mercredi, 24 mai 2006
peut-on appliquer la théorie du bilan à la convention européenne des droits de l'Homme?
Dans un limpide article du Guardian , le considérable R. Dworkin répond clairement par la négative.
L'article illustre surtout les débats actuels en Grande-Bretagne sur l'arbitrage éternel entre sécurité et liberté, à l'occasion d'une décision de High court autorisant des pirates de l'air afghans à rester en Grande-bretagne.
Notons que le droit de recours individuel (devant la CEDH) n'a été reconnu dans ce pays qu'en 1998, mais ce n'est pas la question ici, puisque la convention était directement invoquée devant le juge national.
Je ne sais plus qui disait "s'il faut faire un arbitrage entre liberté et sécurité, j'espère bien ne jamais vivre dans un pays totalement sûr"...
11:30 Publié dans droit public , Europe , pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Dworkin, CEDH, Grande-Bretagne, pirates de l'air, liberté, sécurité
mardi, 16 mai 2006
Y-a-t’il un devoir d’ingérence mémorielle ? ou seulement un droit de proposition ? (petite revue des propositions de loi remarquables I)
La publication du livre de l’historien Jean-pierre Rioux « la France sans mémoire », sous-titré « comment un pays démissionne de son histoire » est l’occasion d’un intéressant mais néanmoins récurrent débat sur le rôle de la loi et des parlementaires dans la fabrique de l’histoire sur France Culture ce matin (dans les matins de France Culture, et pas dans « la Fabrique de l’Histoire », vous me suivez n’est-ce pas). Il est éclairé par le rapport annuel du Conseil d’Etat, passionnant malgré des angles morts soulignés ici .
J’ai la tentation de saisir le prétexte de tout cela pour lancer une petite revue régulière des propositions de loi présentées à l’assemblée nationale, que l’on peut découvrir en push grâce au flux xml proposé sur le site de l’AN.
Je découvre 2 propositions de loi très récentes, l’une du groupe socialiste présentée par Didier Migault , l’autre d’Eric Raoult, qui vise à donner une qualification pénale au fait de contester le génocide arménien. Ce me semble être un peu à contre courant de ce qu’il a été convenu de considérer comme une mauvaise chose de la part du Parlement. Dans le même temps, cela donne une vrai portée à une loi déclaratoire. Mais y-a-t’il véritablement une contestation en France du génocide arménien, qui justifie une incrimination particulière, au delà du cadre général fixé par la loi de 1881 sur la liberté de la presse ? Le Parlement est-il si riche de temps qu’il se permette ce type de discussions ?
Notons sur un mode plus ludique la proposition de loi du vice-président de l’AN, M. Warsmann, relative à l’abrogation de diverses dispositions législatives portant réglementation de la vente par camion-bazars. A s’en tenir au titre, on pourrait penser que c’est n’importe quoi.
La lecture de l’exposé des motifs m’invite à confirmer ce préjugé : sous prétexte de simplification administrative, on propose de supprimer un texte qui n’a plus de force légale depuis le 1er avril 1940.
Autrement dit : un texte non applicable, dont personne n’a entendu parlé, qui n’est pas codifié, qui n’est au demeurant pas appliqué, nécessite une loi pour être vraiment bien abrogé ? Et si cette proposition de loi est adoptée, on l’abrogera un jour, lorsqu’on aura constaté d’elle a épuisé ses effets juridiques ?
On reviendra la fonction du droit de proposer des lois et de son corollaire, le droit d’amendement, qu’il est naïf de cantonner à la fonction de production de normes.
22:50 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Arménie, loi, parlement, mémoire, liberté, médias, simplification



