lundi, 12 mars 2007
Chirac: un bilan?
Après le discours d'adieux et d'amour de J. Chirac, on peut s'attendre à un "news cycle" consacré à célébrer l'amour du pays pour celui qui a dirigé le pays pendant 12 ans. Cela ressemble un peu à une nécrologie: ce n'est pas le moment de critiquer celui qui part. Rien de vraiment choquant.
On est donc loin du climat d'il y a neuf mois, quand le Monde du 24 juin 2006 titrait (payant) "Chirac l'absent":
"Une glace sans tain. Derrière, Claude Chirac, effondrée. Ce qu'elle entend et ce qu'elle voit la rend malade. De l'autre côté du miroir, un panel de Français, une dizaine de personnes qui s'expriment, selon les techniques sophistiquées du sondage qualitatif, sur Jacques Chirac. Il y aura cinq séances, à Paris et en province, durant les mois de mars et d'avril. Aussi épouvantables les unes que les autres. La fille du président n'en est pas à sa première expérience de ce type, toujours rude. Elle a même fait un certain nombre de "qualis", en onze années d'Elysée. Mais, cette fois, les critiques dépassent en dureté tout ce qu'elle a pu entendre. Les yeux dans les yeux, elle fait jurer à la petite équipe qui travaille sur cette enquête de garder le secret."
En substance: les Français ne retiennent RIEN des 12 ans de J. Chirac...
Etant dans une humeur à faire des listes, je vous propose les 5 choses que je retiendrai de ces présidences. Ne surévaluons pas la valeur de l'exercice:il est bien évident que ce que je considère comme à retenir aujourd'hui sera peut-être écrasé demain par autre chose. 5 items sans hiérarchie:
1°) le discours du Vel d'Hiv, même si en réalité c'est la position défendue par les prédécesseurs de Chirac qui devenait de moins en moins lisible, 50 ans après le drame.
2°) la singularité de chacune de ses victoires présidentielles: en 95 il l'emporte contre toute attente et contre l'essentiel de la droite, en 2002... ben vous vous vous souvenez de 2002.
3°) sa capacité à se tirer des balles dans le pied: Le plantage de l'année 95 - remaniement en aout, plan Juppé en décembre, la dissolution de 1997, le référendum de 2005 (et il y aurait à dire sur le track record européen de Chirac...)
4°) celui qui a dit non à la guerre en Irak en 2003 . J'avoue une faiblesse pour la thèse de Sarkozy : on avait raison sur le fond, mais a-t-on gagner quelque chose au plan international (en politique intérieure c'est évident) en cherchant à humilier les US dans cette crise?
5°) le révélateur et le tremplin de Sarkozy. Regardez la côte de popularité de N. Sarkozy chez TNS-Sofres depuis 1993: c'est en mai 2002 ("heureusement qu'on vous a") qu'il décolle, pour ne (jamais?) plus redescendre.

Edit: damm it! plus de place pour un sixième item: une certaine idée chiraquienne du rôle présidentiel de gardien constitutionnel de l'indépendance de l'autorité judiciaire...
07:40 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Chirac, bilan, sarkozy, amour, Juppé



