
Le voyage en Chine de Ségolène Royal me parait attirer des commentaires railleurs mais contre-productifs, comme je cherchais à l'analyser dans un
billet précédent.
C'est que j'appelais la stratégie de la barque vide. Pour beaucoup de commentateurs, la barque est aujourd'hui pleine, pleine des gaffes et de l'ineptie des propos de la candidate socialiste.
C'est leur droit de le penser, mais je crois qu'ils se trompent lourdement.
Ce billet est le premier d'une mini-série pour tenter de donner quelques éléments de réflexion sur le traitement de la forme.
On parlera ici rapidement de la couleur du deuil en Chine, le prochain billet s'attaquant au gros morceau du système juridictionnel chinois.
1.) il y a tout d'abord les gaffes qui n'en sont pas. J'ai lu et entendu dans de nombreux médias que S. Royal avait commis la gaffe suprême en s'habillant en blanc pour son voyage en Chine. Horreur, le blanc est la couleur du deuil dans ce pays!
Seul hic : il n'y a que des Français,
blogueurs ou députés UMP (ce sigle n'étant pas en facteur commun) pour s'en émouvoir. Visiblement, les Chinois eux-mêmes, remplis de le tradition mais ne se départissant pas de leur sagesse, ne se sont pas vexés de cet imper (ou impair, ici les deux sont acceptables).

Certains codes vestimentaires choquent la population locale, d'autres pas. Et c'est plutôt un signe d'ignorance que d'accorder à un symbole plus d'importance qu'il n'en a vraiment pour ceux qu'il concerne.
Regardez (photo de droite) cette andouille de Wen Jia Bao (premier ministre chinois) et cette dinde de présidente philippine, qui se rendent au sommet de l'Asie orientale habillés en blanc. Quelle faute de goût...
Imaginez le Pierre
Lellouche chinois commenter la visite de Hu Jin Tao en Europe en expliquant qu'il manque de jugeotte et de de savoir faire international, pour avoir porté un costume noir, couleur du deuil en Occident...
Principe n°1: "ne faites pas aux autres se que vous voudriez qu'ils vous fassent, ils n'ont peut-être pas les mêmes goûts que vous" (G.B. Shaw)