mercredi, 02 janvier 2008

apostille aux voeux aux Français (renaissance et recyclage)

Les voeux du Président font débat, notament sur cette question de "politique de civilisation", dont le 'concept' aurait été emprunté à Edgard Morin, et même plagié nous dit P. Assouline.

"Notre vieux monde a besoin d’une nouvelle Renaissance. Eh bien, que la France soit l’âme de cette Renaissance !".

Cette référence à la Renaissance surprend aussi, alors que c'est  un thème qu'a distillé Guaino pendant la campagne. Il suffit de consulter le toujours utile discours 2007 pour le vérifier.

Mais la référence à la Renaissance m'a fait tiquer, parce qu'elle était aussi un des moments chevilles du grand discours de la porte de Versaille du 14 janvier 2007 (donc Versac a raison de souligner qu'il résume tout ou presque).

 Ce qui me fait tiquer, c'est que par rapport au discours de l'an passé,  la référence a  sauté. En janvier dernier, NS expliquait en effet, en contextualisant, 'Après mai 68, Georges Pompidou avait dit : "le monde a besoin d'une nouvelle Renaissance"'.

A la veille de la nouvelle année, tant la référence à mai 68 (qu'il convient désormais de liquider), qu'à Pompidou ont disparu.

Certains ont vu dans le contenu des voeux, une désagréable continuité avec le caractère convenu des voeux de J. Chirac.

Mais en retrouvant la référence initiale de George Pompidou, on a l'impression de revenir 30 ans en arrière. Allez lire le message du 25 juin 1969 du président Pompidou au Parlement et comparez, au delà des changements de conjoncture, le ton et le vocabulaire:   

 

En ce 31 décembre, au terme d’une année si pleine pour notre pays, c’est avec reconnaissance pour la confiance que vous m’avez témoignée et conscient des devoirs qu’elle m’impose que je m’adresse à vous. (NS)

je tiens d'abord à exprimer à chacun de vous mes sentiments de considération et de confiance (GP)

 

 Urgence que la France se remette à parler avec tout le monde pour qu’elle puisse jouer le rôle qui doit être le sien au service de la paix et de l’équilibre du monde, (NS)

II s'agit d'abord de maintenir notre indépendance dans le respect de nos alliances, le rapprochement et la coopération avec tous les peuples, et d'abord en Europe, afin de conduire notre continent à la conscience politique qui lui permettra d'affirmer sa personnalité et de jouer son rôle propre au service de la paix. (GP)

 

Nous ne résoudrons rien si nous ne bâtissons pas l’école et la ville du XXIème siècle, si nous ne mettons pas au coeur de la politique le souci de l’intégration, de la diversité, de la justice, des droits de l’Homme, de l’environnement, si nous ne retrouvons pas le goût de l’aventure et du risque, le sens de la responsabilité en même temps que celui du respect et de la solidarité, ou si nous n’entreprenons pas  le moraliser le capitalisme financier. (NS)

Aider à redonner un sens a la vie individuelle par la liberté et les devoirs qu'elle comporte, à la vie collective par la justice et le respect mutuel constitue une des actions en profondeur qui s'imposent à l'Etat, (GP)

 

J’ai voulu mettre chacun face à ses responsabilités. (NS)

aucun de ceux qui détiennent des responsabilités - qu'elles soient politiques, économiques, sociales, intellectuelles ou proprement spirituelles - n'a le droit de penser qu'il n'est pas concerné. (GP)

 

Urgence de l’autonomie des universités. (NS) 

je ne saurais passer sous silence les difficultés que traverse notre Université. La nécessité du renouveau, la poursuite et même l'accentuation d'une reforme profonde sont évidentes.(GP)

 

 J’ai la conviction que dans l’époque où nous sommes, nous avons besoin de ce que j’appelle une politique de civilisation. (NS)

Notre civilisation traverse une crise spirituelle. (GP)

 

Notre vieux monde a besoin d’une nouvelle Renaissance. Eh bien, que la France soit l’âme de cette
Renaissance ! Voici mon voeu le plus cher pour cette année qui vient. (NS)

Le monde a besoin d'une Renaissance et aucun de ceux qui détiennent des responsabilités - qu'elles soient politiques, économiques, sociales, intellectuelles ou proprement spirituelles - n'a le droit de penser qu'il n'est pas concerné. (GP)

 

urgence à dépasser les vieux clivages partisans. (NS) 

Face à une contestation purement négative, à un conservatisme condamné d'avance à l'échec, c'est par l'action et le mouvement que peut se construire l'avenir. (GP)

 

 Avec 2008, une deuxième étape s’ouvre : celle d’une politique qui touche davantage encore à l’essentiel, à notre façon d’être dans la société et dans le monde (NS)

Il ne suffit pas de restaurer cette vieille et illustre maison qu'est la France, il faut encore la rénover et l'éclairer de lumières nouvelles. (GP)

 

 Alors, que la France montre la voie ! C’est ce que depuis toujours tous les peuples du monde attendent
d’elle. (NS)

Ainsi sera tracé le cadre dans lequel la France pourra participer à l'évolution du monde moderne tout en préservant ou en recréant des valeurs que notre pays et l'Europe ont contribué plus que tous autres à dégager au cours des siècles. (GP)

 

vendredi, 16 juin 2006

Décès de Devos: où est le normalien sachant écrire?

J'ai lu avec tristesse  la réaction du Président de la République au décèsde Raymond Devos:

 

"C'est un artiste immense qui nous quitte. La France perd aujourd'hui un irrésistible funambule des mots, un éblouissant magicien de la langue française, un très grand poète de l'humour.

Au long de sa prestigieuse carrière, il a su nous faire rire aux éclats et nous émouvoir aux larmes, dans cette étonnante alchimie du comique et de la gravité, de l'absurde et de la profondeur, qui constituait la marque singulière de son magnifique talent."

 

- Que cela est laidement écrit! J'ai l'impression que ce texte est du niveau CM2: mettez un joli adjectif avant chaque nom. S'agissant de Devos, cet "hommage" ampoulé est particulièrement disgracieux. De Gaulle avait recruté Pompidou parce qu'il cherchait un "normalien sachant écrire". Y-a-t'il quelqu'un sachant écrire à l'Elysée?

- puisque la parole du président doit être rare, ne pourrait-elle pas se concentrer sur des sujets moins convenus, lorsque la conviction n'y est pas?