jeudi, 24 mai 2007
Travailler pareil pour gagner plus?
1°) Les Echos nous proposent plusieurs articles de qualité sur ce sujet qui intéresse tous les Français qui ont un peu d'argent: la ristourne Sarkozy des intérêts d'emprunt d'achat immobilier.
Un article retrace l'historique du traitement fiscal des intérêts (à replacer dans le contexte de la forte inflation qu'à connu la France jusque dans les années 80).
Un autre élabore des simulations à partir des annonces de ce jour, qui limitent le crédit d'impôt aux acquisitions postérieures au 6 mai 2007 - en contradiction avec LA promesse électorale qui m'incitait à voter pour Sarkozy - passons!
L'aspect qui m'intéresse est le suivant:
"pour les ménages à revenus modestes, qui gagnent environ deux SMIC, les intérêts d'emprunt pour l'achat de leur logement sont en moyenne de 3.500 euros par an. Avec les nouvelles dispositions, ils pourront déduire 700 euros de leurs impôts.
pour les ménages à revenus moyens, entre deux et cinq SMIC, qui payent autour de 6.300 euros d'intérêts par an, la réduction sera de 1.260 euros.
pour les ménages les plus aisés, autour de cinq SMIC et plus, sur la base d'intérêts d'emprunt d'environ 10.200 euros par an, ils pourront déduire 2.000 euros."
700 euros, 1260 ou 2000 euros par an, c'est toujours çà de pris. Mais qui va être incité, avec de telles ristournes, à devenir acquéreur d'un bien qui coute 80000, 200000 ou 500000 euros? Personne. C'est ce qu'on appelle un effet d'aubaine. Enfin pas une aubaine pour le budget de l'Etat, ça va couter un fric monstre.
2°) autre exemple du "travailler pareil pour gagner plus"?
Certaines entreprises (les plus petites) n'ont pas été obligé de passer à 35h. Elles sont donc resté à 39h. Si une usine à gaz n'est pas mise en place, le principe selon lequel les heures travaillées au dela de la durée légale du temps de travail (qui est de 35 h pour toutes les entreprises, petites ou grandes) sont exonérées d'impôts, s'appliquera aux salariés déjà à 39h. Ils travaillaient 39h avant. Ils continuent à travailler 39h. Ils travaillent pareil. Mais ils gagneront plus en ne déclarant pas 4h par semaine. Franchement, la loi qui adoptera un tel dispositif mériterait de s'appeler Aubry III...
3°) des petits détails tout cela, des querelles idéologiques? Pas vraiment, comme le note E. Israelewicz sur son blog (hébergé aussi par les Echos...)
"La stratégie économique présentée par Eric Woerth est assez proche finalement de celle de (...) Ségolène Royal. Relancer la croissance d’abord, éponger le déficit ensuite. C’était aussi, grosso modo, ce qu’elle promettait. C’est d’ailleurs ce que font depuis vingt cinq ans, comme l’avait dénoncé le rapport Pébereau, les gouvernements quand ils arrivent, tous les gouvernements, avec les effets, catastrophiques, que l’on sait, sur la dette publique. Alors, bien sûr, il y a une différence. Cette relance de la croissance, les socialistes voulaient la provoquer en dépensant plus, l’équipe Fillon compte, elle, sur des réductions massives d’impôt, dès cet été, sur un choc fiscal donc !
Pas facile de comparer cette stratégie à ce qu’a fait, avec succès, l’Allemagne depuis deux ans. La coalition allemande a elle aussi procédé en deux temps, c’est vrai. D’abord les cadeaux, ensuite les efforts. Le gouvernement Fillon suit le même sillon. D’abord les cadeaux : ce sont les baisses d’impôts. Des milliards en moins dans les caisses de l’Etat. Difficile de réduire alors le déficit. D’où la pause. Tout cela, c’est un investissement, le prix de la relance, dit le ministre. On fera des économies ensuite. Avec la réforme de l’Etat, la réduction de ses effectifs, les économies sur la santé, d’autres encore. L’équipe d’Angela Merkel a d’abord augmenté les dépenses, elle a ensuite augmenté les impôts, la TVA notamment. Ici, le gouvernement baisse tout, les impôts d’abord, les dépenses ensuite. Le problème, c’est qu’augmenter la TVA, c’est facile : une loi y suffit. Ca rapporte gros : les recettes fiscales sont immédiates. Réduire le nombre de fonctionnaires, c’est beaucoup moins facile. Il faut négocier. Il y a des risques de blocage. Les économies sont lentes à se faire sentir. Les baisses d’impôts, on les a, ça, c’est facile, c’est sûr. Les réductions de dépenses, ça l’est moins."
23:15 Publié dans Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, intérêts d'emprunt, 35 heures, travailler plus, gagner plus, accession à la propriété



