mardi, 27 juin 2006

Pourquoi je ne participerai pas à la République des blogs.

République des blogs - 28 juin


Je revais de ce titre grandeloquent, qui sonne comme une porte qui claque: "pourquoi je ne participerai pas à la République des blogs".

Je rêvais de pouvoir affirmer que Le président de la République avait  mis tout le monde d'accord après son allocution interlocutoire et que la vacuité du blogging politique était consommée.

Je rêvais que Chirac remercie Villepin, ne serait-ce que pour nous épargner la vue de Georges Tron dans les talk-shows de la TNT.

Il n'aura échappé à personne qu'il n'en est rien. 

J'ai donc une excuse beaucoup plus prosaique pour ne pas venir à cette réunion qui m'intriguait et m'enthousiasmait : j'ai une obligation professionnelle.
Oui, c'est moins grandiose.

 PS: allez, juste pour la route, un lapsus du Président:


ARLETTE CHABOT - Vous renouvelez votre confiance au Premier ministre.

LE PRESIDENT – Oui. En tous les cas, ce n'est pas l'idée que je me fais de la responsabilité du chef de l'Etat lorsque, notamment dans le quinquennat, nous devons poursuivre notre action jusqu'à son terme. Ensuite, les Français jugeront au terme de la campagne électorale.

 

vendredi, 12 mai 2006

La République, c'est la loi?

allocution "exceptionnelle" du président de la République à la sortie du Conseil des ministres (que l'on a pu voir il y a quelques jours s'exprimer avec le sérieux et la gravité qu'implique sa fonction sur la TNT, surréaliste...): "La République, ce n'est pas la dictature de la rumeur, la dictature de la calomnie. La République, c'est la loi. La justice est saisie. Elle doit faire son travail : établir les faits, tous les faits et dire le droit. Je souhaite qu'elle le fasse dans la sérénité et le plus rapidement possible. La démocratie, ce n'est pas l'irrespect et l'exploitation jusqu'à l'outrage de procédures judiciaires en cours, au risque de faire le lit des extrémismes et de désespérer les Français de la politique." La République c'est la loi: je ne suis pas d'accord. La République c'est la vertu, c'est la morale. Le petit jeu auquel nous jouons collectivement, qui voudrait que seuls des faits qualifiés pénalement, et seule une condamnation définitive peuve justifier l'opprobre sur une personnalité politique est profondément dangereux. "c'est dans le silence des lois que naissent les grandes actions" écrivait Sade. La juridiciarisation, c'est la deresponsabilisation du corps social. JE ne peux m'empêcher de penser que c'est cela qui "désespère les Français de la politique". De même que le juge administratif (ou le juge judiciaire) n'exige pas qu'une sanction professionnelle et une sanction pénale reposent sur les mêmes faits, une idée raisonnable de la moralité publique exige une responsabilité politique qui ne repose pas sur le seul travail des juges. Après tout, le mensonge politique n'est pas une incrimination pénale en soi. Et ce devrait être un motif de sanction politique. On sait qu'il n'en est rien en France, et que nous sommes un cas isolé. S'il fallait en avoir des preuves tirées de la comparaison internationale, l'article de John Vinocur dans le Figaro d'hier merite d'être lu. Il faudra y revenir