dimanche, 17 décembre 2006
un petit geste pour Borloo?
Christophe Barbier, plutôt que de déléguer la tache aux lexicocrates du COSLA, propose aux lecteurs de son blog un exercice de démocratie participative, pour répondre à la dernière turlipinade de Jean-Louis Borloo:
Jean-Louis Borloo cherche un mot pour remplacer celui de "fonctionnaire": il a demandé son aide à Luc Besson, mais le terme "minimoy" n'a pas été retenu. Borloo trouve que "fonctionnaire", qui porte un sens de "fonctionnement", n'évoque pas la réalité des tâches du service public. Ce qui l'énerve, c'est que les hauts fonctionnaires qui bloquent les réformes et qui l'insupportent, ceux qu'il appelle "la pieuvre", ont trouvé le nom de "grand commis de l'Etat": il voudrait trouver l'équivalent pour les "petits commis de l'Etat". Il exclut bien sûr "serviteur" et considère que ce que font les agents du service public, c'est d'abord remplir des missions. Mais "missionnaire", c'est difficile...
Postez donc ici vos idées et je ferai suivre. Peut-être cela changera-t-il la face du monde?...
Les commentaires sur le blog de Barbier vont dans tous les sens. Celui qui résume le mieux mon sentiment émane de Mouais: "Et pourquoi ne pas changer le nom du Pastis aussi ?"
Tropisme toujours intéressant à observer: Borloo a une dent contre les hauts fonctionnaires, alors il cherche un autre mot pour désigner les autres fonctionnaires...
Je me rappelle de cette joie de Borloo au moment de son plan éponyme:
'J'ai légalisé le travail au noir et un nouveau modèle d'économie sans charge", s'enthousiasme M. Borloo. Il se targue d'avoir joué un "tour" au ministère de l'économie, et à sa cohorte d'inspecteurs des finances. "Ils n'ont rien compris à mon usine à gaz et maintenant tout est parti, voté, signé", explique-t-il.'
Sa fierté d'avoir légalisé le travail au noir et créé une économie sans charge est exemplaire des deux cas de figures dans lesquels il me parait pertinent pour un fonctionnaire (inspecteur des finances ou autre) qui assiste son ministre de l'alerter:
- le risque juridique (votre décret est illégal, M. le Ministre);
- le risque économique et budgétaire (votre proposition va couter très cher aux finances publiques, M. le Ministre sans avoir de retombées en terme d'emploi, de croissance...).
Je comprend pourtant l'exaspération d'un ministre, aussi inventif que Borloo, face au rappel du principe de réalité. Et ce serait caricaturer dans un sens inverse les "hauts fontionnaires" que de laisser entendre que leurs conseils font toujours le meilleur départ entre l'optimisme de la volonté et le pessimisme de la raison.
Rien à voir évidemment, il a quelques heures à peine ce même Jean-Louis Borloo, invité chez FOG sur France 5, nous rappelle une belle citation de Jaurès:
" Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots."
15:15 Publié dans pendant ce temps , Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : borloo, fonctionnaires, enarques, inspecteurs des finances, christophe barbier, jaurès, cosla



