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jeudi, 26 avril 2007

Répétion : déjà vu? (presque live blogging)

Sarkozy sur France 2 ce soir:

- "Le débat de 2ème tour c'est entre Mme Royal et moi". "je suis désolé pour M. Bayrou, mais le 6 mai, il n'y aura pas de bulletin Bayrou, je suis désolé pour M. Le Pen, mais le 6 mai, il n'y aura pas de bulletin Le Pen". Gloups! 

- "O. Blanchard, économiste au MIT, a toujours voté à Gauche, mais cette fois il a déclaré voté pour moi, parce qu'il pense que ma politique économique est la meilleur".

C'est vrai, mais Blanchard précise: "je ne crois pas qu'il puisse réduire les prélèvements autant qu'il le dit : on est là dans l'ordre de la promesse électorale, pas de la politique économique (...) je pense en particulier que la suppression de l'impôt sur les successions serait une erreur" 

- A la question : "la suppression des charges et de l'IR sur les heures supplémentaires ne va-t-elle pas inciter les entreprises et les salariés à tricher en déclarant des heures fictives plutôt que d'accorder des augmentations?". NS répond: "quelle drôle d'idée des entreprises!" . Il doit bien y avoir quelques entreprises de gauche où l'on fraude, non? 

- "je n'ai jamais insulté Mme Royal dans cette campagne". Plus loin: "vous pouvez choisir d'élire quelqu'un qui n'a de réponse sur rien".    

- NS propose que l'opposition préside la commission  des finances à l'assemblée nationale. Une idée qui est en l'air depuis longtemps  et qui est proposée par... S. Royal. Est-ce à dire qu'en tout état de cause, on l'aura? NS visiblement  découvre que SR a déjà fait la proposition...

- il propose un congé pour s'occuper d'un parent âgé et malade. Excellente idée, prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007 et dont les décrets d'application viennent de sortir...

- "la Slovénie vient de supprimer l'impôt sur les bénéfices de les sociétés. A-t-elle demandé l'avis de la France? Non. Et alors pourquoi la France doit-elle demander son avis à l'Europe pour baisser la TVA sur la restauration?".

Ben... pas parce que c'est bête à manger du foin, mais parce qu'en matière de TVA il y a une Directive 77/388/CEE du Conseil, du 17 mai 1977, en matière d'harmonisation des législations des États membres relatives aux taxes sur le chiffre d'affaires...

 

 

22:20 Publié dans politique , Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Qui a dit? (II)

A: "Vous êtes le seul homme qui, à la fois, connaisse le jeu parlementaire et sache  y inscrire une vue d'ensemble à la mesure de la grandeur de la France. Prenez ma place."

B: " je suis vieux, malade, et j'ai été l'homme le plus haï de France... Non." 

 

MàJ: De Gaulle et Blum.  (cité dans "Léon Blum" de J. Lacouture, p. 528) medium_blum.jpg

09:15 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mardi, 24 avril 2007

Sarkozy à Rouen: comique de répétition?

Je viens de regarder le discours de Sarkozy à Rouen. (visible ici)

Et très honnêtement, à part quelques facilités de langage, on se marre bien, cet homme est un acteur né. Je partage le point de vue de Philippe Candeloro (une référence): les discours de Sarko c'est super, ça dure une heure et on s'emmerde pas. (et corolairement, il est difficile de s'accrocher à un discours de Ségolène Royal...)

Ses discours sont construits un peu comme la Cité de la Peur, la trame générale étant prétexte à une série de sketchs.

On retrouve plusieurs gimmicks déjà entendu dans d'autres discours, ce qui n'est pas en soi choquant: quand on a une bonne histoire, on la répète, c'est même en soi une source de comique

En voici quelques uns qui m'ont marqué:

1°)  l'énarque bête devenu savant. Le discours de Rouen reprend la parabole qu'il avait esquissé à Issy les Moulinaux le 18 avril quasiment mot pour mot.

C'est l'histoire de la crise d'Alstom (un sujet de poilade un peu facile, mais, bon..):  (46'56) 

 "Un de mes collaborateurs avait fait une note parfaite, deux jours après mon arrivée au ministère des Finances. Cette note était impeccable, rien ne dépassait, tout était logique et implacable, c’était fini, fichu, foutu.

J’ai fait venir ce jeune conseiller, brillant, qui avait fait toutes les écoles, il avait été premier partout, sauf où il avait été deuxième, il avait dû avoir soit un chagrin d’amour soit une grave maladie,  c’est la même chose, manque de concentration !

Je lui ai dit que sa note était remarquable, il m’a cru, il rougit de plaisir, je lui ai alors demandé de refaire la même note en pensant que dans les 25 000 employés d’Alstom, il y avait son père, pour voir si, à ce moment-là, il traiterait Alstom de la même façon"

Et évidemment, le brillant énarque (ou polytechnicien, l'histoire ne le dit pas) réécrit la note, et Sarkozy sauve Alstom. Je m'étonne qu'une telle expérience n'est pas suscité un projet de réforme de l'enseignement à l'ENA: il suffit d'imaginer que son père est concerné par le cas d'étude pour pondre une super note...

Notons que l'histoire perd de sa saveur à l'écrit. Il faut vraiment voir Sarko, quand il fait sa petite incidente qui ne sert à rien pour le débat d'idée, consacrée à la peine de coeur de crane d'oeuf. [que veut-il vraiment nous dire par ce détour? que s'il a été lui-même deuxième c'est parce que, etc...?]. 

 

2°)  le malade qui emprunte. C'est une histoire entendue souvent, qui a fait l'objet d'un billet ici. Dans le discours de Saint-Quentin,  prononcé le 25 janvier 2007, l'histoire avait une tonalité grave:

« On n’est pas libre quand on n’a pas le droit d’emprunter lorsqu’on a été malade. (…) Je souhaite que le malade bénéficie d’une caution publique pour qu’il soit libre, comme tout le monde, d’emprunter pour acheter sa maison. »

A Rouen, le thème est le même, mais encore une fois, il faut voir le sketch auquel se livre Sarko, ces intonations, ses mimiques, ses effets. (54'20)

Il nous décrit le pauvre malade : "c'est quand même curieux que quand on va chez le banquier, il faille passer chez le médecin! (rires) on vous examine sous toutes les coutures, on va finir par croire qu'on vous aime... (rires)". "Alors si vous êtes jeune, en bonne santé et avec un emploi, vous pouvez emprunter. (pause) Mais on vous trouve une maladie... (imitant le banquier chafoin) et en plus vous demandez un emprunt!". "vous êtes convoqué dans  le petit bureau et on vous dit 'ça va s'arranger". "juste un détail  (pause). Ca va être plus cher pour vous! (redevenant Sarkozy) Eh bien ça, je ne l'accepterai jamais!!  (ovation dans la salle)".

Ce qui est le plus inouï, comme je le relevais dans le billet précité, un tel dispositif a déjà été mis en oeuvre par la loi n° 2007-131 du 31 janvier 2007 relative à l'accès au crédit des personnes présentant un risque aggravé de santé. Mais bon, l'histoire est belle, et elle est bien racontée.


3°) dernière blague: vous reprendrez bien des 35 heures? (59'20)

 "Vous avez aimé les 35 heures de M. Jospin? (sifflets dans la salle)

Alors vous allez adorer les 35 heures de Mme Royal! (sifflets encore plus fort) Non, ne sifflez pas, c'est une idée merveilleuse les 35 heures. (stupeur amusée dans la salle) C'est la seule idée qu'on a pas besoin de breveter pour la protéger: personne ne vous la pique! (rires)".

Mais Nicolas a peut-être raté son effet comique: le plus drôle c'est qu'avec sa proposition d'heures supplémentaires exonérées au delà des 35 heures, le budget de l'Etat paiera deux fois: pour les allègements de charges liées aux 35 heures et pour les exonérations de charges liées au retour tortueux aux 39 heures! 

Et redevenons sérieux juste quelques instants autour de cette question des charges, en rappelant 2 principes trop souvent oubliés: certes, il est pertinent de baisser les charges sur les bas salaires, afin de baisser le coût du travail des moins qualifiés et de leur permettre de trouver un emploi. Mais, a) les charges sociales ne sont pas là que pour faire suer les patrons et les salariés: elles servent à financer la sécurité sociale; b) il existe un principe  inscrit dans la loi organique (article LO 111-4 du code de la sécurité sociale) de compensation intégrale des allègements de charge: autrement dit, en principe toute baisse de charge doit être financé par un transfert du budget de l'Etat à la sécu. Seule la loi de financement de la sécu peut y déroger, mais alors on retombe dans le a).

En disant cela, j'ai bien conscience de retomber dans le sketch de l'énarque bête. Mais je n'arrive pas à trouver une meilleur solution en imaginer que c'est mon père qui est chargé de boucher le trou de la sécu. 

22:25 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, baisse des charges, énarque, 35 heures, alstom

Qui a dit?

"j’adore les convertis de la dernière heure"

08:47 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

dimanche, 22 avril 2007

Deuxième tour: Qui va gagner?

la photo du second tour

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22:30 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

vous avez dit indécision? (pour qui voter II)

- top 10 des requêtes google qui ont dirigé des lecteurs vers ce blog cette semaine:

  1. pour qui voter
  2. qui voter
  3. le silence des lois
  4. qui votez
  5. pour qui voter?
  6. pour qui voter ?
  7. voter pour qui
  8. vge
  9. qui voter ?
  10. silence des lois

 

- un trafic multiplié par 3 ou 4 alors que je n'ai pas posté depuis 10 jours...  (le premier hoquet  de surfréquentation est dû à l'effet conjugué d'un lien de Versac)

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- je ne stigmatise nullement les internautes qui demandent à google pour qui ils doivent voter, mais avouez  que ça fait froid dans le dos...

- et que vient faire VGE dans cette liste? 

 

 

 

 

18:30 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

samedi, 14 avril 2007

affiches électorales: qui est l'intru?

"Les événements effacent les événements ; inscriptions gravées sur d'autres inscriptions, ils font des pages de l'histoire des palimpsestes" (Chateaubriant)

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20:05 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : palimpsestes

jeudi, 12 avril 2007

Pour qui voter?

Je suis assez déconnecté de la campagne depuis quelques jours, et ça va continuer. A vrai dire, je réfléchis déjà à 2012.J'ai déjà envie (en réalité cela fait bien trois mois) d'écrire le bilan de cette présidentielle, mais je me rends compte qu'énormément de gens sont encore indécis pour le 22 avril. Je me propose donc de leur donner les clés de l'élection, par 2 séries de réflexions (comme souvent un peu tongue in cheek, mais elles traduisent mon désillusionnement et le ton adopté depuis quelques temps sur le blog: l'humour est la politesse du désespoir).

 

1°) je pourrais continuer à démonter les programmes et les déclarations des candidats qui ne me plaisent pas, ou défendre ceux du candidat que j'ai choisi. Je pourrais aussi regarder les problèmes qui me paraissent important, selon ma conception de l'intérêt général) et évaluer chaque candidat à cette aune. 

Je le le ferai pas, et suis de plus en plus convaincu que ce n'est pas pendant la campagne électorale que l'on peut avoir cette discussion pour façonner son choix. 

Un billet d'éconoclaste m'a rappelé mes manuels d'économie (que j'ai ouvert il y a longtemps et pendant une courte période) et la théorie du Public Choice, qui ne peut que rabaisser notre propension à nous fonder sur les programmes des candidats pour voter: 

"l'esprit du public choice a des progrès à faire dans une communauté des économistes qui restent bien souvent dans la perspective rassurante du leader bienveillant qui appliquera son programme à une populace plus ou moins subjuguée. Cette partie-là du keynésianisme n'était pas la meilleure. Rappelons avec Downs que les politiciens ne se font pas élire pour appliquer un programme; ils définissent un programme pour se faire élire. Que la politique appliquée, si elle n'est pas indépendante du programme prédéfini, dépend avant tout d'équilibre sociaux et d'institutions contre lesquels même un leader bien intentionné ne peut pas grand-chose. Cette prise en compte des institutions et des équilibres sociaux est ce qui manque cruellement à l'analyse de Blanchard."

 Cette vision des choses est assez désespérante pour la démocratie, puisque finalement on ne peut que marginalement se fonder sur les programmes et les déclarations des candidats pour faire son choix.  Mais elle me parait extrèmement heuristique: les programmes des candidats évoluent depuis six mois au gré de l'attente des citoyens telle qu'elle est perçue par les sondages, les commentaires, les rapports de force. On peut appeler cela le marketing de la demande.

 

2°) en ayant dit tout cela, on n'est guère avancé. Une lecture un peu déjantée  décantée des déclarations des candidats et de leurs militants, des commentateurs politiques, des sondages, etc... me conduit à vous suggérer  la stratégie suivante, selon le bord politique qui est le votre habituellement:

-        Si vous êtes d’extrême gauche ou proche du parti communiste, vous savez que votre chapelle va se prendre une avoinée aux élections. C’est sans doute parce que les "appareils" n’ont pas su se fédérer, et l’offre à la gauche de la gauche n’est pas assez à gauche, et en plus n’offre pas un réel choix. De toute façon le système démocratique est une farce. Votez Le Pen, ça leur fera les pieds. 

-        Si vous êtes socialiste, il faut voter Bayrou. On peut assumer que la victoire de votre camp n’est pas votre priorité : l’important c’est d’envoyer des signaux à la direction du PS, et de faire barrage à l’extrême droite. Le vote Bayrou, s’impose comme une évidence : il est plus à gauche que Royal sur beaucoup de sujets et il est le seul à pouvoir battre Sarkozy, incarnation actuelle du fascisme.

-        si vous êtes centriste, le vote Royal s’impose avec la même évidence : elle est plus à droite que Bayrou (cf. point précédent) et moins à droite que Sarkozy.

-        Si vous êtes PT, ne votez pas pour Schivardi qui n’est même pas trosskiste.

-        Si vous êtes vert, votez pour Bové, car Voynet n’est pas assez altermondialiste.

-        Si vous proche de Bové, votez pour Voynet, car Bové ne met pas assez l’accent sur l’écologie.

-        Si vous êtes chasseur, abstenez-vous.

-        Si vous êtes proche du FN, n’hésitez plus, il faut voter Sarko : il a repris les idées de Le Pen, et avec lui vous avez une bonne chance qu’elles soient mises en œuvre.

-        Si vous êtes de sensibilité UMP, les choses se compliquent : en effet, vous n’avez aucun intérêt à voter pour N. Sarkozy, puisque celui-ci est assuré de remporter l’élection présidentielle. Vous devriez peut-être voter pour l’extrême gauche, afin de semer la confusion dans le parti socialiste en brouillant le signal social-démocrate que les électeurs socialistes ont envoyé en votant pour Bayrou.   

 

 

10:10 Publié dans miroir des médias , pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : public choice, programme, marketing de la demande, ségolène, sarkozy

samedi, 07 avril 2007

Pourquoi écrire?

J'écris. J'écris que j'écris. Mentalement je me vois écrire que j'écris et je peux aussi me voir voir qui écris. Je me rappelle écrivant déjà et aussi me voyant qui écrivais. Et je me vois me rappeler me voyant me rappeler que j'écrivais et j'écris en me voyant écrire que je me rappelais m'être vu écrire que j'écrivais et que j'écrivais que j'écris que j'écrivais. Je peux aussi m'imaginer écrivant que j'avais déjà écrit que je m'imaginais écrivant que je me vois écrire que j'écris. (Salvador Elizondo)

(en fait, j'ai écris ce billet il y a plusieurs jours avant qu'il ne soit publié automatiquement.  Et en écrivant ces lignes, je vous imagine les lisant, et moi m'imaginant vous imaginer les lisant.)

08:10 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ecrire, salvador elizondo

jeudi, 05 avril 2007

y-a-t-il une violence de loisir et une violence de travail?

Il ya une vrai cohérence idéologique chez N. Sarkozy: réhabiliter la valeur travail et fustiger la société des loisirs.  Cette grille d'analyse vaut aussi pour la violence:

1°) il y a une violence de gauche, qui nie les formes d'autorité

"Je revendique le droit de dire qu'en niant toutes les formes d’autorité,

Qu'en récusant toutes les manifestations de l’autorité, on a réinstallé la barbarie dans la société. On a introduit une sorte de violence primitive dans les rapports sociaux." (discours de Villebon sur Yvette 20 mars 2007)

 Le divorce entre les forces de police et les citoyens tel qu'il s'exprime dans les incidents de la gare du Nord "C'est la faute de la pensée soixante-huitarde dont Libération est le plus brillant exemple"  (in Le Monde)

Cette violence c'est une violence gratuite, une violence pour se distraire, une violence de la société des loisirs.

 

2°) il y a une violence de droite, une violence de gens  qui se lèvent tôt pour casser

"Je suis venu parler ici du civisme parce qu’ici on ne demande rien d’autre que de pouvoir vivre du fruit de son travail, ici on ne brûle pas la voiture de son voisin, ici on ne se laisse jamais aller à la violence gratuite. Chez les marins, on ne fraude pas, on ne triche pas. Ici quand on manifeste, quand on recours à la violence, ce n’est jamais pour se distraire, ce n’est jamais pour nuire à autrui, c’est parce qu’on est désespéré, c’est parce qu’on n’a plus de recours et qu’on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale.

Je veux le dire ici, aucune violence n’est acceptable dans la république, mais je ne mets pas, je ne mettrai jamais sur le même plan la colère des pêcheurs qui ne veulent pas mourir et la violence gratuite des fraudeurs et des voyous. " (discours de Lorient 3 avril 2007)

 

3°) évidemment, avec ce type de justifications, je me demande comment les actions d'un José Bové (qui casse et fauche ni pour se distraire ni pour travailler) entrent dans la grille d'analyse. S'agirait-il d'une forme de violence centriste? 

 

08:46 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, violence, lorient, villebon sur yvette

mercredi, 04 avril 2007

Présidentielles: une question de méthode?

1.) "Après avoir rencontré des militants écologistes, Nicolas Sarkozy s'est engagé à mettre en place "un Grenelle de l'environnement". Quelques jours plus tôt, après avoir obtenu le ralliement de Jean-Louis Borloo, il annonçait "un plan Marshall pour l'emploi". Pourquoi pas demain un Yalta sur les retraites, un Camp David pour les SDF ou un Vatican II des musulmans de France ?" (Robert Solé dans le Monde)

 

2.)  Ségolène Royal annonce « Si je suis élue, le débat sur l’avenir énergétique de la France sera immédiatement ouvert. » car « A si peu de temps du premier tour de l’élection présidentielle, je pense qu’il faut remettre à plat le dossier ». Elle propose aussi un moratoire sur les OGM en plein champ. Selon Eric Besson (ce billet est humoristique): "à chaque fois que la candidate ne sait pas trancher, elle s’est prononcée pour un moratoire » Il propose donc un moratoire sur les moratoires, ce à quoi Koz ajoute "On pourrait agrémenter, en fait, ce moratoire sur les moratoires, d’un moratoire sur les débats, si ce n’est d’un débat sur les moratoires."

 

3.) François Bayrou propose de supprimer l'ENA pour la remplacer par une école des services publics qui formerait les haut-fonctionnaires. Il propose de supprimer le Conseil d'Etat pour le remplacer par une juridiction suprême de l'ordre administratif chargé notamment d'examiner les pourvois en cassation contre les arrêts des cours administratives d'appel.

Autres suggestions:

-supprimer le Sénat et le remplacer par une chambre haute du parlement qui représenterait les élus locaux;

- supprimer le président de la République  et le remplacer par un chef de l'Etat qui veille au respect de la Constitution, qui  assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat, qui est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.

08:57 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ségolène, bayrou

lundi, 02 avril 2007

C'est quoi un énarque?

Vous pourrez voir des énarques ce soir sur France 2 à 23h10 dans "complément d'enquête", qui suit la promo "Aristide Briant"  actuellement en scolarité.

La proposition de Bayrou que j'évoquais hier fait à peu près l'unanimité contre elle, en ce qu'elle est simpliste et ne répond à aucun problème.

A noter: la fiche de dénonciation d'énarque proposée par David Abiker.

J'ai dû écrire une bonne quinzaine de billets sur l'ENA et les énarques, voici sept billets de fond qui peuvent résister à la relecture.

 

la place des énarques en politique :

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/11/20...

 

le problème de la diversité sociale dans la fonction publique :

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/11/25...

 

le recrutement académique à la française par concours …

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/12/13...

… versus le recrutement « managérial » à l’anglaise

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/07/19...

 

La localisation à Strasbourg :

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/10/02...

 

le problème du pantouflage :

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/07/06...

et

http://lesilencedeslois.blogspirit.com/archive/2006/07/06...

 

Bonne lecture!

19:00 Publié dans Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ena, énarques

dimanche, 01 avril 2007

Bayrou aurait-il une ESP?

Ce serait le meilleur poisson d'avril de l'année si ce n'était pas triste: F. Bayrou veut "supprimer l'ENA symbole du verrouillage actuel de la société française".

Jusque là, pourquoi pas.

Mais en réalité, sa "réforme en profondeur de l'Etat" consiste seulement en "la suppression de l'Ena et son remplacement par une école de haut niveau, une Ecole des services publics".

Au fond, la discussion me parait ouverte sur chacun des leviers de la sélection des haut-fonctionnaires: concours d'entrée, formation initiale, formation continue, corps de sortie (suppression des grands corps...), recrutement contractuel...

Les buts de l'école n'ont pas changé depuis l'ordonnance n°45-2283 du 9 octobre  1945:

 « apprendre le sens de l’Etat », «comprendre les responsabilités de l’Administration », « faire goûter les grandeurs et accepter les servitudes du métier », « donner à ses élèves le goût de quelques qualités maîtresses : le sens de l’humain qui infuse la vie à tout travail, le sens de la décision qui permet, après avoir pesé le risque, de la prendre, le sens de l’imagination qui ne craint aucune audace, aucune grandeur », "développer en eux le sentiment des hauts devoirs que la fonction publique entraîne et les moyens de les bien remplir".

 

La difficulté, c'est de mettre en oeuvre ces grands principes.

Mais Bayrou propose juste un nouveau nom, pour une école qui ne serait pas "dirigé vers des hautes responsabilités dans les entreprises privées", ce qui n'est pas le cas de l'ENA actuelle, au dela de quelques exemples anecdotiques par rapport aux 4500 énarques en fonction, qui doivent représenter moins de la moitié des hauts-fonctionnaires civils.

La formule de Jaurès "quand on ne peut pas changer les choses, on change les mots" est décidemment une des clés d'interprétation de la campagne actuelle. Et si la grande réforme de l'Etat de Bayrou commence par une pareille mesurette, ça promet...

On supprime l'ENA, on crée l'ESP. En anglais, c'est le sigle pour extra-sensory perception, un phénomène paranormal parfois appelé 6ème sens. Ca me rappelle un hit disco de 1976: "My baby's got ESP" chanté par four below zero.medium_fourbelowzero-mybabysgot.jpg

23:25 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ENA, bayrou, ESP, énarques

Sarkozy pas candidat: c'était si simple? (radiation piège à c.)

Le canard enchainé de cette semaine a dû susciter un certain nombre de réactions d'exaspération chez ses lecteurs, avec un article intitulé "Sarko a failli être inéligible".

Le raisonnement est séduisant:

- pour être candidat à la présidence de la République, il faut être inscrit sur les listes électorales;

- chaque commune a sa liste, et pour y être inscrit, il faut y habiter.

- les listes sont closes au 31 décembre;

- tout citoyen peut demander au juge judiciaire la radiation des listes d'une personne qui ne jusitifie pas habiter dans la commune, pendant dix jours à compter du 10 janvier  ;

- or N. Sarkozy ne justifie plus d'un logement à Neuilly: la radiation était imparable et donc sa candidature aurait été refusé par le conseil constitutionnel.

 

L'info est reprise chez Fluctuat sous le titre "Barrer la route à Sarkozy état si simple". Les commentaires ne se font pas attendre: "MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEERDE" écrit 2to par exemple.

Le seul hic, c'est que la démonstration du Canard ne tient pas: une application fort raisonnable des dispositions du code éléctoral permet à l'électeur qui se voit radier d'une liste de demander dans la même instance au juge de l'inscrire sur une liste dans une commune où il réside, même en dehors de la période de révision des listes. C'est ce que juge la cour de cassation par un arrêt du 9 mars 2001:  

"Attendu que la radiation d'un électeur de la liste électorale à la requête d'un tiers électeur emporte le droit pour cet électeur de demander au juge son inscription sur la liste électorale de la commune où le juge constate qu'il remplit une condition légale d'inscription ; (...)

le domicile réel de M. Flosse avait été établi par la décision de radiation, et (..) cette décision, intervenue en dehors des périodes de révision, emportait le droit corrélatif de M. Flosse de demander son inscription sur la liste électorale de la commune de son domicile,"

Encore une fois, une solution inverse m'aurait paru choquante: la radiation d'une liste est essentiellement une question d'etat civil, et diffère ainsi de l'inéligibilité qui est une sanction. Faire de la radiation un instrument pour empecher un candidat de se présenter est contraire à l'esprit des textes. 

 

09:25 Publié dans droit public , miroir des médias , politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, élection, radiation, canard enchainé, cour de cassation