mardi, 05 décembre 2006
Un huron peut-il sauver le Parlement?
1.) je suis convaincu que l'amélioration de nos institutions viendra de la qualité (détermination, intégrité, sens de l'intérêt général) des gens que nous désignerons et pas de la qualité des institutions que nous pourrions mettre en place. (je sais, c'est pas très VIème République tout çà..)
2.) En prenant le débat de la poule et de l'oeuf comme je le fais, surgit immédiatement la question: dans le jeu politique actuel, les électeurs peuvent-ils vraiment désigner des représentants qui n'usent pas, à des degrés diverses, de coups bas, d'assauts de démagogie, etc.?
Comme disait Woody Allen, "il y a deux types de personnes dans le monde: les gentils et les méchants. Les gentils dorment mieux la nuit, mais les méchants semblent plus profiter de leurs heures éveillées. ". Je suis tenté d'ajouter: les gentils sont plus qualifiés pour nous représenter, mais les méchants ont plus de chance d'être élus...
3.) De temps en temps surgissent de nouveaux personnages dans la vie publique, qui souhaitent incarner le renouveau. Laurent Wauquiez est de ceux-là, auréolé de son statut (précaire) de plus jeune député. On peut lire son portrait, assez complaisant dans le Monde ou un peu plus nuancé chez Koz. Paxatagore l'a lu aussi ce week-end. Tout le monde attend quelqu'un de bien. Notamment lorsqu'il est porteur d'un "discours générationnel"?
Je n'ai pas retrouvé dans ce livre le coté "cash" qu'il y avait par exemple dans "le rendez-vous des politiques" du 18 mai 2006 (transcription partielle ici). Dans cette emission, je garde le souvenir qu'il considérait que le premier ministre, dans la tourmente Clearstream aurait dû démissionner. Avant d'ajouter: « je ne suis pas assez prudent avec vous, je devrais manier plus la langue de bois ». On ne retrouve pas ce type de propos dans son livre, qui note, plus Candide que huron, que cette affaire aura le mérite d'être un scandale non-lié à la corruption!
Il arrive en particulier de façon magistrale à mettre de coté son cursus de bête à concours (normalien, major de l'ENA) pour se donner une image de terrain parfois proche de la farce. Comme lorsque sur le marché du Puy en Velay, sa connaissance de l'arabe lui permet de négocier avec le vendeur arabophone le retrait de livres pronnant la haine de l'Occident... (je vous rappelle que le monsieur est député.).
Par bien des aspects, cette lecture m'a rappelé celle de (bons) rapports de stage de l'ENA.
Pour être juste, on trouve dans le livre de bons moments sincères (même si à me relire, la sincérité que je prône semble être proportionnée au caractère vachard contre son propre camp du propos...), comme cette description de la réaction tardive des députés à la découverte de la directive Bolkestein: un groupe de travail de députés français et allemands est constitué à la hate. Les députés allemands arrivent au palais Bourbon avec un ordre du jour structuré et un programme de travail. Les députés français sont là (sont-ils là?)les mains dans les poches: ils voulaient seulement avoiir leur effet d'annonce. "Heureusement", L. Wauquiez accompagnera quelques valeureux députés français dans un effort plus discret (mais plus efficace) de coopération franco-allemande pour vider Bolkestein de son venin. Nous n'en saurons pas plus.
Faut-il croire aux hommes providentiels? En tous cas le huron en question ne m'a pas encore convaincu qu'il pouvait l'être... Mais peut-on transformer le système sans y entrer? Et peut-on y entrer sans s'y conformer?
18:09 Publié dans droit public , politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : wauquiez, huron, woody allen, ena, enarque, normalien, parlement
vendredi, 16 juin 2006
Décès de Devos: où est le normalien sachant écrire?
J'ai lu avec tristesse la réaction du Président de la République au décèsde Raymond Devos:
"C'est un artiste immense qui nous quitte. La France perd aujourd'hui un irrésistible funambule des mots, un éblouissant magicien de la langue française, un très grand poète de l'humour.
Au long de sa prestigieuse carrière, il a su nous faire rire aux éclats et nous émouvoir aux larmes, dans cette étonnante alchimie du comique et de la gravité, de l'absurde et de la profondeur, qui constituait la marque singulière de son magnifique talent."
- Que cela est laidement écrit! J'ai l'impression que ce texte est du niveau CM2: mettez un joli adjectif avant chaque nom. S'agissant de Devos, cet "hommage" ampoulé est particulièrement disgracieux. De Gaulle avait recruté Pompidou parce qu'il cherchait un "normalien sachant écrire". Y-a-t'il quelqu'un sachant écrire à l'Elysée?
- puisque la parole du président doit être rare, ne pourrait-elle pas se concentrer sur des sujets moins convenus, lorsque la conviction n'y est pas?
08:50 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : normalien, Devos, Chirac, Pompidou, président, CM2



