lundi, 18 février 2008

arrêtons d'infantiliser les enfants et de prendre les victimes potentielles pour des inspecteurs des impôts

0)  "À quoi sert-il d’expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, est une page sombre de notre histoire et de  tolérer des contrôles fiscaux ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme ?"

(discours à l'université du MEDEF, 30 aout 2007)

 

1) Je suis d'accord avec Koz, vraiment, quand il écrit:

"Une fois prise sa verveine vespérale, la proposition de Nicolas Sarkozy doit-elle inspirer une telle véhémence ? Imaginons un instant que Jacques Chirac l’ait faite. Ou François Mitterrand. Aurait-on assisté à un tel déferlement ? Nous savons que, Alain Finkielkraut excepté, nos intellectuels se seraient à l’époque incliné devant la justesse de la proposition. Venant de Jacques Chirac, il est probable que nombreux se seraient contents d’y voir une connerie. Mais, avec Nicolas Sarkozy, c’est “abject”."

 

 Il s'agit bien-sûr de la proposition consistant à confier la mémoire d'un enfant déporté à un écolier de 10 ans.

Remettre les choses à leur place, la critique dans le registre qui lui sied, donnerait sans doute une plus grande légitimité à la critique. Mais bon, je trouve plus pertinent de dénoncer la nullité de nos gouvernants que celle de notre opposition. 

 

2) J'ai été définitivement convaincu de ce point (que je résume par "le Président dit des conneries plutot que des trucs abjects") en lisant l'interview d' Emmanuelle Mignon dans le JDD, dont on a essentiellement retenu le message d'appaisement consistant à "confier la mémoire" d'un enfant juif déporté à une classe plutot qu'à un seul enfant. Pourtant il faut lire toute l'interview pour en tirer toute la saveur. Ce passage me parait assez époustouflant:

"Pourtant, quand Simone Veil fait remarquer que c'est lourd à porter pour un enfant "de s'identifier à un enfant mort", n'a-t-elle pas raison?


C'est vrai. Mme Veil a raison. On va travailler avec la communauté éducative et avec tous ceux qui s'investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de faire. Si vous prenez Le Journal d'Anne Frank, des milliers d'enfants ont été marqués par cet écrit. Et c'est un journal qu'on lit quand on a 10 ans. Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence. Ces faits dramatiques ont eu lieu, ils ont touché des enfants très jeunes et, comme l'a dit Xavier Darcos, nous faisons confiance à la communauté éducative pour trouver les mots, la manière, les moyens d 'y sensibiliser les enfants. Le discours du Président était très clair : l'enjeu est d'éduquer la victime potentielle comme le citoyen responsable parce nous pouvons tous un jour être victimes d'actes de racisme et nous pouvons tous un jour en devenir les auteurs. La Seconde Guerre mondiale a montré que les choses pouvaient aller très vite dans un sens comme dans l'autre. C'est un enjeu de civilisation que de transmettre la mémoire et les leçons de ces événements. "

 

3) pour lire quelque chose d'intelligent sur cette question, je vous renvois à cette interview d'Alain Finkielkraut.

"Notre ami Paul Thibaud, président des Amitiés judéo-chrétiennes, est très remonté. Il souligne qu’on n’enseigne pas l’histoire comme ça. Et l’association Liberté pour l’Histoire estime, dans une pétition lancée ce samedi, que cette “injonction de mémoire substitue une démarche purement émotive à un apprentissage critique de l’histoire qui demeure le premier devoir des éducateurs”.


Peut-être. Le musée de l’Holocauste à Washington qui a bel et bien une visée pédagogique joue également sur ce registre, puisqu’à l’entrée, on vous remet la carte d’identité d’une victime. L’émotion et la pédagogie peuvent donc aller ensemble. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas qu’on mobilise les affects au détriment de l’intelligence, c’est le postulat selon lequel un enfant de 11 ans ne peut être sensible qu’à la souffrance d’un autre enfant de 11 ans. Cela voudrait-il dire qu’on a choisi de commémorer l’exécution de Guy Môquet dans les lycées et collèges parce qu’il avait 16 ans et qu’il faudrait attendre d’avoir l’âge de Pierre-Brossolette et de Jean Moulin pour prendre la mesure de leur héroïsme et de leur calvaire ? Non. L’école est un élargissement. On s’y délivre peu à peu de son temps et de son âge. Si je devais pour ma part parler de l’extermination devant des élèves, enfants ou adolescents, je commenterais l’une des innombrables photographies où l’on voit des soldats nazis entourer un vieux Juif et rire à gorge déployée pendant que l’un d’entre eux lui coupe la barbe ou les papillotes. Cette hilarité, cette brutalité, c’est la négation de l’humanité à l’œuvre. Et l’enfant, s’il y prête attention, s’identifiera au vieillard. Il comprendra de surcroît qu’il y a toutes sortes de rires et qu’il faut, pour accéder au rire de l’humour, se soustraire à l’obscénité fusionnelle du rire barbare. "

 

 4) mais là on questionne le fond de la mesure proposée, qui n'est pas abjecte, mais simplement bête.

Toute aussi bête est la façon de laisser entendre qu'être contre cette mesure, c'est ne pas vouloir que l'on enseigne la destruction des juifs d'Europe à nos enfants. C'est bête, mais c'est aussi insultant, et provocateur dans la volonté de diviser les Français.  

Il faut lire ou écouter tout le discours devant le CRIF, pour lire les simplifications rhétoriques qui confinent à l'absurde:

"Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence. Si les religions sont impuissantes à préserver les hommes de la haine et de la barbarie, le monde sans Dieu, que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir, ne s'est pas révélé tellement préférable".

 

(au passage, j'aime bien le "tellement"). Le communisme et le nazisme sont contre Dieu. Donc j'ai raison d'être pour la religion.

 

" 50 ans après que l’on a fait dire à Malraux que le XXIème siècle serait spirituel ou ne serait pas, 15 ans après que l’on a entendu François Mitterrand confesser croire aux forces de l’esprit, mesure-t-on la chape de plomb intellectuelle qui s’est abattue sur notre pays pour  s’offusquer qu’un Président en exercice puisse dire tout simplement que l’espérance religieuse  reste une question importante pour l’humanité, et que croire dans quelque chose vaut parfois mieux que croire que tout se vaut ?"

 

 Et oui le retour de la chappe de plomb qui veut empecher le président de parler d'espérance religieuse (il en est quand même à 4 discours d'une heure depuis fin décembre). Est-ce la même chappe qui l'empêche de s'exprimer devant le Parlement? Est-ce la même qui fait que la France est le seul pays où on ne parle pas de monnaie?

 Ce propos me fache surtout parce qu'il laisse entendre que l'on a le choix entre deux options seulement: la religion et l'absence de valeurs. Comment voulez-vous que cela ne suscite pas l'agressivité? Et s'il est de mon pouvoir d'abattre une chappe de plomb sur un propos qui laisse entendre que ne pas avoir de sentiment religieux c'est nécessairement être un soixante-huitard libidineux et nihiliste, alors oui, je le ferai!

 Bon.

Je crois que je suis mur pour un nouveau mois sans Sarko.

 

 

samedi, 16 février 2008

sexe, mensonges et SMS (ailleurs)

Un responsable politique envoit un SMS intime à quelqu'un qui n'est pas sa femme, qui est publié par la presse, puis cherche une solution en saisissant la justice? Ca ne peut se passer qu'aux Etats-Unis, et ça concerne le maire de Detroit, Kwame Kilpatrick.

Celui-ci entretient une relation avec sa dir cab (chacun est marié de son coté). Deux policiers municipaux qui avaient découvert l'affaire sont virés. Ils attaquent le  maire pour licenciement abusif. Le juge fait venir les deux tourteraux qui jurent qu'il n'y a rien entre eux (c'est un point décisif). Le tribunal accorde quand même 6 millions USD aux 2 licenciés. Le maire fait appel. Le juge faire saisir 14000 SMS échangés entre les 2 et le maire décide finalement de transiger pour plus de 8 millions USD . 

Un journal de Detroit publie quelque uns des SMS, croustillants et accablants.

Le maire s'est depuis excusé aupres des citoyens, mais cherche à faire juger devant la cour suprème du Michigan que l'ensemble des pièces ayant conduit à la transaction avec les policiers n'étaient pas des documents administratifs communicables.

Et oui, lorsque le maire saisi la justice, ce n'est pas pour faire condamner pénalement  le journal mais pour tenter d'établir que les informations diffusées étaient secretes et que le journal en cause n'aurait pas dû en avoir communication, commec'est le cas  en en faisant la simple demande en application du Freedon of information act. (cf le point de vue du journal sur la polémique).

Il est difficile de comparer cette situation avec une affaire française à laquelle elle a pu vous faire penser, notamment parce qu'il y a tout une dimension juridictionnelle préalable à l'affaire américaine qui n'existe pas dans son pendant français. Mais je reste assez étonné par la facilité avec laquelle un organe de presse américain peut obtenir en exerçant les voies de droit communes la communication de tels documents (qui sont donc par définition des vrais documents). 

26466163a829bd0403e0273f903d0770.png(illustration: amusante simultanéité et égale intensité des 2 buzz SMS)

lundi, 03 septembre 2007

le mois sans Sarko

Tiens, un éclair hier: et si je ne parlais pas de N. Sarkozy pendant un mois?

Il y a a à peu près 60 petites phrases par jour de président ("A quoi sert-il d'expliquer à nos enfants que Vichy, la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire, et de tolérer des contrôles fiscaux sur une dénonciation anonyme, ou des enquêtes sur une dénonciation anonyme?") ou de ses collaborateurs (C. Gueant hier: "Nous essayerons de faire en sorte que la croissance soit dopée et je peux vous dire que Nicolas Sarkozy ne se contentera pas d'une croissance de l'ordre de 2%") qui justifieraient un commentaire, une analyse ou un coup de gueule.

J'avais commencé une analyse de détail du discours au MEDEF. Comment, sur la forme, les impros de Sarko me font penser à Molière (usage de la négation en "ne ..point", dialogues rhétoriques, etc. cf. la première scène des fourberies de Scapin). Sur le fond, la question des marges arrières (Sarkozy a déjà demandé en 2004 un rapport à ce sujet), et douze autres points, mineurs et majeurs d'un discours intéressant.

Intéressant comme toujours avec Sarko.
Ca fait plus d'un an que je regarde et analyse des discours de Sarkozy.
Et là, boom, overdose. Donc le mois de septembre sera, sur ce blog, un mois sans Sarko. Et il y a pleins d'autres sujets intéressants sur lesquels écrire. J'espère bien le faire.

jeudi, 23 août 2007

Démago?

Juste une coincidence de lecture, dans les 2 derniers jours:

- "Moi, je regrette, un type qui vend à des millions d’exemplaires ça m’intéresse. Si je lis pas Marc Levy, si je regarde pas le Tour de France, je fais un autre métier." (N. Sarkozy à Y. Reza, qui lui reproche de prendre un pot avec un écrivain aussi mauvais que Marc Lévy).

-  "Many times the people I see criticizing him are, you know, sort of elite, effete snobs who can't hold a candle to this guy.  What they don't like about him is that he is common sense, that he is Middle America." (Souvent, les gens que je vois le critiquer sont, vous savez, des membres de l'élite, des snobs un peu veules qui  ne lui arrivent pas à la cheville. Ce qu'ils n'aiment pas chez lui, c'est son bon sens, c'est qu'il est l'Amérique moyenne. K. Rove, le Guaino américain, au sujet de G. Bush).

-  "Nous parlons la langue du peuple (...) il faut utiliser son langage, parler sa propre langue" (J. Goebbels, Kampf um Berlin 1932, cité dans LQR (bouquin un peu trop gaucho pour moi, cher D!))

Juste des coincidences de lecture, vous dis-je - sincèrement. Je ne suis pas en train de traiter Sarkozy de facho. Après tout, ce n'est pas parce que Le Pen dit que le soleil est jaune qu'il faut affirmer qu'il est bleu, non

Mais qu'est que la démagogie? Mal parler le Français en oubliant les doubles négations? Suivre le peuple plutot que le guider? Simplifier la politique à outrance? Le billet de Jules et la discussion contradictoire qui le prolonge et l'approfondit sont passionnants sur ce thème. 

 

mercredi, 25 juillet 2007

Raconter des histoires crédibles

1.) Je reste scotché par cette vision de la politique d'Henri Guaino, proche conseiller de N. Sarkozy:

"La politique, c’est écrire une histoire partagée par ceux qui la font et ceux à qui elle est destinée. On ne transforme pas un pays sans être capable d’écrire et de raconter une histoire."

Scotché, parce que cette dimension de la politique, comme storytelling, comme business du narrative,  est une conception de la politique qui me passionne, comme j'essaie de le montrer avec certains de mes billets les moins orthodoxes ("The best undercover identity is oneself with the volume turned up and restraint unplugged."). Je ne m'attendais simplement pas à ce que cette vision de la politique soit explicitée avec autant de candeur. 

J'ai envie de rapprocher cette idée de cette phrase borgésienne de P. Auster: "Les histoires n'arrivent qu'à ceux qui savent les raconter". Elle illustre bien le volontarisme sarkozyen: "si d'autres y avaient de bonnes idées,  z'avaient qu'à y aller!".

 Je la rapproche encore de cette formule de Chesterton (tirée semble-t-il du bien nommé "club des métiers bizarres"):

"La vérité doit forcément être plus étrange que la fiction car la fiction n'est qu'une création de l'esprit humain et, par conséquent, est à sa mesure."

Toute la difficulté surgit  évidemment lorsqu'on s'inscrit dans un projet Guainoien: si la réalité doit prendre la forme de la fiction, ceci requiert-il d'être plus crédible que d'habitude? Ou simplement ceci dispense-t-il de reflechir et permet de simplifier à l'excès la politique?

 2.) Le JT de France 2 comparait recemment N. Sarkozy à Jack Bauer.

 

2.1) Il y a en effet du Jack Bauer chez Sarkozy.  

Il y a ce refus de respecter les règles lorsqu'elles sont absurdes et contre productives.  Quand Jack Bauer a besoin de sortir un tournevis pour désamorcer une bombe nucléaire, il y a toujours un bureaucrate pour lui opposer l'absence de contreseing du bordereau d'utilisation Et que fait Bauer: il va à l'encontre du protocole (buvez un verre - règle 10). 

De la même façon, Sarkozy nous dit: quel sens y a-t-il à me dire que c'était Kouchner et pas Cécilia qui aurait dû y aller? Aucun. Le plus important, c'est le résultat. Et il a raison: la diplomatie doit être souple et  ne pas toujours passer par les voies officielles. On connait l'action de médiation de la communauté religieuse Sant'Egidio. Le fameux Joerg Haider, toujours gouverneur de Carinthie, a failli jouer le role de Cécilia, si l'on en croit la lettre du fils de Kadhafi qu'il a fait diffuser il y a 15 jours (la 2ème partie de la dépêche est en anglais)...

Je note aussi que Jack et Nico ont la  même manie d'utiliser des membres de leur famille (respectivement fille et femme) dans le cadre profesionnel.

2.2) Certains reprochent à la série 24 d'être trop simpliste.

Je trouve quand même que comparé à N. Sarkozy, l'exposé des dilemmes auxquels est confronté Bauer est plutot subtil: Chez Bauer, il y a toujours à mettre en balance le résultat et les moyens d'y parvenir, une interrogation sur les limites (morales, matérielles) de l'action.

Il n'en va pas ainsi chez Sarkozy: toute question sur le coût, les contreparties à la libération des infirmières est indécente. Seul le résultat compte. A n'importe quel prix.  

Prochaine mission: libérer  la prix nobel de la paix de Birmanie Aung San Suu Kyi. Si la junte birmane accepte de la laisser partir, on reconnait que ce régime militaire est légitime? 

vendredi, 08 juin 2007

Sarkozy à Heiligendamm: la diplomatie autrement?

Intéressante, la conférence de presse de N. Sarkozy du 7 juin dans le cadre du G8 de Heiligendamm. 

On sent le président un peu fatigué,  un (tout petit) peu largué par ces sujets bigger than life, bigger than France (« Que l’on assure la pérennisation des effets juridiques de la délibération, je me souvient plus … de  la résolution 12…44 ou 54, 1244 pour donner un mandat aux soldats. »). Dans son compte rendu de l'entretien avec Poutine, il y a beaucoup moins de bravade et de coups de menton que devant une audience domestique. Reality check.

Il prend les choses avec beaucoup de sérieux, une volonté d'apprendre mais il n'a visiblement jamais entendu parlé de la capitale du Kosovo, qu'il s'obstine à appeler "Prichina". (ce n'est pourtant pas difficile: dites: Priche; dites Tina; dites Prichtina). Il a parlé avec Poutine de "tous les sujets : la Tchétchénie, la journaliste, les droits de l'homme, les droits des homosexuels". Et oui, la journaliste, là, celle qui a un nom russe.

Tout cela se sont des détails. Plus intéressant:  une volonté de dépasser le langage et la méthode diplomatique, qui a quelque chose de revigorant (une forme de fraicheur) et quelque chose d'inquiétant (une forme de naïveté).   

L'exemple le plus frappant: l'affaire du bouclier anti-missile. Visiblement, ses conseillers diplomatiques l'ont briefé avec beaucoup de fermeté, afin que le président fasse profil bas sur ce sujet sensible, en disant que c'est une affaire entre l'OTAN et la Russie. C'est d'ailleurs ce qu'il commence à répondre, quand on lui pose la question:

"Il y a débat là-dessus. D'abord, il y a un cadre qui est le cadre OTAN-RUSSIE, puisqu'on est quand même dans le cadre de décisions qui ont été prises par les Etats-Unis avec la Pologne et la Tchéquie, dans le cadre de l'OTAN. Le cadre naturel est donc le cadre OTAN-RUSSIE."

 

Et puis Sarkozy craque, il n'a pas envie d'en rester là: 

"Mais si je veux être totalement honnête intellectuellement, la facilité pour moi serait de dire que c'est une affaire bilatérale. Dans un premier temps, c'est une affaire entre les Etats-Unis et les Russes, mais ce n'est pas satisfaisant. Dans un deuxième temps, je pourrais même dire, c'est une affaire OTAN-RUSSIE. C'est d'ailleurs ce que nous conseille la diplomatie. Mais si j'ai le droit de m'octroyer une part de liberté, une toute petite, c'est aussi un problème européen. Parce que, quand même, deux pays européens ont pris une décision et c'était leur droit. Il faut aussi comprendre leur histoire et les souvenirs de l'histoire. Mais ce n'est jamais satisfaisant quand l'Europe n'est pas unie. A partir du moment où le Président POUTINE m'a donné, en détail, les éléments de sa proposition par l'intermédiaire de l'AZERBAÏDJAN et de la station radar qui s'y trouve et si la France veut jouer un rôle pour rassembler les énergies, pour apaiser les tensions, pour être un pont, pour être un facteur d'unité de paix, et pour éviter qu'il y ait des malentendus, pour éviter de revenir à une période dont nous ne voulons plus -la période de la guerre froide- je ne vois vraiment pas pourquoi je n'aurais pas saisi cette occasion pour proposer de comprendre la proposition de Monsieur POUTINE.

Je ne suis pas un spécialiste des affaires d'armement, et donc voilà, Monsieur VERNET, je crois que j'ai été très franc et je me suis autorisé une liberté. J'espère donc que la diplomatie française ne m'en voudra pas. Mais je pense que l'on a toujours intérêt à être franc, je pense que l'on a toujours intérêt à être direct. Je n'ai voulu donner de leçons à personne, je n'ai voulu être arrogant avec personne. J'ai essayé de comprendre, mais je veux que dans cet effort de compréhension, les autres comprennent aussi pour nous.

Je pense que ce n'est pas parce que c'est de l'international, ce n'est pas parce que c'est de la diplomatie que cela doit être abscons pour l'ensemble des gens qui écoutent, qui regardent et qui se demandent ce que l'on fait, de quoi on parle, ce qui se passe. Peut-être qu'en se parlant franchement, on peut trouver des solutions plus rapidement qu'en faisant tellement de contours, en utilisant tellement de codes qu'à la fin on se quitte, chacun étant sûr d'avoir écouté ou entendu quelque chose de différent. "
 

On voit bien dans cet extrait les deux éléments que j'indiquais plus:

- une forme de naïveté sur la conduite des relations internationales: et si tout le monde était gentil, se parlait franchement, est-ce que ça ne se passerait pas mieux, hein?

- et une fraicheur, une volonté de sortir de la chape de plomb diplomatique, dont les mots choisis par Sarkozy témoignent de la lourdeur: " si j'ai le droit de m'octroyer une part de liberté, une toute petite" (par rapport à la diplomatie française); "je crois que j'ai été très franc et je me suis autorisé une liberté. J'espère donc que la diplomatie française ne m'en voudra pas".

samedi, 02 juin 2007

Le jogging est-il de droite? (le business du narrative)

Cette question ferait un bon sujet de colloque à l'assemblée nationale, mais elle ne m'intéresse pas vraiment.

Dans son comptage des blogs de gauche qui conchient le  jogging sous prétexte de critiquer Nicolas Sarkozy (à moins que ce ne soit le contraire), Jules de What's next passe avec candeur ("si on vous écoutait, on est en dictature) sur un aspect souligné à juste titre par G. Birenbaum, à savoir que la mise en scène de la vie privée est une façon de passer à coté de l'essentiel.

Les médias, c'est du show. Je suis même prêt à accepter l'idée que l'information c'est du show. J'aime assez cette formule de Reuven Frank (mutatis mutandis l'équivalent pour NBC de Arlette Chabot pour France 2, il y a trente ans) en 1963:

“Every news story should, without sacrifice of probity or responsibility, display the attributes of fiction, of drama. It should have structure and conflict, problem and denouement, rising and falling action, a beginning, a middle, and an end. These are not only the essentials of drama; they are the essentials of narrative. We are in the business of narrative because we are in the business of communication."

Mais la formule indique bien que si l'on raconte une histoire quand on fait de l'info, c'est sans sacrifier la probité et la responsabilité.

Sans ça, on entre dans les "tyrannies de l'intimité", pour reprendre le titre français d'un ouvrage du sociologue Richard Sennett, cité par R. Debray dans "l'Etat séducteur":

"le refus de la vie impersonnelle est un facteur d'effritement, sinon d'effondrement de la res publica (...). C'est un fait que les tyrannies de l'intimité n'ont jamais fait du bien aux libertés civiques, ni à la vertu de responsabilité. Le sociologue Richard Sennett a décrit les effets sur la société américaine de la 'séduction incivile' ou du 'charisme sécularisé', propre à tous ceux qui veulent établir avec leurs concitoyens une 'relation immédiate qui cache le contenu de leurs actes et leurs conséquences futures'. L'idolâtrie intimiste a l'avantage d'escamoter les réalités désagréables mais l'exhibition des personnalités joue clairement, dit-il, en faveur du conservatisme 'en empêchant les gens de réfléchir à ce qu'ils pourraient obtenir ou changer socialement".  

 

La formulation est peut-être un peu datée, mais le propos ne me parait pas négligeable: si l'actualité a besoin de prendre la forme de la fiction, le risque n'est-il pas que la fiction de l'intimité prenne le pas sur l'information?

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jeudi, 24 mai 2007

Travailler pareil pour gagner plus?

1°) Les Echos nous proposent plusieurs articles de qualité sur ce sujet qui intéresse tous les Français qui ont un peu d'argent: la ristourne Sarkozy des intérêts d'emprunt d'achat immobilier.

Un article retrace l'historique du traitement fiscal des intérêts (à replacer dans le contexte de la forte inflation qu'à connu la France jusque dans les années 80).

Un autre élabore des simulations à partir des annonces de ce jour, qui limitent le crédit d'impôt aux acquisitions postérieures au 6 mai 2007 - en contradiction avec LA promesse électorale qui m'incitait à voter pour Sarkozy - passons!

L'aspect qui m'intéresse est le suivant:

"pour les ménages à revenus modestes, qui gagnent environ deux SMIC, les intérêts d'emprunt pour l'achat de leur logement sont en moyenne de 3.500 euros par an. Avec les nouvelles dispositions, ils pourront déduire 700 euros de leurs impôts.

pour les ménages à revenus moyens, entre deux et cinq SMIC, qui payent autour de 6.300 euros d'intérêts par an, la réduction sera de 1.260 euros.

pour les ménages les plus aisés, autour de cinq SMIC et plus, sur la base d'intérêts d'emprunt d'environ 10.200 euros par an, ils pourront déduire 2.000 euros."

 

700 euros, 1260 ou 2000 euros par an, c'est toujours çà de pris. Mais qui va être incité,  avec de telles ristournes, à devenir acquéreur d'un bien qui coute 80000, 200000 ou 500000 euros? Personne. C'est ce qu'on appelle un effet d'aubaine. Enfin pas une aubaine pour le budget de l'Etat, ça va couter un fric monstre.

 

2°) autre exemple du "travailler pareil pour gagner plus"?

Certaines entreprises (les plus petites) n'ont pas été obligé de passer à 35h. Elles sont donc resté à 39h. Si une usine à gaz n'est pas mise en place, le principe selon lequel les heures travaillées  au dela de la durée légale du temps de travail (qui est de 35 h pour toutes les entreprises, petites ou grandes)  sont exonérées d'impôts, s'appliquera  aux  salariés déjà à 39h.  Ils travaillaient 39h avant. Ils continuent à  travailler 39h. Ils travaillent pareil. Mais ils gagneront plus en ne déclarant pas 4h par semaine. Franchement, la loi qui adoptera un tel dispositif mériterait de s'appeler Aubry III...

 

3°) des petits détails tout cela, des querelles idéologiques?  Pas vraiment, comme le note E. Israelewicz sur son blog (hébergé aussi par les Echos...)

"La stratégie économique présentée par Eric Woerth est assez proche finalement de celle de (...) Ségolène Royal. Relancer la croissance d’abord, éponger le déficit ensuite. C’était aussi, grosso modo, ce qu’elle promettait. C’est d’ailleurs ce que font depuis vingt cinq ans, comme l’avait dénoncé le rapport Pébereau, les gouvernements quand ils arrivent, tous les gouvernements, avec les effets, catastrophiques, que l’on sait, sur la dette publique. Alors, bien sûr, il y a une différence. Cette relance de la croissance, les socialistes voulaient la provoquer en dépensant plus, l’équipe Fillon compte, elle, sur des réductions massives d’impôt, dès cet été, sur un choc fiscal donc !

Pas facile de comparer cette stratégie à ce qu’a fait, avec succès, l’Allemagne depuis deux ans. La coalition allemande a elle aussi procédé en deux temps, c’est vrai. D’abord les cadeaux, ensuite les efforts. Le gouvernement Fillon suit le même sillon. D’abord les cadeaux : ce sont les baisses d’impôts. Des milliards en moins dans les caisses de l’Etat. Difficile de réduire alors le déficit. D’où la pause. Tout cela, c’est un investissement, le prix de la relance, dit le ministre. On fera des économies ensuite. Avec la réforme de l’Etat, la réduction de ses effectifs, les économies sur la santé, d’autres encore. L’équipe d’Angela Merkel a d’abord augmenté les dépenses, elle a ensuite augmenté les impôts, la TVA notamment. Ici, le gouvernement baisse tout, les impôts d’abord, les dépenses ensuite. Le problème, c’est qu’augmenter la TVA, c’est facile : une loi y suffit. Ca rapporte gros : les recettes fiscales sont immédiates. Réduire le nombre de fonctionnaires, c’est beaucoup moins facile. Il faut négocier. Il y a des risques de blocage. Les économies sont lentes à se faire sentir. Les baisses d’impôts, on les a, ça, c’est facile, c’est sûr. Les réductions de dépenses, ça l’est moins."

mardi, 15 mai 2007

la plus belle ouverture à froid?

Une "ouverture à froid" (cold open) désigne la technique, dans un film ou une série télé, consistant à faire démarrer l'histoire dès l'ouverture du show, sans la faire précéder du générique du début.  Les James Bond sont réputés pour leurs cold open.

 

C'est ce qu'à réalisé Nicolas Sarkozy de façon magistrale: depuis son élection, on a vu défiler plusieurs séquences plus surprenantes les unes que les autres, et scotché sur son siège, on se rend compte enfin que le générique de début n'aura lieu que demain,  16 mai, avec la passation de pouvoir entre les 2 présidents. C'est la force des cold open réussis: on est tout de suite dans l'action, avant de se rendre compte (deuxième temps du plaisir) que rien n'a commencé.

Nous avons eu la séquence berlusconienne, avec le Fouquet's, le jet et la croisière maltaise: entre "l'amour du risque" et "miami vice", l'impression de revoir une série de mauvais goût des années 80, avec une audace renouvelée, un contraste avec la retraite mystique annoncée scandaleux (pour le citoyen), et donc réjouissant (pour le spectateur).

Tout de suite après, la vrai surprise. L'ouverture au centre, à gauche, le contraire de la campagne droitière qui l'a conduit au pouvoir. "Révélation quasi mystique, numéro de transformisme, numéro de séduction, effet tactique qui tente de séduire la gauche après avoir séduit le FN,  rassemblement purement ‘’cinématographique’’, perversité, authenticité, on se perd déjà en conjectures." comme l'écrit Petit jardin (qui a fait la même association d'idée que moi, un peu plus vite).

On imagine de belles scènes où les bad guys sont punis (scènes jouissives pour le téléspectateur de retournement de situation, après avoir subi, maso, l'ascension de ces personnages, en ayant le sentiment dégouté qu'ils allaient triompher (Morano, Hortefeux, Devedjian, mais aussi le traitre, intégrale, ténébreux, énigmatique: Besson...).

Sarko calculateur ou  rassembleur?

On se prend à rêver d'une improbable saison 8 de West Wing, où un président de droite serait le digne successeur de Bartlet. Et cet espoir me parait plus sérieux aujourd'hui que lors des 2 élections de Chirac.

Et si Sarkozy faisait un bon président? Toute la saveur de la série qui se prépare tient dans l'ambigüité du personnage, capable du meilleur comme du pire. Deviens qui tu es. Let Bartlet be Bartlet.

et puis il y a bien-sur Cecilia, qui vaut bien Abigail Bartlet, entre Desparate Housewife et Hedda Gabler. Il y a plusieurs épisodes incroyables à son sujet, je n'y insiste pas. 

Mais encore une fois, le générique de début n'est pas encore lancé. Extraordinaire ouverture à froid, mais l'épisode sera-t-il à la hauteur? le "prégénérique" est souvent ce qu'il y a de meilleur dans les James Bond... Et puis il y a des séries qui perdent toute consistance très vite. Le discours d'adieux de Chirac ce soir me fait penser à la saison 4 d'Alias. 

 

Deux conceptions, deux narratives de la présidence Sarkozy se concurrenceront logiquement: le mystère et la mystification. Une série clivante comme Lost.

Créées par un couple de professeurs gauchistes, les De Groot, et un magnat de l'industrie, Alvar Hanso, les stations Dharma sont un élément central dans Lost.  Deux interprétations de la Dharma initiative sont possibles  : "œuvre de salut collectif ou gigantesque manipulation du spectateur". Dharma signifie la loi en Sanskrit.

 

 

mardi, 24 avril 2007

Sarkozy à Rouen: comique de répétition?

Je viens de regarder le discours de Sarkozy à Rouen. (visible ici)

Et très honnêtement, à part quelques facilités de langage, on se marre bien, cet homme est un acteur né. Je partage le point de vue de Philippe Candeloro (une référence): les discours de Sarko c'est super, ça dure une heure et on s'emmerde pas. (et corolairement, il est difficile de s'accrocher à un discours de Ségolène Royal...)

Ses discours sont construits un peu comme la Cité de la Peur, la trame générale étant prétexte à une série de sketchs.

On retrouve plusieurs gimmicks déjà entendu dans d'autres discours, ce qui n'est pas en soi choquant: quand on a une bonne histoire, on la répète, c'est même en soi une source de comique

En voici quelques uns qui m'ont marqué:

1°)  l'énarque bête devenu savant. Le discours de Rouen reprend la parabole qu'il avait esquissé à Issy les Moulinaux le 18 avril quasiment mot pour mot.

C'est l'histoire de la crise d'Alstom (un sujet de poilade un peu facile, mais, bon..):  (46'56) 

 "Un de mes collaborateurs avait fait une note parfaite, deux jours après mon arrivée au ministère des Finances. Cette note était impeccable, rien ne dépassait, tout était logique et implacable, c’était fini, fichu, foutu.

J’ai fait venir ce jeune conseiller, brillant, qui avait fait toutes les écoles, il avait été premier partout, sauf où il avait été deuxième, il avait dû avoir soit un chagrin d’amour soit une grave maladie,  c’est la même chose, manque de concentration !

Je lui ai dit que sa note était remarquable, il m’a cru, il rougit de plaisir, je lui ai alors demandé de refaire la même note en pensant que dans les 25 000 employés d’Alstom, il y avait son père, pour voir si, à ce moment-là, il traiterait Alstom de la même façon"

Et évidemment, le brillant énarque (ou polytechnicien, l'histoire ne le dit pas) réécrit la note, et Sarkozy sauve Alstom. Je m'étonne qu'une telle expérience n'est pas suscité un projet de réforme de l'enseignement à l'ENA: il suffit d'imaginer que son père est concerné par le cas d'étude pour pondre une super note...

Notons que l'histoire perd de sa saveur à l'écrit. Il faut vraiment voir Sarko, quand il fait sa petite incidente qui ne sert à rien pour le débat d'idée, consacrée à la peine de coeur de crane d'oeuf. [que veut-il vraiment nous dire par ce détour? que s'il a été lui-même deuxième c'est parce que, etc...?]. 

 

2°)  le malade qui emprunte. C'est une histoire entendue souvent, qui a fait l'objet d'un billet ici. Dans le discours de Saint-Quentin,  prononcé le 25 janvier 2007, l'histoire avait une tonalité grave:

« On n’est pas libre quand on n’a pas le droit d’emprunter lorsqu’on a été malade. (…) Je souhaite que le malade bénéficie d’une caution publique pour qu’il soit libre, comme tout le monde, d’emprunter pour acheter sa maison. »

A Rouen, le thème est le même, mais encore une fois, il faut voir le sketch auquel se livre Sarko, ces intonations, ses mimiques, ses effets. (54'20)

Il nous décrit le pauvre malade : "c'est quand même curieux que quand on va chez le banquier, il faille passer chez le médecin! (rires) on vous examine sous toutes les coutures, on va finir par croire qu'on vous aime... (rires)". "Alors si vous êtes jeune, en bonne santé et avec un emploi, vous pouvez emprunter. (pause) Mais on vous trouve une maladie... (imitant le banquier chafoin) et en plus vous demandez un emprunt!". "vous êtes convoqué dans  le petit bureau et on vous dit 'ça va s'arranger". "juste un détail  (pause). Ca va être plus cher pour vous! (redevenant Sarkozy) Eh bien ça, je ne l'accepterai jamais!!  (ovation dans la salle)".

Ce qui est le plus inouï, comme je le relevais dans le billet précité, un tel dispositif a déjà été mis en oeuvre par la loi n° 2007-131 du 31 janvier 2007 relative à l'accès au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé. Mais bon, l'histoire est belle, et elle est bien racontée.


3°) dernière blague: vous reprendrez bien des 35 heures? (59'20)

 "Vous avez aimé les 35 heures de M. Jospin? (sifflets dans la salle)

Alors vous allez adorer les 35 heures de Mme Royal! (sifflets encore plus fort) Non, ne sifflez pas, c'est une idée merveilleuse les 35 heures. (stupeur amusée dans la salle) C'est la seule idée qu'on a pas besoin de breveter pour la protéger: personne ne vous la pique! (rires)".

Mais Nicolas a peut-être raté son effet comique: le plus drôle c'est qu'avec sa proposition d'heures supplémentaires exonérées au delà des 35 heures, le budget de l'Etat paiera deux fois: pour les allègements de charges liées aux 35 heures et pour les exonérations de charges liées au retour tortueux aux 39 heures! 

Et redevenons sérieux juste quelques instants autour de cette question des charges, en rappelant 2 principes trop souvent oubliés: certes, il est pertinent de baisser les charges sur les bas salaires, afin de baisser le coût du travail des moins qualifiés et de leur permettre de trouver un emploi. Mais, a) les charges sociales ne sont pas là que pour faire suer les patrons et les salariés: elles servent à financer la sécurité sociale; b) il existe un principe  inscrit dans la loi organique (article LO 111-4 du code de la sécurité sociale) de compensation intégrale des allègements de charge: autrement dit, en principe toute baisse de charge doit être financé par un transfert du budget de l'Etat à la sécu. Seule la loi de financement de la sécu peut y déroger, mais alors on retombe dans le a).

En disant cela, j'ai bien conscience de retomber dans le sketch de l'énarque bête. Mais je n'arrive pas à trouver une meilleur solution en imaginer que c'est mon père qui est chargé de boucher le trou de la sécu. 

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