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lundi, 26 février 2007

les blogs dans la campagnes: des outils, des faire-valoirs?

Cette note reprend une intervention au cours d'une réunion d'appartement. Avant une seconde partie plus analytique, commençons par ce qui a fait le succès de l'intervention, la confrontation de 3 chansons militantes:

 
Tout cela n'a guère à voir avec les blogs, et à peine avec la campagne.
Mais bon, j'avoue avoir un faible pour le texte de Bayrou ("mon bulletin dans ton urne...") 


K Bayrou
Uploaded by FanofFB
 
Le cross-over hi-NRJ / synth pop / dancehall de Ségo a aussi son charme. (sur l'air de « Un oiseau, un enfant, une chèvre » d’Ilona Mitrecey, qui semble-t-il symbolise elle-même du haut de ses 12 ans ce cross-over) .
 
Sarko ohoh est un peu trop AOR à mon gout.

14:25 Publié dans miroir des médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sarkozy, ségolène, chanson

dimanche, 25 février 2007

Comment sélectionner les membres du conseil constitutionnel ?(2)

3 nominations au conseil constitutionnel,donc.

a) Dans un billet précédent, je défendais l'idée, qui correspondait à la rumeur de septembre dernier, que Renaud Denoix de Saint-Marc soit un bon candidat à la présidence de l'institution. Il ne sera finalement "que" membre, mais je persiste dans l'idée que c'est un très bon recrutement. (contrairement à Jules de Diner's room, qui s'arrête un peu vite à mon gout au sommaire du GAJA)

b) Dans ce même billet, j'appelais à la nomination d'un  magistrat judiciaire . La désignation de Guy Canivet apparait donc comme une excellente nouvelle. (Y compris en terme de discrimination positive: il sera le seul membre à n'être passé ni par Science-po Paris ni par l'ENA)

c) Enfin, je considérais l'hypothèse de la désignation de JL Debré comme "un contre-feux", tout en mentionnant et c'était le fil conducteur du billet, qu'un membre du CC devait avoir des qualités juridiques, mais aussi politiques. Je reste réservé sur ce choix,qui promet cependant d'intéressantes situations. On peut être rassuré, comme Authueil par le mix qui nous est proposé: "Avec ces deux très hauts magistrats, on sait qui va écrire les décisions, et ce ne sera Jean-Louis."

Et pourtant, je ne suis pas insensible à  son expérience du droit parlementaire et de son trackrecord pour tenter de rehausser l'institution parlementaire: irons-nous vers la VIème république par la jurisprudence constitutionnelle? On ne peut être déçu qu'en bien...

16:15 Publié dans droit public , Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil constitutionnel, guy canivet, denoix de saint-marc, debré

jeudi, 22 février 2007

A l'Elysée comme à la campagne? (le spin est-il de droite?)

Mon premier reflexe, en apprenant le départ fracassant d'Eric Besson de l'équipe de S. Royal, a été de me poser la question suivante : si un candidat n'est pas fichu d'avoir un staff de campagne qui se tient, est-il capable d'avoir un staff de présidence qui se tient? évidemment, ce type d'exaspération se nourrit d'une frustration, et d'une accumulation de faiblesses.

Et puis j'ai regardé comment cela  passait en face.

Nadine Morano est mise en sourdine ; Frank Tapiro viré en particulier pour défaut de céciliacompatibilité (cf. JDD, Canard enchainé); Hortefeux qui fait les frais de la "clarification" de l'équipe de campagne.

Et dans tout cela, de part et d'autre, on peut voir deux choses:

- des querelles de personnes, des fritages d'égos, qui sont inévitables dans ce type de configuration: chacun travaille par conviction pour son candidat, mais chacun est pris de l'ivresse du pouvoir, de l'ambition, de la conviction qu'il sait mieux que les autres ce qu'il faut faire pour gagner.

- des ajustements nécessaires, et difficilement prévisibles à l'avance: une équipe de campagne, ce n'est pas un politburo que l'on change au fur et à mesure que ses membres meurent. C'est une structure qui doit évoluer en fonction de la campagne.

Cette relativisation faite, on ne peut que constater que lorsque la gauche a l'impression d'aller dans le mur, elle ne peut s'empêcher d'y aller en klaxonnant. C'est sans doute un trait de la gauche, une incapacité à rester dans le rang.

Une incapacité  aussi de la gauche à insuffler le spin.

Les petits exemples donnés plus hauts montrent que ce qui est monté en épingle s'agissant de la gauche a largement son pendant à droite. Dans le genre encore plus gros, je constate, quand même, que le numéro 1 du gouvernement ne voudrait pour rien  au monde faire partie d'un gouvernement si N. Sarkozy était président. A quoi s'ajoute que dans une affaire judiciaire, au moins l'un des deux ment. Je ne sais pas vous, mais je trouve cela plus grave que le fait que DSK tirait la gueule à Villepinte... Et là, on parle de dysfonctionnements de gouvernement, autrement plus graves que des couacs de campagne.

 

Le spin est-il de droite? Pas forcement. S'agit-il d'un problème de personne? C'est la thèse du Monde, avec deux articles: "ma vie avec Sarko" et "ma vie avec Ségo". Il en ressort, au delà de l'amitié de Sarko pour des patrons de presse, une réelle passion de convaincre (le cas échéant en étant lourd, insistant, menaçant) chez Sarko, qui n'existe pas chez Ségo.

09:20 Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Ségolène, Eric Besson, Tapiro, Nadine Morano, Hortefeux, spin

mardi, 20 février 2007

Same story, different names?

un sondage IFOP, une dépêche Reuters et la machine médiatique peut démarrer. 

"Au 2e tour, Bayrou gagnerait face à Sarkozy ou Royal"

Ca me rappelle furieusement la primaire socialiste. "la seule capable de battre Sarkozy" selon le FIgaro du 21 aout 2006. 

"Ségolène Royal serait la seule candidate socialiste capable de battre Nicolas Sarkozy. Selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France (964 personnes interrogées les 10 et 11 août), la présidente de Poitou-Charentes devancerait le ministre de l'Intérieur par 55% des voix contre 42% dans un éventuel second tour. Tous les autres prétendants du PS seraient battus : Jack Lang (47% contre 50% pour Sarkozy), Lionel Jospin (44% contre 53%), Dominique Strauss-Kahn (42% contre 55%), François Hollande (41% contre 56%) ou Laurent Fabius (38% contre 58%). Alors que ses rivaux soulignent sa faible compétence en matière de politique étrangère, c'est à elle, à gauche, que les Français feraient le plus confiance dans une crise internationale comme celle du Liban (28% contre 18% pour DSK et 17% pour Jospin). "

 

On sait que ce type d'info a influencé  le choix des militants socialistes. 

La nouvelle posture de vainqueur (au second tour, au second tour) que lui donne les sondages servira-t-elle Bayrou (au premier tour)? 

Lire aussi le court et précis billet d'éconoclaste sur les sondages. 

11:20 Publié dans miroir des médias , politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, sondages, ségolène, royal, DSK, sarkozy

lundi, 19 février 2007

C'est quoi ces débats?

Vraiment nuls ces débats du style "j'ai une question à vous poser". (allez quand même voir le compte-rendu de Phersu)

Ca me rappelle les 3 débats de la primaire socialiste: pour le premier, l'excitation fait passer la pilule, pour les autres , bonjour les dégâts.  Et je ne crois pas que cela tienne au fait que S. Royal soit une bien moins bonne oratrice que N. Sarkozy.

Sans doute, d'une campagne sur l'autre, je deviens plus exigeant. Et il faut se garder de l'impression que le niveau baisse. 

Je persiste à croire que le programme d'un candidat ne veut pas dire grand chose (marketing politique, questions de premier ministre) et que la personnalité, la vision est importante (pas le taux de remboursement des lunettes).

En disant cela, j'en perçois la limite: un candidat, c'est aussi un parti, donc un programme , donc une équipe correspondant à son idéologies et donc des personnalités subies: même si je trouve Sarko sympa et intelligent, la perspective d'avoir un gouvernement avec Nadine Morano, Christian Estrosi et Philippe Douste-Blazy me refroidirait sans doute. 

Mais bon, pour examiner les personnalités, une très belle émission sur l'imaginaire  historique des candidats.

C'est sur France Culture, et la première avec Bayrou était très bien.

 

22:50 Publié dans miroir des médias , politique , Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mercredi, 14 février 2007

les chiffrages aussi nuls que les sondages?

Grosse polémique ces jours-ci sur les chiffrages des programmes des candidats. Ca me rappelle mon stage en préfecture: quand mon préfet n'aimait pas une proposition (du genre: envoyer deux agents en réunion à la préfecture de région), il nous disait : vous avez un chiffrage? A la troisième fois, on apprend à évaluer le cout kilométrique et on donne le chiffrage: 153 euros. 

 

Le billet de 20 minutes me parait topique, sans être, loin de là ce que j'ai entendu de plus bête sur l'utilité des chiffrages (le billet de big bang blog qui casse le thermomètre est pas mal...). L'auteur soulève deux limites à l'exerce:

La première, c’est que l’exercice est périlleux. On peut mesurer les coûts d’une réforme, pas toujours ses bénéfices. Des classes de 15 élèves ou des établissements tous dotés d’infirmières, on sait combien ça coûte. Mais ça rapporte combien s’il se révèle qu’au bout du compte une classe d’âge est mieux formée et mieux insérée ? Idem pour l’investissement dans la recherche. Ça coûte ou ça rapporte, d’investir dans la recherche?  Et la prison ? Comment mesurer le bénéfice à venir de mesures permettant à des détenus de se réinsérer?

La difficulté de chiffrer s’exerce aussi d’autres façons. Par exemple, comment anticiper le coût d’une mesure prenant effet dans plusieurs années ? On sait ce que vaut un euro aujourd’hui, mais un euro de 2012 ?

 

En fait je crois que c'est précisément ce que l'on demande à l'économie: faites des projections, en détaillant les scénarios retenus. C'est une gageure, ce n'est pas une science exacte, mais c'est leur boulot. Et l'on peut mesurer ce que rapporte la réinsertion d'un détenu, ou au moins essayer.

Surtout, essayer de chiffrer ce n'est pas, pour moi, clore la discussion en l'objectivant par un argument d'autorité.

Comme je l'écrivais à un autre sujet:

Notre société à besoin de transparence. Accepter la diffusion des données n'est pas une fin en soit, c'est le début du débat. On peut discuter de la méthode de collecte des données, de l'interprétation à donner aux évolutions, etc... Mais arrêtons avec le doux prétexte de "la logique comptable".

 

  Le travail de la cellule de chiffrage de Débat 2007 me parait exemplaire: les hypothèses de travail sont données. Si un candidat estime que sa mesure est mal chiffrée, qu'il propose sa propre méthode. (pas pour nous dire simplement c'est 30 mds et pas 68...) Si Nicolas Sarkozy pense que sa proposition de baisse de la TVA à 5,5% , qui va permettre de créer des emplois qui couteront à l'Etat 50000 euros par an et par emploi va cependant, au terme  du bouclage macroéconomique (moins d'allocs à verser, plus de conso, plus de TVA, plus d'IR etc...) , être une mesure efficace, qu'il le démontre.

Et l'on en vient à la seconde critique de 20 minutes:

Le second point qui me gêne dans la mise en avant systématique des chiffrages, c’est qu’il occulte tous les autres angles de vue. On ne se demande plus si une mesure est juste ou porteuse de vraies transformations, on se demande combien elle coûte. On ne se demande plus si un projet a une cohérence d’ensemble, on veut savoir s’il a prévu les recettes pour financer ses coûts.


 Ceci n'est évidement pas exacte: trop souvent, comme dans l'exemple précité, il suffit que l'on dise qu'une mesure va créer de l'emploi pour qu'elle soit bénie, sans que l'on se demande si le cout ne dépasse pas les avantages. 

Le chiffrage comme outil de discussion économique des projets. On comprends que ceci n'a de sens que lorsque l'on prend chacune des mesures une à une. Additionner des pommes et des oranges pour savoir qui d'un candidat ou de l'autre présente le programme le plus dispendieux n'a guère de sens.  

 

Mise à jour: Pourquoi Eric Besson, qui défendait les chiffrages et le financement du pacte Royal a-t-il démissionné?

23:35 Publié dans Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : programme, chiffrage, sarkozy, eric besson

vendredi, 09 février 2007

La constitution a-t-elle été vendue à L'Europe?

Mauvais articles, mauvais titres du Monde pour qualifier l'arrêt du Conseil d'Etat du 8 février 2007 Sacilor.

"le Conseil d'Etat s'efface derrière la justice européenne"

"le Conseil d'Etat consacre le primat du droit européen"

 

En revanche très bon billet à ce sujet sur le blog de J. Quatremer , qui nous propose en particulier les conclusions du commissaire du gouvernement, M. Guyomar.

 

 L'idée de l'arrêt Sacilor est plus subtile que ne l'indique paresseusement le Monde, et plus susceptible de garantir les droits des individus qu'une simple préséance du droit communautaire sur le droit national, y compris la Constitution.

L'hypothèse de l'arrêt Sacilor est d'abord limitée: est en cause la violation alléguée d'un principe constitutionnel par un texte règlementaire français transposant une directive

Le Conseil d'Etat vérifie désormais si ce principe constitutionnel trouve son équivalent concret dans le droit communautaire.

Si c'est le cas, c'est au regard du droit communautaire qu'est examiné le décret, ou plus exactement la directive qu'il transpose: ceci implique le cas échéant de saisir la CJCE d'une question préjudicielle. Dans notre cas: la question des requérants était : le décret est-il contraire au principe constitutionnel d'égalité? Le CE constate que le décret se borne à transposer une directive et  que le principe d'égalité a son équivalent en droit communautaire. Il reformule alors la question: le décret est-il illégale parce qu'il transpose une directive invalide, en ce qu'elle viole le principe communautaire d'égalité? 

Si ce n'est pas le cas (c'est ce que le commissaire du gouvernement  appelle p.9 la "réserve de constitutionnalité"), par exemple si le droit des propriétés publiques  est invoquée, c'est alors au regard du principe constitutionnel qu'est examiné la légalité du décret, car un tel droit n'existe pas au niveau communautaire.

Il ne s'agit donc pas de s'effacer derrière la justice européenne ou de consacrer le primat du droit européen: il s'agit d'assurer une garantie des droits la plus élévée, le cas échéant en acceptant que l'écran constitutionnel ne soit pas un obstacle à l'application du droit communautaire.

Grand arrêt.

08:10 Publié dans droit public , Europe | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (2) | Envoyer cette note | Tags : constitution, conseil d'etat, cjce, sacilor

jeudi, 08 février 2007

Avez-vous lu Chérèque?

Un jour, peut-être, on lira une étude épaisse et documentée sur la façon dont Ségolène Royal est devenue pour les médias une sérial-gaffeuse un peu écervelée. Ce n'est certes pas une grande oratrice et elle a sans doute de nombreux défauts, mais il parait difficile de penser qu'elle est totalement décérébrée, sauf à valider l'hypothèse qu'étant énarque elle est forcément stupide. Ce genre d'assertion n'a pas sa place sur ce blog.

Il faudra bien-sur tenir compte de son attitude, de son absence d'art de l'esquive face aux questions difficiles, de sa propension à générer des "negative soundbites " que ses adversaires pourront répéter à volonté.

Et toute cette inexpérience, conjuguée à sa captation à la hussarde mais sans stratégie de l'appareil socialiste ( qui ne fournit pas ses troupes pour assurer la riposte), nourrit l'attitude des médias.

« Agir en primitif et prévoir en stratège » disait Char. 

Mais avez-vous lu Chérèque? Deux dépêches reprennent ses propos au micro d'Europe 1 à propos de l'émission qui plaçait le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle "face aux questions de 100 Français".

"Il nous dit les classes moyennes ne peuvent plus s'acheter de maisons: je veux bien qu'il y ait un problème de logement et des classes moyennes qui vont de plus en plus loin dans les banlieues pour habiter, mais quand même ils achètent des maisons !",

Citant l'exemple de Nicolas Sarkozy sur les retraités "de plus en plus pauvres", François Chérèque a affirmé que "c'est faux: c'est la catégorie sociale dont le pouvoir d'achat s'est le plus amélioré depuis 20 ans". L'absence de politique familiale au premier enfant, "c'est faux, on est le seul pays en Europe avec un quotient familial qui réduit les impôts pour tous les Français dès le premier enfant".

 

Les deux premiers points me paraissent plutôt intéressants. Sur la politique familiale, l'argument est plus faible: le quotient familial pour un enfant a un effet minime au regard des couts engendrés par un enfant, y compris dans des foyers fortement imposés, et a fortiori chez les autres. 

"Il nous a dit 'le SMIC, c'est la moitié de Français': c'est pas vrai ! Il y a 17% des Français au SMIC",

 

 Sur ce point, on est plus proche de la bourde au sens où les médias exigeants l'entendent pour S. Royal. La citation de Sarkozy est "C’est le salaire de la moitié, ce n’est pas rien, c’est le salaire de la moitié.".

Alors évidement, j'entends Valérie Pecresse qui nous explique ce jeudi soir sur France Culture qu'il a voulu dire que la moitié des Français, avec le temps partiel et tout, avait un salaire mensuel inférieur au salaire d'un SMICard à temps plein. Elle aurait pu aussi dire que la moitié des Français gagnent moins que le salaire médian!

Et au fond, je suis tout disposé à laisser le bénéfice du doute à Sarkozy sur cette erreur grossière, comme sur la bourde qui consiste à confondre Mitterand et VGE à propos du "monopole du coeur".  

 

Mais face à des propos de même nature chez Royal, nulle bienveillance, seulement la cruchifixion. 

 

Pourquoi cette différence? J'ai du mal à y voir simplement "les puissances de l'argent" et les connivences entre Sarkozy et la presse. Savoir-faire et préparation au long cours de Sarko? Inexpérience, décidément de Ségo?  

 

23:30 Publié dans miroir des médias , politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Ségolène Royal, Sarkozy, bourde SMic, chérèque

mercredi, 07 février 2007

fool's gold? (pour tout ce qui est visible, il existe une copie cachée)

Je reviens vers cet article lu le week-end dernier dans le Monde et qui ne sort pas longtemps de mon esprit. 

Pas de commentaire particulier de ma part, pas d'actualité politique ou juridique à confronter. Juste la beauté de la dissonance cognitive, qui est au coeur de notre campagne ("the best, most adult television shows embrace cognitive dissonance as a storytelling tool" source).

Voici l'article à peine abrégé.

"Jeudi 1er février, au petit matin, trois hommes cagoulés ont pénétré dans les locaux de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, dans le 14e arrondissement de Paris. Après avoir neutralisé le gardien de nuit, ils ont dérobé la recette de la veille. Mais surtout, ils se sont emparés d'un lingot de 12 kilos d'or pur, gravé, qui faisait partie d'une installation réalisée par l'artiste multimédia américain Gary Hill.


(...) au cours de l'or, vendredi 2 février, un lingot de 12 kilos valait au moins 210 000 euros.

Cette oeuvre, intitulée Frustrum, produite sur commande de la Fondation, occupait, depuis le 25 octobre, la totalité d'une salle d'exposition. Un grand bassin noir y était rempli d'une huile industrielle sombre. Au centre était posé le fameux lingot. Au fond de la pièce, sur un écran géant, se reflétant dans le bassin, un aigle, enfermé dans un pylône électrique, battait l'air de ses ailes. Chaque contact du rapace avec les fils du pylône provoquait une décharge, accompagné d'un bruit de fouet.

"L'artiste a voulu figurer l'empire - à commencer par l'empire américain - fouettant le monde, mais aussi montrer que l'empire est pris au piège de ses propres valeurs", expliquait encore, vendredi soir, un guide aux visiteurs, deux jours avant la fermeture définitive de l'exposition, dimanche 4 février. Le même guide précisait que l'artiste, âgé de 55 ans, précurseur du vidéo art, avait tenu à ce que tous les matériaux soient vrais. (...)

Ce vendredi, pourtant, le lingot présenté aux visiteurs était évidemment faux, puisque le vrai avait été dérobé 36 heures auparavant...

AUCUN COMMENTAIRE

C'est là que les interrogations commencent. Le lingot volé se trouvait-il bien au centre du bassin jeudi matin ou a-t-il été dérobé "dans les locaux sécurisés", autrement dit un coffre, comme le laisse entendre la formule officielle policière ? Si tel était le cas, était-il présenté aux visiteurs pendant la journée puis mis à l'abri la nuit ? Ou, de peur d'un éventuel sinistre, la Fondation avait-elle fait confectionner un faux, sans en avertir l'artiste ? Dès jeudi matin, en tout cas, un lingot flottait à nouveau sur le bassin de liquide huileux.

Interrogée par Le Monde, la direction de la police judiciaire parisienne n'a pas souhaité apporter d'autres précisions, répétant toutefois que les malfaiteurs étaient "manifestement bien renseignés". La Fondation Cartier n'a voulu faire aucun commentaire. "Une enquête est en cours", expliquait-on. Vendredi soir, en tout cas, aucun avertissement ne prévenait les visiteurs que le lingot exposé était un faux. Ni que sur le vrai, l'artiste avait gravé cette mention : "Pour tout ce qui est visible, il existe une copie cachée.""

 

09:05 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dissonance cognitive

lundi, 05 février 2007

C'est quoi cette campagne?

- Hillary fait son premier débat participatif. « Let the conversation begin ». Mais un an et demi avant la présidentielle...

- Pour François Fillon, la gauche aurait dû travailler plus (son programme) pour gagner plus.

- Slate lance le Youtube Gotcha game "ou comment le web pourrait faire couler un candidat ou deux".

- une femme politique est nécessairement assujettie à l'ISF. Imparable.

- un blog  sur la campagne électorale française comme un manuel d'éducation sexuelle écrit par un eunuque? C'est France profonde. Un Anglais qui vit à l'étranger perd son droit de vote, sauf à devenir Français...

- l'aimable Laurent Wauquiez aimerait une campagne un peu plus sur le fond, et un peu moins sur les attaques personnelles.  "Un exemple. Jeudi, j'ai fait un débat sur France Inter contre Jack Lang. Cela m'a beaucoup fait rire, c'était ma marionnette préférée au Bébette show !"

- et si le web permettait, quand même de toucher le fond? "L'analyse basée sur la fréquentation de Dailymotion prouve que les internautes viennent chercher sur le web ce qu'ils ne trouvent pas ailleurs : le fond."

22:45 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Hillary Clinton, François Fillon, ISF, Laurent Wauquiez

dimanche, 04 février 2007

Maison-Alfort: Sarko lit-il mon blog?

Petit peignage vagabond et subjectif  du discours de Nicolas Sarkozy à Maison-Alfort le 2 février 2007.

 

- Commençons par un résumé à la hache du discours: il faut en finir avec la conception soixante-huitardo-rousseauiste de l'école, qui au nom de l'égalité,  entraine un nivellement vers le bas, qui fait prévaloir la spontanéité sur la transmission des valeurs. Les auditeurs attentifs de l'émission d'Alain Finkelkraut du samedi matin sur France Culture connaissent ce topos.

- Pourquoi un tel discours? Il faut vraiment être journaliste pour laisser entendre que tous les profs sont de gauche ET qu'ils sont susceptibles d'être charmés par le discours sarkozyste (cf infra mon point 4) . En réalité, il me semble que le but de  la manoeuvre est double:

a) s'assurer que les profs de droite ne se laissent pas séduire par l'ordre juste que S. Royal entend le cas échéant instaurer à l'école (quel qu'en soit le contenu, ce n'est pas le sujet de ce billet) ou d'ailleurs par le charme centriste et la poule au pot bayrouiste.

b) surtout séduire les parents: vos enfants, on va leur apprendre des trucs, les profs baba-cool c'est fini.  Voir aussi infra mon point 1°).

 

- Voici 4 extraits de ce discours qui me font plus particulièrement réagir, parce qu'ils font écho à des choses que j'ai déjà écrites: 

 

1°) ce premier extrait m'a donné l'idée du billet:

 Je souhaite qu'une allocation familiale soit versée dès le premier enfant parce que le premier enfant représente une charge très lourde pour les jeunes couples qui sont au début de leur carrière professionnelle, qui souvent enchaînent les petits boulots et sont confrontés à la précarité.

 

Mes lecteurs attentifs se souviendront que c'est une proposition  que j'ai formulé la semaine dernière.

 

2°)  le deuxième extrait pourrait simplement relever de la langue de papier: l'affirmation de valeurs que tout le monde partage (je suis contre le génocide au Darfour, contre les violences conjugales...)

La démocratisation de la culture c’est se donner les moyens de faire comprendre et aimer Sophocle, Shakespeare ou Racine au plus grand nombre. Ce n’est pas les supprimer des programmes pour qu’un plus grand nombre d’élèves puisse suivre plus facilement.

 

 Mais en réalité je crois que N. Sarkozy a changé: on est en effet assez loin du discours de Lyon (23 février 2006) que j'évoquais dans un billet précédent

L’autre jour, je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle.

 

 3°) Nico séduira-t-il les professeurs d'économie avec ses propositions de revalorisation de traitement des enseignants? Optimum ne le pense pas, notamment à cause de cette déclaration: 

On peut toujours essayer de se rassurer avec quelques statistiques montrant que le niveau monte. Elles valent à peu près la même chose que les statistiques de prix qui prétendent démontrer que l’euro n’a pas fait monter les prix.

 

Toujours est-il que ce coup de menton correspond à la stratégie que je préconise à longueur de billets.

 

 4°) La dernière citation est à double tranchant venant d'un homme politique qui a eu de nombreuses responsabilités ministérielles et a donc nécessairement signé une foultitude de circulaires:

Certains d’entre vous connaissent sans doute la magnifique lettre de Jules Ferry aux instituteurs sur l’enseignement de la morale, écrite en un temps où les circulaires bureaucratiques qui étouffent notre vie administrative n’existaient pas encore

 

Quand on n'est pas capable de maitriser le nombre de textes normatifs produits chaque année, les circulaires sont bien utiles pour fixer des priorités, dès lors que la création de nouvelles missions n'a jamais vocation à s'accompagner de la suppression de missions désuètes ou de la création de postes supplémentaires.  

En outre, cette référence aux circulaires est à ma connaissance la seule (et elle est subliminale) à un point qui a beaucoup intéressé nombre d'enseignants en 2006.

En effet la circulaire que l'on retiendra de la législature qui s'achève, c'est quand même la circulaire du 13 juin 2006 relative aux "mesures à prendre à l'endroit des ressortissants étrangers dont le séjour en France est irrégulier et dont au moins un enfant est scolarisé en France depuis septembre 2005", plus connue sous le nom d'expulsion des enfants scolarisés sans papiers

On sait que la mobilisation sur ce sujet est d'abord venue des enseignants et des parents d'élèves. Mais Sarkozy a changé, et afin de ne pas confondre ses casquettes de ministre de l'intérieur et de candidat à la présidentielle, son discours sur l'école ne se réfère pas à ce problème.

Mes lecteurs attentifs savent que j'ai conscience de la complexité du problème des enfants sans papiers. N. Sarkozy en reparlera-t-il pendant cette campagne? 

 

5°) enfin, je souhaite du courage au président putatif pour tenir cette proposition:

Si je suis élu je m’engage à ce que l’on débatte de nouveau des programmes scolaires et du projet éducatif devant le Parlement et devant le pays.

 

 "de nouveau" est l'expression appropriée: la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école de 2005 a été partiellement invalidée par le Conseil constitutionnel pour son défaut de portée normative:

16. Considérant qu'aux termes du II de l'article 7 de la loi déférée : " L'objectif de l'école est la réussite de tous les élèves. - Compte tenu de la diversité des élèves, l'école doit reconnaître et promouvoir toutes les formes d'intelligence pour leur permettre de valoriser leurs talents. - La formation scolaire, sous l'autorité des enseignants et avec l'appui des parents, permet à chaque élève de réaliser le travail et les efforts nécessaires à la mise en valeur et au développement de ses aptitudes, aussi bien intellectuelles que manuelles, artistiques et sportives. Elle contribue à la préparation de son parcours personnel et professionnel " ;

17. Considérant que ces dispositions sont manifestement dépourvues de toute portée normative ; que, dès lors, le II de l'article 7 de la loi déférée est contraire à la Constitution ;

 

Et dans l'hypothèse où l'équipe de N. Sarkozy lit mon blog, je lui rappelle le mode d'emploi préconisé par le Conseil constitutionnel pour permettre ce type de discussion au parlement:

13. Considérant, néanmoins, que, s'il était loisible au Gouvernement d'associer le Parlement à la politique qu'il entend mettre en oeuvre dans le domaine de l'éducation par une loi de programme plutôt qu'en faisant usage des prérogatives qui lui sont reconnues par les premier et dernier alinéas de l'article 49 de la Constitution [il s'agit de la déclaration de politique générale], il devait, dès lors, respecter la procédure prévue à cet effet ;

14. Considérant, en l'espèce, que, dès le dépôt du projet dont est issue la loi déférée sur le bureau de la première assemblée saisie, le rapport annexé à celle-ci se rattachait à la catégorie des lois de programme ; qu'en effet, bien qu'ayant fait l'objet de nombreux amendements parlementaires au cours de son examen, il a toujours eu pour objet de faire approuver par le Parlement des dispositions dénuées d'effet juridique, mais fixant des objectifs qualitatifs et quantitatifs à l'action de l'Etat en matière éducative ; que, dès lors, en vertu de l'article 70 de la Constitution, il aurait dû être soumis pour avis au Conseil économique et social ; que l'omission de cette formalité substantielle a entaché la régularité de la procédure mise en oeuvre pour son approbation ;

 

 

10:30 Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, discours de maison-alfort, circulaire, école

vendredi, 02 février 2007

Ce qu’une loi fait mal, une loi de répétition peut-elle le mieux faire ?

1) Dans son discours de Saint-Quentin,  prononcé le 25 janvier 2007, Nicolas Sarkozy  nous explique :

« On n’est pas libre quand on n’a pas le droit d’emprunter lorsqu’on a été malade. (…) Je souhaite que le malade bénéficie d’une caution publique pour qu’il soit libre, comme tout le monde, d’emprunter pour acheter sa maison. »

Le candidat  avait déjà évoqué cette mesure dans "à vous de juger" le 30 novembre 2006 : "Quand vous prenez un emprunt on vous colle d’abord une visite médicale et vous avez intérêt à être en bonne santé, parce que si le banquier il voit que vous n’êtes pas en bonne santé, on commence par vous coller une surprime.(...)"

Et que lis-je dans le JO de ce 1er février 2007 (p. 1945) ? La loi n° 2007-131 du 31 janvier 2007 relative à l'accès au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé est publiée. Le projet de loi a été présenté en conseil des ministres le 22 novembre 2006, puis  bâclé discuté dans l'urgence et adopté à l’assemblée nationale le 11 décembre 2006 et définitivement adopté par le Sénat le 18 janvier 2007.

MAJ: la proposition est renouvelée (en creux) dans le discours à la mutualité du 11 février 2007.

2) On se souvient que Ségolène Royal a proposé de faire une loi visant à protéger les femmes victimes de violences et prévoyant notamment l'éloignement immédiat du conjoint violent du domicile conjugal.

 La porte-parole de l'UMP, Valérie Pecresse, a aussitôt dénoncé l'"ignorance injustifiable et inexcusable" de la socialiste. "Elle ne sait pas que ce dispositif d'éloignement a été mis dans la loi par les gouvernements Raffarin et Villepin", a-t-elle remarqué en faisant référence à deux textes : la réforme du divorce de 2004 et la loi du 4 avril 2006 "renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple".

 Des blogueurs émérites se sont fait l'écho de cette juste colère (que l'on hésite à qualifier de colère juste).

 

3) Chacun se fera son idée sur le caractère plus ou moins grave de ces deux propositions et pour en hiérarchiser la gravité relative. Eu égard à la charte pour la qualité du débat public que j ‘ai auto-promulgué, je ne m’engagerai pas sur ce terrain.

Mais les 2 exemples sont révélateurs, à des degrés divers de la situation lamentable dans laquelle se trouve la Loi dans notre pays. On vote et on revote des textes, avec les meilleurs intentions du monde et la plus grande urgence. On se rend compte qu’elles ne suffisent pas à répondre aux attentes légitimes de nos concitoyens. Et l'on en propose de nouvelles.

 

3.1) On peut soutenir que le constat de S. Royal sur les violences faites aux femmes est juste et la réaction de l'UMP naïve. Il ne suffit pas de voter une loi pour que la vie change d'un coup. Contrairement à ce que l'on semble croire dans le monde politique, la performativité   de la loi est rare , tout comme le pouvoir thaumaturge du président de la République.

Proclamer un droit ne suffit pas à le rendre opposable, proclamer un droit opposable ne suffit pas à créer des logements non plus qu'à en chasser les maris violents.

Mais comme souvent, Ségolène Royal fait un bon constat, mais sa proposition est faiblarde: faire une nouvelle loi!

 

3.2) pour l'exemple de N. Sarkozy, ma seule explication plausible est que les gens qui écrivent ses discours ne s'intéressent pas à l'actualité parlementaire. 

Ou alors qu'entendant parler de ce projet de loi en Conseil des ministres, N. Sarkozy s'est dit que s'était une idée  de nature à lui donner le vernis social nécessaire. Dans cette mesure, peu importe que la loi soit déjà votée, puisque la proposition est de toute façon bonne... Et puis c'est le moyen de faire passer des propositions dans lesquelles NS ne met pas en avant avec autant de fraicheur sa fibre sociale...

 

Qui aura le courage de dire que bien souvent ce n'est pas en changeant la loi que l'on change les choses? 

 

 

 

09:20 Publié dans miroir des médias , politique , Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène, Sarkozy, parlement, violences conjugales, pecresse