mardi, 15 mai 2007
la plus belle ouverture à froid?
Une "ouverture à froid" (cold open) désigne la technique, dans un film ou une série télé, consistant à faire démarrer l'histoire dès l'ouverture du show, sans la faire précéder du générique du début. Les James Bond sont réputés pour leurs cold open.
C'est ce qu'à réalisé Nicolas Sarkozy de façon magistrale: depuis son élection, on a vu défiler plusieurs séquences plus surprenantes les unes que les autres, et scotché sur son siège, on se rend compte enfin que le générique de début n'aura lieu que demain, 16 mai, avec la passation de pouvoir entre les 2 présidents. C'est la force des cold open réussis: on est tout de suite dans l'action, avant de se rendre compte (deuxième temps du plaisir) que rien n'a commencé.
Nous avons eu la séquence berlusconienne, avec le Fouquet's, le jet et la croisière maltaise: entre "l'amour du risque" et "miami vice", l'impression de revoir une série de mauvais goût des années 80, avec une audace renouvelée, un contraste avec la retraite mystique annoncée scandaleux (pour le citoyen), et donc réjouissant (pour le spectateur).
Tout de suite après, la vrai surprise. L'ouverture au centre, à gauche, le contraire de la campagne droitière qui l'a conduit au pouvoir. "Révélation quasi mystique, numéro de transformisme, numéro de séduction, effet tactique qui tente de séduire la gauche après avoir séduit le FN, rassemblement purement ‘’cinématographique’’, perversité, authenticité, on se perd déjà en conjectures." comme l'écrit Petit jardin (qui a fait la même association d'idée que moi, un peu plus vite).
On imagine de belles scènes où les bad guys sont punis (scènes jouissives pour le téléspectateur de retournement de situation, après avoir subi, maso, l'ascension de ces personnages, en ayant le sentiment dégouté qu'ils allaient triompher (Morano, Hortefeux, Devedjian, mais aussi le traitre, intégrale, ténébreux, énigmatique: Besson...).
Sarko calculateur ou rassembleur?
On se prend à rêver d'une improbable saison 8 de West Wing, où un président de droite serait le digne successeur de Bartlet. Et cet espoir me parait plus sérieux aujourd'hui que lors des 2 élections de Chirac.
Et si Sarkozy faisait un bon président? Toute la saveur de la série qui se prépare tient dans l'ambigüité du personnage, capable du meilleur comme du pire. Deviens qui tu es. Let Bartlet be Bartlet.
et puis il y a bien-sur Cecilia, qui vaut bien Abigail Bartlet, entre Desparate Housewife et Hedda Gabler. Il y a plusieurs épisodes incroyables à son sujet, je n'y insiste pas.
Mais encore une fois, le générique de début n'est pas encore lancé. Extraordinaire ouverture à froid, mais l'épisode sera-t-il à la hauteur? le "prégénérique" est souvent ce qu'il y a de meilleur dans les James Bond... Et puis il y a des séries qui perdent toute consistance très vite. Le discours d'adieux de Chirac ce soir me fait penser à la saison 4 d'Alias.
Deux conceptions, deux narratives de la présidence Sarkozy se concurrenceront logiquement: le mystère et la mystification. Une série clivante comme Lost.
Créées par un couple de professeurs gauchistes, les De Groot, et un magnat de l'industrie, Alvar Hanso, les stations Dharma sont un élément central dans Lost. Deux interprétations de la Dharma initiative sont possibles : "œuvre de salut collectif ou gigantesque manipulation du spectateur". Dharma signifie la loi en Sanskrit.
21:25 Publié dans miroir des médias, pendant ce temps, politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : west wing, lost, cold open, sarkozy
mardi, 14 novembre 2006
Quel bilan pour les primaires PS?
Quelques leçons, confirmations et intuitions personnelles à l’issu du « débat militant ».
1°) Fabius sonne faux . Sa stratégie gauche de gauche va peut-être convaincre quelques militants, mais sa personnalité et les sinuosités de son track record ne lui permettront pas d’obtenir un score aussi élevé que sa démarche (contre-intuitive pour le grand public, mais bien pensée pour un marketing socialiste) devrait lui offrir. Je reste obsédé (comme quand on a une chanson débile que l’on arrive pas à sortir de son esprit) par la formule « Sarkozy baise la babouche de Bush ». Le topos du « Normalien sachant écrire… ».
2°) DSK n’a pas dit beaucoup de bêtises, mais est un peu… ennuyeux. Dans le même temps, je n’élis pas un président dans l’espoir que ses gaffes, ses contorsions institutionnelles ou ses turpitudes me donnent matière à écrire des billets sur un blog. J’avais entendu sur France-Culture il y a quelques années la rediffusion des causeries que Mendès-France proposait chaque semaine aux Français, au cours desquelles il leur expliquait les contraintes, les options et les choix de sa politique. Pas sexy, tout simplement admirable. DSK aussi barbant que PMF ? Je prends.
3-1°) Ségolène est Ségolène. Dans l’épisode final de la saison 3 de West Wing (A la Maison Blanche), intitulé Posse Comitatus, on entre dans l’année électorale présidentielle, au cours de laquelle le président démocrate Jed Bartlet brigue un second mandat. Ce type formidable a un court entretien avec son adversaire républicain, un bouseux texan populiste ( la simplification du propos dans les séries est qualifié de « narrative constraint »). Le président Bartlet réfléchie en parallèle à une grave décision qu’il doit prendre au sujet du moyen-Orient.
La scène est très forte, parce que l’on parle de cet adversaire, le gouverneur Ritchie, depuis de nombreux épisodes sans jamais le voir, et que cette rencontre est repoussée, annulée et a finalement lieu de façon impromptue. Le président conseille à son adversaire de prendre des cours de relations internationales. Son propos n’est pas méprisant, au contraire. Il lui explique que 6 mois avant d’être élu pour un premier mandat présidentiel, lui non plus, président du conseil régional de Poitou-Charente gouverneur du New Hampshire, ne touchait pas une bille en politique internationale. Mais il a consulté des gens qui s’y connaissaient, il a lu des bouquins, pour avoir le niveau. Et Bartlet de conclure : le peuple américain mérite que nous ayons ce débat de haut-niveau.
Tout cela c’est de la fiction. Je crois que les gens se foutent de la différence entre nucléaire civil et militaire, notamment quand il s’agit de l’Iran.
3-2°) La campagne interne a montré que Ségo était au taquet, élément sur lequel j’avais encore une incertitude il y a quelques mois. Elle n’est pas nulle, mais sa ligne de défense victimaire qui a marché à plusieurs reprises ne tiendra pas jusqu’en mai.
J’écrivais alors une évidence « Une élection présidentielle, c'est usant, c'est des coups bas, c'est du canardage. ». Ségo semble le découvrir, et je ne crois pas que la vrai campagne sera plus soft. Aujourd’hui, elle bénéficie d’une vrai complaisance des médias, qui acceptent, s’agissant par exemple de la vidéo des 35 h et des profs de regarder « l ’affaire dans l’affaire » (qui a posté la vidéo ?) plutôt que l’affaire elle-même: ce propos, tenu devant des militants, et qui n’est pas si tronqué que cela, correspond-il à sa vision des choses ? Son diagnostic du temps de travail des enseignants correspond-il à la réalité ? Si, oui, sa proposition qui reviendrait de facto à réduire le salaire horaire des profs, est-elle une "utopie réalisable" ? quid de l’attractivité de ce métier ?
3°) Petit pronostic gratuit pour le premier tour des primaires, mélange pas très scientifique d’enfumage journalistique, de lecture de blogs (je constate de façon inquiétante que mon blogroll est à 80% Strausskiste : est-ce du group think ?) et de voeux pieux:
- SR : 46% ;- DSK : 30%;
- LF : 24%.
Pour compléter cette portion de billet à la Mme Soleil : S. Royal disposera d’un réservoir de voix pour le second tour, constitué par l’abstention significative d’un certain nombre de militants au premier tour, a priori ségolistes, mais désorientés par la tournure prises par les choses. A quoi s’ajoute un soutient massif, mais fragile des hiérarques et de l’appareil du PS, qui ne lui permettront pas d’effectuer la razzia annoncée.
Ne m’en voulez pas si mon pronostic s’avère totalement foireux, j’écris pour le plaisir de la conversation. Ne vous étonnez pas non plus si, dans l’hypothèse où ma prévision était proche de la réalité, j’écris un nouveau billet pour vanter la puissance de mon analyse !
4°) Toute cette campagne est donc bien amusante et propice au commentaire. Je commence toutefois à m’inquiéter de la perception qu’en ont beaucoup de gens, qui ne manqueront pas d’être déçus par les propositions de renouveau des pratiques politiques que S. Royal prétend incarner, et qui ne sont, assez largement que du flan, lorsqu’elles ne flattent pas les instincts les moins nobles de nos concitoyens.
Je commence fortement à douter qu’en 2007 le peuple français ait le débat présidentiel qu’il mérite….
14:05 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, DSK, Fabius, PS, West wing, babouche de Bush
samedi, 10 juin 2006
Ségolène Royal est-elle la petite amie de Jack Bauer?
S. Royal n'a évidemment rien à voir avec 24, "24 heures chrono" en français.
Même si je ne peux m'empêcher de lui trouver une ressemble avec Kim Raver, l'actrice qui joue Audrey Raines, la petite amie de Jack Bauer dans les saisons 4 et 5.
Même si la série 24 fait l'objet de critiques pour sa conception de la sécurité, et surtout pour l'idéologie militariste (notamment la justification de la torture), qui peut me rappeller la polémique sur le caractère fasciste de Donald le Canard quand j'étais plus jeune.
Même si dans le portrait chinois de DSK publié dans l'Express, celui répond à la question "si vous étiez une série" par "24 h chrono", tandis que sa femme pense qu'il est plutot "West wing ("à la maison blanche"). Sa femme qui nous cite aussi son juron favori , qui est l'occasion d'un beau titre de billet...
Aux Etats-Unis, la série Commander in Chief, propose une fiction autour de la première femme présidente des Etats-Unis. Beaucoup y ont vu un plaidoyer pour Hillary Clinton en 2008.
Dans le buzz actuel, on me ferais presque croire que S. Royal C'EST Jack Bauer...
J'en conviens, tout çà n'est pas bien sérieux, je reviens bientot avec la BCE et la CSG.
Mise à jour du lendemain:
J'ai découvert avec effarement le sondage à paraitre le 13 juin dans FHM (je ne crois pas que ce soit une revue de droit public) selon lequel S. Royal serait "la 6ème fille la plus sexy du monde". Ma règle (en tous cas à partir d'aujoud'hui) est de ne jamais commenter les sondages.
00:25 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : 24, Ségolène, Audrey Raines, DSK, West wing, FHM



