvier 2007 citée par le Canard enchainé du 24 janvier 2007, « avec deux enfants par femme, vous pouvez applaudir les femmes ». Je dirai même plus : avec les deux  mains.

La question est alors évidemment de savoir comment faire en sorte que chaque femme puisse avoir un troisième enfant. On attend, bien-sûr, une contribution de l’Etat dans cette affaire, si possible dans la version colberto-gosplanienne de l'interventionnisme.

Pour ma part je vois trois pistes possibles :

2.1) on sent que l’idée dans la question de C. Boutin est de savoir combien l’Etat va débourser pour renforcer l’effet du quotient familial sur la feuille d’impôt des parents de trois enfants, pour augmenter les allocations familiales, pour overshooter les crédits d’impôts liés aux frais de  garde des enfants, pour conférer de nouveaux droits aux titulaire de la carte famille nombreuse. La solution pour que les femmes fassent des troisièmes enfants serait donc de leur donner un chèque. On pourrait appeler cela le chèque troisième enfant.  

2.2) La deuxième solution serait de surfer sur une autre mode actuelle, en instaurant le troisième enfant opposable, avec recours administratif préalable et tout le toutim. L'idée n'est pas totalement sotte, et elle peut se combiner avec le droit au logement opposable, car l'on sait et je deviens un peu sérieux que la taille du logement est un frein important à l'accueil du troisième enfant.

2.3) La troisième solution consiste à réfléchir un peu. (ne partez pas, chers lecteurs, la fin du billet est rigolote). La séduction du raisonnement proposé tient à son caractère contre-intuitif, qui fait souvent le charme des raisonnements économiques. Il consiste à s’interroger sur les raisons pour lesquels les femmes s’arrêtent souvent au second enfant. Une des raisons (je sais qu’elles sont multiples) tient au fait qu’elles ont alors atteint un age auquel elles ne souhaitent plus avoir d’enfants supplémentaires  parce qu’elles ne souhaitent plus avoir d’interruptions de carrière. Et l’on voit que le problème n’est pas alors tant au niveau des mères de deux enfants qu’il faudrait pousser à avoir un troisième enfant, notamment par des incitations financières, qu’au niveau des jeunes femmes qui n’ont pas encore d