mercredi, 04 avril 2007
Présidentielles: une question de méthode?
1.) "Après avoir rencontré des militants écologistes, Nicolas Sarkozy s'est engagé à mettre en place "un Grenelle de l'environnement". Quelques jours plus tôt, après avoir obtenu le ralliement de Jean-Louis Borloo, il annonçait "un plan Marshall pour l'emploi". Pourquoi pas demain un Yalta sur les retraites, un Camp David pour les SDF ou un Vatican II des musulmans de France ?" (Robert Solé dans le Monde)
2.) Ségolène Royal annonce « Si je suis élue, le débat sur l’avenir énergétique de la France sera immédiatement ouvert. » car « A si peu de temps du premier tour de l’élection présidentielle, je pense qu’il faut remettre à plat le dossier ». Elle propose aussi un moratoire sur les OGM en plein champ. Selon Eric Besson (ce billet est humoristique): "à chaque fois que la candidate ne sait pas trancher, elle s’est prononcée pour un moratoire » Il propose donc un moratoire sur les moratoires, ce à quoi Koz ajoute "On pourrait agrémenter, en fait, ce moratoire sur les moratoires, d’un moratoire sur les débats, si ce n’est d’un débat sur les moratoires."
3.) François Bayrou propose de supprimer l'ENA pour la remplacer par une école des services publics qui formerait les haut-fonctionnaires. Il propose de supprimer le Conseil d'Etat pour le remplacer par une juridiction suprême de l'ordre administratif chargé notamment d'examiner les pourvois en cassation contre les arrêts des cours administratives d'appel.
Autres suggestions:
-supprimer le Sénat et le remplacer par une chambre haute du parlement qui représenterait les élus locaux;
- supprimer le président de la République et le remplacer par un chef de l'Etat qui veille au respect de la Constitution, qui assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat, qui est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.
08:57 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ségolène, bayrou
dimanche, 01 avril 2007
Bayrou aurait-il une ESP?
Ce serait le meilleur poisson d'avril de l'année si ce n'était pas triste: F. Bayrou veut "supprimer l'ENA symbole du verrouillage actuel de la société française".
Jusque là, pourquoi pas.
Mais en réalité, sa "réforme en profondeur de l'Etat" consiste seulement en "la suppression de l'Ena et son remplacement par une école de haut niveau, une Ecole des services publics".
Au fond, la discussion me parait ouverte sur chacun des leviers de la sélection des haut-fonctionnaires: concours d'entrée, formation initiale, formation continue, corps de sortie (suppression des grands corps...), recrutement contractuel...
Les buts de l'école n'ont pas changé depuis l'ordonnance n°45-2283 du 9 octobre 1945:
« apprendre le sens de l’Etat », «comprendre les responsabilités de l’Administration », « faire goûter les grandeurs et accepter les servitudes du métier », « donner à ses élèves le goût de quelques qualités maîtresses : le sens de l’humain qui infuse la vie à tout travail, le sens de la décision qui permet, après avoir pesé le risque, de la prendre, le sens de l’imagination qui ne craint aucune audace, aucune grandeur », "développer en eux le sentiment des hauts devoirs que la fonction publique entraîne et les moyens de les bien remplir".
La difficulté, c'est de mettre en oeuvre ces grands principes.
Mais Bayrou propose juste un nouveau nom, pour une école qui ne serait pas "dirigé vers des hautes responsabilités dans les entreprises privées", ce qui n'est pas le cas de l'ENA actuelle, au dela de quelques exemples anecdotiques par rapport aux 4500 énarques en fonction, qui doivent représenter moins de la moitié des hauts-fonctionnaires civils.
La formule de Jaurès "quand on ne peut pas changer les choses, on change les mots" est décidemment une des clés d'interprétation de la campagne actuelle. Et si la grande réforme de l'Etat de Bayrou commence par une pareille mesurette, ça promet...
On supprime l'ENA, on crée l'ESP. En anglais, c'est le sigle pour extra-sensory perception, un phénomène paranormal parfois appelé 6ème sens. Ca me rappelle un hit disco de 1976: "My baby's got ESP" chanté par four below zero.
23:25 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ENA, bayrou, ESP, énarques
jeudi, 29 mars 2007
le drapeau et la gauche: y-a-t'il de quoi pavoisier?
billet un peu décousu. A la fin je verouille mon vote.
1°) article 2 deuxième alinéa de la constitution: "L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge."
article 5 "Le Président de la République veille au respect de la Constitution."
2°) La page 2 du canard enchainé est appelée La mare aux canards. Il y a toujours un encadré en haut à gauche, qui est la mare emblématique de la semaine (il y est fait référence en une). Emblématique et en générale vacharde, occasion de montrer la discrépance entre les propos publics des politiques et leurs propos privés.
L'encadré de la semaine ne me semble pas correspondre à cette ligne éditoriale.
Il est intitulé "quand Ségo hisse les couleurs", et reprend des propos à son équipe de la candidate socialiste: "Il fallait répondre à Sarkozy qui a stoppé sa chute dans les sondages avec son ministère de l'immigration et de l'identité nationale"; "Dans l'électorat populaire, çà marche. On ne peut pas défendre uniquement les sans-papiers. Je veux être capable de défendre à la fois l'identité nationale et la France métissée". "Celui qui a le plus réconcilié le socialisme et la République, c'est Jaurès. Le patriotisme appartient à la France, pas à la droite. La gauche doit assumer l'identité nationale. Je ne suis pas adepte de la gauche naïve, soixante-huitarde et bien-pensante, qui a mauvaise conscience et qui culpabilise quand il s'agit de mettre en avant les valeurs républicaines de la France. Ce fut une erreur pour toute une fraction de la gauche d'abandonner cette thématique. D'ailleurs Mitterand parlait bien de la patrie et cela ne choquait personne."
Je ne trouve pas cet encadré très vachard.
Il montre qu'il y a une gauche archaique, hémi-cosmopolite (favorable à l'ouverture des frontières pour accueillir tous les étrangers, mais farouchement nationaliste et anti-européenne sur le plan économique), détestant la nation (parce que c'est l'Etat, parce que c'est le pouvoir, parce que c'est l'autorité, parce que c'est mal) mais profondément favorable à l'assistanat.
Il montre aussi la volonté de S. Royal de dépasser ce carcan. Ca me rappelle la phrase de Rocard (toute la phrase): "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part".
J'y vois, malgré tous les défauts de la candidate un signe, parmi d'autres, d'un espoir d'évolution du PS. Espoir fragile, mais beaucoup plus palpable que l'effet hypothétique d'un vote Bayrou. C'est pour moi une confirmation de mon choix pour le 22 avril.
Je n'ai jamais vraiment songé à voter pour un petit candidat, non plus que pour Sarkozy (ce n'est pas la même chose), en gros pour les mêmes raisons que Verel.
Bayrou, pour secouer le cocotier ET éviter Sarkozy? Une hypothèse que j'ai envisagé, longuement. Le premier déclic, que beaucoup ont du faire depuis quelques semaines, a été de sortir de la chape de plomb des sondages: nous faire croire que le vote utile c'était le vote Bayrou. Utile à quoi.
Depuis deux semaines, je suis sur de mon choix, et je dors mieux la nuit!
18:25 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bayrou, ségolène, drapeau
jeudi, 08 mars 2007
Faut-il une bonne raison pour voter pour un candidat? (si oui, laquelle?)
Retranscription d'une courte réflexion sur le thème:
si je devais pointer une seule bonne raison de voter pour chaque candidat à la présidentielle, laquelle serait-elle?
Comme je n'envisage aujourd'hui, même pour le plaisir de la conversation, que de voter pour un gros candidat, voici donc mes réponses pour "les 3 candidats" :
- une bonne raison pour Ségolène Royal: J'ai toujours voté à gauche, fondamentalement parce que je crois que la politique a un rôle à jouer dans la justice sociale et que la gauche incarne le mieux cet objectif. Ne pas voter à gauche me donnerai l'impression de prendre un sacré coup de vieux. (on pourrait croire que ma réponse cherche à tricher en donnant deux "bonnes raisons", mais à la réflexion je ne le crois pas)
- une bonne raison pour Nicolas Sarkozy: grace à sa proposition phare consistant à permettre la déduction du revenu imposable des intérêts d'emprunts immobilier, je rembourserai mon appartement beaucoup plus vite et/ou j'aurai un revenu disponible beaucoup plus important, que j'utiliserai notamment pour emmener ma famille en voyage à l'étranger. (Vous comprendrez que cette motivation, sincère chez moi, heurte frontalement la pétition de principe que j'exposais dans le premier item...)
- une bonne raison de voter François Bayrou: provoquer une recomposition de l'échiquier politique, en forçant en particulier le PS à faire son Bad-Godesberg (abandon du marxisme et adoption de la social-démocratie) ou plus probablement son second congrès de Tours (les marxistes avec les marxistes, les réformistes avec les réformistes). (Vous noterez avec ironie que jusqu'en septembre dernier, j'aurai cité cette bonne raison à l'appui d'une candidature Royal).
C'est quoi votre bonne raison?
07:31 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Sarkozy, Bayrou, 2007
lundi, 26 février 2007
les blogs dans la campagnes: des outils, des faire-valoirs?
Cette note reprend une intervention au cours d'une réunion d'appartement. Avant une seconde partie plus analytique, commençons par ce qui a fait le succès de l'intervention, la confrontation de 3 chansons militantes:
14:25 Publié dans miroir des médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sarkozy, ségolène, chanson
mardi, 20 février 2007
Same story, different names?
un sondage IFOP, une dépêche Reuters et la machine médiatique peut démarrer.
"Au 2e tour, Bayrou gagnerait face à Sarkozy ou Royal"
Ca me rappelle furieusement la primaire socialiste. "la seule capable de battre Sarkozy" selon le FIgaro du 21 aout 2006.
"Ségolène Royal serait la seule candidate socialiste capable de battre Nicolas Sarkozy. Selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France (964 personnes interrogées les 10 et 11 août), la présidente de Poitou-Charentes devancerait le ministre de l'Intérieur par 55% des voix contre 42% dans un éventuel second tour. Tous les autres prétendants du PS seraient battus : Jack Lang (47% contre 50% pour Sarkozy), Lionel Jospin (44% contre 53%), Dominique Strauss-Kahn (42% contre 55%), François Hollande (41% contre 56%) ou Laurent Fabius (38% contre 58%). Alors que ses rivaux soulignent sa faible compétence en matière de politique étrangère, c'est à elle, à gauche, que les Français feraient le plus confiance dans une crise internationale comme celle du Liban (28% contre 18% pour DSK et 17% pour Jospin). "
On sait que ce type d'info a influencé le choix des militants socialistes.
La nouvelle posture de vainqueur (au second tour, au second tour) que lui donne les sondages servira-t-elle Bayrou (au premier tour)?
Lire aussi le court et précis billet d'éconoclaste sur les sondages.
11:20 Publié dans miroir des médias , politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sondages, ségolène, royal, DSK, sarkozy
mardi, 20 juin 2006
Peut-on mélanger les carottes et les choux-fleurs?
Je réagis à chaud à un incident survenu au cours du débat à l'assemblée nationale cette après-midi entre le Premier ministre et le premier secrétaire du PS.
Les commentaires se focaliseront sans doute sur l'accusation de lacheté de Villepin à Hollande et sur la demande d'élections anticipées de Bayrou.
Je m'arrête un instant sur la déclaration du premier ministre:
"On ne peut pas mélanger les carottes et les choux-fleurs", "mélanger l'exigence de vérité et l'exigence de bonne gestion".
- pour ma part je ne vois pas pourquoi on ne peut pas à la fois rechercher la vérité et la bonne gestion. J'incline même à penser qu'il est recommendable, chaque fois que cela est possible et le plus souvent ,de combiner ces deux exigences.
- pour les carottes et les choux-fleurs, je vous renvoie à l'excellent Epicurien.be, qui propose une recette de potage Choux-fleurs et carottes au gingembre qui me semble remarquable. J'avoue quand même être plus dubitatif sur ce point, n'ayant pas le goût des choux-fleurs...
Mise à jour "à froid":
"Dans une démocratie, on ne peut pas mélanger l'exigence de vérité et l'exigence de bonne gestion". S'agit-il d'une grille de lecture pour interpréter son attitude dans l'affaire Clearstream, ou plus généralement de sa conception de l'Etat, voire de la raison d'Etat?
17:10 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : assemblée nationale, Villepin, Hollande, lache, carottes, choux-fleurs, Bayrou
mercredi, 17 mai 2006
L'UMP se grandit-elle en tapant sur Bayrou?
Non, bien-sûr.
Comme le notait hier soir F. Bayrou dans France Europe express, seul le PS pouvait déposer une motion de censure, puisque l'art 49 al2 de la Constitution prévoit qu'une telle motion doit être signée par un dixième des députés, soit 57 personnes.
L'argument de l'UMP qui agite les mots de justice, respect de la présomption d'innoncence, etc. est soit bête, soit cynique. Elle participe par ailleurs et paradoxalement d'une déconsidération de la justice: n'y a-t'il pas en filigrane l'idée que le PM est une victime, comme la plupart des accusés d'Outreau?
Comme je l'ai noté, le mensonge n'est pas nécessairement sanctionné pénalement. Et il est tout à fait possible que les agissements du premier ministre ne soient pas qualifiés pénalement.
Mais l'utilisation de ses pouvoirs à des fins autres que celles pour lesquelles on dispose de ce pouvoir (c'est en droit administratif une des modalités du détournement de pouvoir) doit être discutée, voire censurée par le Parlement.
L'attitude des parlementaires UMP me rappelle cette mention qu'avait apposée Paul Léautaud à coté de son nom dans la souscription pour la veuve du lieutenant-colonel Henry, une souscription anti-dreyfusarde, bigotte, antisémite connue sous le nom de 'monument Henry'"pour l'ordre, contre la justice et la vérité". (citation rappelée par M. Winock dans le Siècle des intellectuels). L'intention moqueuse et l'utilisation malicieuse des grands mots par Léautaud fait donc écho au cynisme de l'UMP (finalement je ne leur laisse pas le bénéfice de la bêtise), qui pourrait se dire : "pour la présomption d'innocence, contre la responsabilité politique".
Bravo donc, Bayrou, pour cette fois!
Mise à jour du soir: à lire l'article du canard enchainé en première page, intitulé "la justice en prend pour 10 ans". Ce que feignent d'ignorer les défenseurs de la seule vérité des juges, c'est que cette vérité dans cette affaire ne surgira peut-être que dans 10 ans, au rythme de la justice.
J'ajoute, troublé, une citation par M. Bayrou dans l'emission citée plus haut des notes du général Rondot (j'avoue ne pas être allé troop loin dans mes propres investigations) qui à propos de R. van Ruymbeke écrit: vérifier le dossier de son père...
09:15 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : UMP, Bayrou, Léautaud



