« 2007-04 | Page d'accueil | 2007-06 »

samedi, 26 mai 2007

a government of lawyers? (2)

A la suite de la petite discussion qu'à suscité chez Versac mon billet qui présentait le profil académique et professionnel du gouvernement Fillon, je me suis amusé à faire la même chose avec le gouvernement américain. C'est plus rapide parce qu'ils ne sont vraiment que 15. 

 L'exercice de comparaison avec la France a évidemment ses limites: aux US, vous pouvez étudier la littérature maya et travailler dans la banque d'affaire. Ma thèse sommaire de la prédestination de la plupart des membres du gouvernement à faire de la politique  en fonction de leur choix d'études  ne s'inscrit pas dans le même contexte aux US, où il est possible sans carrière politique d'être propulsé aux plus hautes responsabilités lorsqu'on est un donateur régulier du parti au pouvoir (pour faire simple). De plus, la carrière administrative n'a pas d'école de la qualité notoriété de l'ENA, et c'est de toute façon considéré comme une carrière de looser.  Enfin, il semble y avoir peu de surdiplomés pluridisciplinaires (cout des études? accès au marché du travail facilité?) 

Voici les résultats, compilés rapidement:

Aux US, seuls 7 des 15 membres du cabinet ont fait des études de droit ou science politique. 5 en revanche ont étudié le management. 1 militaire. 1 historien-espion. 1 scientifique. Pas de médecin, ni de pharmacienne.

Modèle Fillon -Hortefeux: 4 ministres sont de pures politiques, comme élus ou collaborateurs (Mike Johanns (Agriculture) ; Dirk Arthur Kempthorne (intérieur) ; Margaret Spellings (éducation, la Christine Albanel américaine); Michael Levitt (santé)).

Modèle Jouyet:  3 sont des fonctionnaires doués qui ont de l'entregent : Elaine Chao (travail) ; Alphonso Jackson (logement) ; Mary Peters (transports).

Modèle Lagarde: 3 sont des personnes qui ont passé une très grande partie de leur carrière dans des entreprises privées (Henry Paulson (Trésor) ; Carlos M. Gutierrez (commerce) ;  S. Bodman (énergie) ), dans des grandes boites à des postes importants.

Modèle Farenheit 9/11: Michael Chertoff (sécurité intérieure); Alberto Gonzales (Justice), qui ont passé plusieurs années en cabinet d'avocat et ont rempli des fonctions juridictionnelles et administratives.

Et puis vous avez Condi Rice, dont la carrière est un mixte d'académie et d'administration (la MAM américaine en somme).

En conclusion, des profils beaucoup plus variés qu'en France, avec une irrigation mutuelle du public et du privé dans la carrière de chacun qui me bénéfique (chez nous ça s'appelle du pantouflage).

Mais le plus frappant, dans cette revue sommaire des notices wikipédia des ministres américains, c'est le nombre de "Rachida Dati", de personnes issues de l'immigration (edit: et plus généralement de minorités défavorisées), élevées dans des familles pauvres et qui s'en sont sorti: Condi Rice, Gutierrez, Gonzalez, Jackson, Chao. Et dans le même temps, dans le même gouvernement, des fils à papa comme Bush, des héritiers qui semblent ne s'être donnés que la peine de naitre... 

 

En annexe ci dessous: les détails retenus des notices wikipédia en français et anglais. C'est rudimentaire.

 

Henry Paulson (Trésor) : études de litterature et de business à Harvard. Dans les cab ministériels de 1970 à 74. de 74 à 2006 il travaille dans la banque Goldman Sachs.

Mike Johanns (Agriculture) Etudes de droit, carrière essentiellement d’élu.

Michael Chertoff (sécurité intérieure) : Harvard Law school. Carrière de procureur, avec passages en cabinets d’avocat.

Condi Rice (affaires étrangères) : études de science politique. Carrière universitaire et administrative imbriquée. 

Robert Gates (défense) : études d’histoire soviétique. A la CIA de 66 à 93. A l’université de 93 à 2006 (un peu plus longtemps que Juppé)

Alberto Gonzales (Justice) : Harvard Law School. Avocat de 82 à 94. fonctions dans l’administration du Texas et comme juge depuis 94.

Dirk Arthur Kempthorne (intérieur) : études de science politique. Pure carrière politique (maire, gouverneur, sénateur)

Carlos M. Gutierrez (commerce) : études de business. Travaille chez Kelloggs (les corn flakes) de 1975 à 2004.

Elaine Chao (travail) : surdiplomée (Harvard Business school, Columbia, MIT). Carrière de fonctionnaire ayant de l’entregent.

Michael Levitt (santé) : études de business. Carrière essentiellement politique + universitaire.

Alphonso Jackson (logement) : études de droit, science politique et sciences de l’éducation. Différentes fonctions dans des administrations du logement.

Mary peters (transports). Etudes de management. Carrière essentiellement dans les services publics de transport.

Margaret Spellings (éducation) : études de sciences politiques. Carrière d’assistant politique – directeur de campagne.

Jim Nicholson (anciens combattants) : Diplomé de West Point (Saint-Cyr). Carrière dans l’armée + ambassadeur au Vatican pendant 2 ans.

 S. Bodman (énergie) : études de sciences. Activité de recherches, et carrière en entreprise de 1983 à 2004.

22:40 Publié dans Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

jeudi, 24 mai 2007

Travailler pareil pour gagner plus?

1°) Les Echos nous proposent plusieurs articles de qualité sur ce sujet qui intéresse tous les Français qui ont un peu d'argent: la ristourne Sarkozy des intérêts d'emprunt d'achat immobilier.

Un article retrace l'historique du traitement fiscal des intérêts (à replacer dans le contexte de la forte inflation qu'à connu la France jusque dans les années 80).

Un autre élabore des simulations à partir des annonces de ce jour, qui limitent le crédit d'impôt aux acquisitions postérieures au 6 mai 2007 - en contradiction avec LA promesse électorale qui m'incitait à voter pour Sarkozy - passons!

L'aspect qui m'intéresse est le suivant:

"pour les ménages à revenus modestes, qui gagnent environ deux SMIC, les intérêts d'emprunt pour l'achat de leur logement sont en moyenne de 3.500 euros par an. Avec les nouvelles dispositions, ils pourront déduire 700 euros de leurs impôts.

pour les ménages à revenus moyens, entre deux et cinq SMIC, qui payent autour de 6.300 euros d'intérêts par an, la réduction sera de 1.260 euros.

pour les ménages les plus aisés, autour de cinq SMIC et plus, sur la base d'intérêts d'emprunt d'environ 10.200 euros par an, ils pourront déduire 2.000 euros."

 

700 euros, 1260 ou 2000 euros par an, c'est toujours çà de pris. Mais qui va être incité,  avec de telles ristournes, à devenir acquéreur d'un bien qui coute 80000, 200000 ou 500000 euros? Personne. C'est ce qu'on appelle un effet d'aubaine. Enfin pas une aubaine pour le budget de l'Etat, ça va couter un fric monstre.

 

2°) autre exemple du "travailler pareil pour gagner plus"?

Certaines entreprises (les plus petites) n'ont pas été obligé de passer à 35h. Elles sont donc resté à 39h. Si une usine à gaz n'est pas mise en place, le principe selon lequel les heures travaillées  au dela de la durée légale du temps de travail (qui est de 35 h pour toutes les entreprises, petites ou grandes)  sont exonérées d'impôts, s'appliquera  aux  salariés déjà à 39h.  Ils travaillaient 39h avant. Ils continuent à  travailler 39h. Ils travaillent pareil. Mais ils gagneront plus en ne déclarant pas 4h par semaine. Franchement, la loi qui adoptera un tel dispositif mériterait de s'appeler Aubry III...

 

3°) des petits détails tout cela, des querelles idéologiques?  Pas vraiment, comme le note E. Israelewicz sur son blog (hébergé aussi par les Echos...)

"La stratégie économique présentée par Eric Woerth est assez proche finalement de celle de (...) Ségolène Royal. Relancer la croissance d’abord, éponger le déficit ensuite. C’était aussi, grosso modo, ce qu’elle promettait. C’est d’ailleurs ce que font depuis vingt cinq ans, comme l’avait dénoncé le rapport Pébereau, les gouvernements quand ils arrivent, tous les gouvernements, avec les effets, catastrophiques, que l’on sait, sur la dette publique. Alors, bien sûr, il y a une différence. Cette relance de la croissance, les socialistes voulaient la provoquer en dépensant plus, l’équipe Fillon compte, elle, sur des réductions massives d’impôt, dès cet été, sur un choc fiscal donc !

Pas facile de comparer cette stratégie à ce qu’a fait, avec succès, l’Allemagne depuis deux ans. La coalition allemande a elle aussi procédé en deux temps, c’est vrai. D’abord les cadeaux, ensuite les efforts. Le gouvernement Fillon suit le même sillon. D’abord les cadeaux : ce sont les baisses d’impôts. Des milliards en moins dans les caisses de l’Etat. Difficile de réduire alors le déficit. D’où la pause. Tout cela, c’est un investissement, le prix de la relance, dit le ministre. On fera des économies ensuite. Avec la réforme de l’Etat, la réduction de ses effectifs, les économies sur la santé, d’autres encore. L’équipe d’Angela Merkel a d’abord augmenté les dépenses, elle a ensuite augmenté les impôts, la TVA notamment. Ici, le gouvernement baisse tout, les impôts d’abord, les dépenses ensuite. Le problème, c’est qu’augmenter la TVA, c’est facile : une loi y suffit. Ca rapporte gros : les recettes fiscales sont immédiates. Réduire le nombre de fonctionnaires, c’est beaucoup moins facile. Il faut négocier. Il y a des risques de blocage. Les économies sont lentes à se faire sentir. Les baisses d’impôts, on les a, ça, c’est facile, c’est sûr. Les réductions de dépenses, ça l’est moins."

23:15 Publié dans Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, intérêts d'emprunt, 35 heures, travailler plus, gagner plus, accession à la propriété

mardi, 22 mai 2007

un gouvernement de juristes?

En examinant les parcours universitaires et professionnels des 22 membres du gouvernement (lato sensu: du président de la République  aux secrétaires d'Etat), je suis frappé par les similitudes plus que par les dissemblances.  

On remarquera certes qu'il n'y a "que" 4 énarques (Juppé, Pecresse, Jouyet, Hirsch), alors que le précédent président et son premier ministre étaient issus de cette école ainsi que 7 (au moins) des ministres.

Mais en réalité, l'essentiel des membres est issu de la haute fonction publique (Horteufeux est administrateur territorial, Morin est administrateur de l'assemblée nationale) ou assimilée (Dati est passée par la magistrature, MAM, Darcos Karoutchi  et Albanel sont passés par l'enseignement). Fillon et Bussereau sont des politiques professionnels, passés par les fonctions parapolitiques classiques (conseiller technique, attaché parlementaire) depuis la fin de leurs études avant d'être élus.

Parmi les autres, Kouchner et Bachelot ont une formation médicale, mais ont rejoint le mode politique depuis longtemps. 

Les seuls à ne pas correspondre au schéma classique de recrutement du monde politique (fonctionnaire ou profession libérale) sont Dati (avant d'entrer dans la magistrature), Boutin, Bertrand, Woerth et Besson. Mais les quatre derniers ont également rejoint le monde politique assez rapidement et abandonné leur profession de journaliste, agent d'assurance, consultant...

La plupart des membres du gouvernement sont multidiplomés, avec plusieurs formations supérieures à bac +4, avec une propension au droit, et notamment au droit public, couplé à la science politique (Seuls Kouchner, Albanel et Bachelot n'ont pas une formation de droit et/ou de science politique). Nous avons 4 avocats (Sarkozy, MAM, Borloo, Lagarde), une magistrate (Dati) et 3 conseillers d'Etat (Pecresse, Albanel, Hirsch).  Tous les autres sont passé par science-po et/ou une maitrise de droit. Beaucoup ont un passé de parlementaire, c'est à dire (aussi) de législateur. Seuls Borloo et Lagarde ont fait une partie de leurs études à l'étranger. 2 normaliens, deux HEC. Il n'y a pas d'ingénieur ou de polytechnicien.

Sans dénier les spécificités, originalités et les mérites des uns et des autres (Dati, Lagarde, Boutin, Besson, Hirsch), les traits communs de ces formations initiales me semble témoigner de personnalités intéressées très jeunes par la chose publique et par la fonction publique. Et tous (sauf Lagarde) sont devenus depuis des professionnels de la vie publique, soit par une filière "suffrage universel" (typiquement: Fillon), soit par une filière administrative (typiquement: Albanel), parfois par une filière mixte  (typiquement: Pecresse, conseillère à la présidence de la République avant de devenir député).

Je ne sais pas si cette prédominance du droit et de la science politique se retrouve dans les gouvernements précédents (sans doute). On voit toutefois la cohérence dans la forte tendance des blogueurs politiques à avoir  une formation juridique.

08:35 Publié dans droit public , politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement fillon, fonction publique, ENA, énarque

mardi, 15 mai 2007

la plus belle ouverture à froid?

Une "ouverture à froid" (cold open) désigne la technique, dans un film ou une série télé, consistant à faire démarrer l'histoire dès l'ouverture du show, sans la faire précéder du générique du début.  Les James Bond sont réputés pour leurs cold open.

 

C'est ce qu'à réalisé Nicolas Sarkozy de façon magistrale: depuis son élection, on a vu défiler plusieurs séquences plus surprenantes les unes que les autres, et scotché sur son siège, on se rend compte enfin que le générique de début n'aura lieu que demain,  16 mai, avec la passation de pouvoir entre les 2 présidents. C'est la force des cold open réussis: on est tout de suite dans l'action, avant de se rendre compte (deuxième temps du plaisir) que rien n'a commencé.

Nous avons eu la séquence berlusconienne, avec le Fouquet's, le jet et la croisière maltaise: entre "l'amour du risque" et "miami vice", l'impression de revoir une série de mauvais goût des années 80, avec une audace renouvelée, un contraste avec la retraite mystique annoncée scandaleux (pour le citoyen), et donc réjouissant (pour le spectateur).

Tout de suite après, la vrai surprise. L'ouverture au centre, à gauche, le contraire de la campagne droitière qui l'a conduit au pouvoir. "Révélation quasi mystique, numéro de transformisme, numéro de séduction, effet tactique qui tente de séduire la gauche après avoir séduit le FN,  rassemblement purement ‘’cinématographique’’, perversité, authenticité, on se perd déjà en conjectures." comme l'écrit Petit jardin (qui a fait la même association d'idée que moi, un peu plus vite).

On imagine de belles scènes où les bad guys sont punis (scènes jouissives pour le téléspectateur de retournement de situation, après avoir subi, maso, l'ascension de ces personnages, en ayant le sentiment dégouté qu'ils allaient triompher (Morano, Hortefeux, Devedjian, mais aussi le traitre, intégrale, ténébreux, énigmatique: Besson...).

Sarko calculateur ou  rassembleur?

On se prend à rêver d'une improbable saison 8 de West Wing, où un président de droite serait le digne successeur de Bartlet. Et cet espoir me parait plus sérieux aujourd'hui que lors des 2 élections de Chirac.

Et si Sarkozy faisait un bon président? Toute la saveur de la série qui se prépare tient dans l'ambigüité du personnage, capable du meilleur comme du pire. Deviens qui tu es. Let Bartlet be Bartlet.

et puis il y a bien-sur Cecilia, qui vaut bien Abigail Bartlet, entre Desparate Housewife et Hedda Gabler. Il y a plusieurs épisodes incroyables à son sujet, je n'y insiste pas. 

Mais encore une fois, le générique de début n'est pas encore lancé. Extraordinaire ouverture à froid, mais l'épisode sera-t-il à la hauteur? le "prégénérique" est souvent ce qu'il y a de meilleur dans les James Bond... Et puis il y a des séries qui perdent toute consistance très vite. Le discours d'adieux de Chirac ce soir me fait penser à la saison 4 d'Alias. 

 

Deux conceptions, deux narratives de la présidence Sarkozy se concurrenceront logiquement: le mystère et la mystification. Une série clivante comme Lost.

Créées par un couple de professeurs gauchistes, les De Groot, et un magnat de l'industrie, Alvar Hanso, les stations Dharma sont un élément central dans Lost.  Deux interprétations de la Dharma initiative sont possibles  : "œuvre de salut collectif ou gigantesque manipulation du spectateur". Dharma signifie la loi en Sanskrit.

 

 

21:25 Publié dans miroir des médias , pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : west wing, lost, cold open, sarkozy

samedi, 12 mai 2007

accession à la propriété: faites ce que je dis, pas ce que je fais?

La publication du patrimoine de N. Sarkozy, constitué pour l'essentiel de placements financiers et de parts dans une société d'avocat, me frappe par un aspect singulier: après avoir fait de  l'accession de tous les Français à la propriété un thème fort de sa campagne, il s'avère que lui même n'est pas propriétaire.

 

12:55 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrimoine de Nicolas Sarkozy, accession à la propriété

vendredi, 11 mai 2007

les élections législatives de 2007 sont-elles inconstitutionnelles?

La décision du 3 mai 2007 du conseil constitutionnel vient rappeler que le découpage des circonscriptions législatives dans lesquelles seront élus nos députés en juin 2007 est sans doute contraire à la Constitution.

En effet, le découpage électoral actuel date de 1986 et se fonde sur un recensement de la population de 1982 . Depuis, la population n'a pas évolué de façon uniforme depuis 25 ans. Or, "l'Assemblée nationale, désignée au suffrage universel direct, doit être élue sur des bases essentiellement démographiques" (décision n° 86-208 DC du 2 juillet 1986).

Le Conseil constitutionnel l'a rappelé récemment dans ses observations publiques du 7 juillet 2005 sur les échéances électorales de 2007. Il « a observé, à propos des élections législatives de 2002, que la recherche de l'égalité rendait ce remodelage nécessaire. En effet, le découpage actuel résulte de la loi n° 86-1197 du 24 novembre 1986 relative à la délimitation des circonscriptions pour l'élection des députés. Il repose sur les données du recensement général de 1982. Depuis lors, deux recensements généraux, intervenus en 1990 et 1999, ont mis en lumière des disparités de représentation peu compatibles avec les dispositions combinées de l'article 6 de la Déclaration de 1789 et des articles 3 et 24 de la Constitution. Ces disparités ne peuvent que s'accroître avec le temps. Il incombe donc au législateur de modifier ce découpage. Si cela n'est pas fait avant les prochaines élections législatives, ce qui serait regrettable, cela devra être entrepris au lendemain de celles-ci ».

Et alors? et alors rien. De façon imparable, le Conseil constitutionnel, dans la présente décision, rejette la requête d'un illustre particulier, le professeur Pascal Jan, contre le décret du 24 avril 2007 portant convocation des collèges électoraux pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale. Le commentaire aux cahiers développe les deux branches de l'argumentation: d'une part lepouvoir règlementaire était tenu de convoquer l'élection, puisque la loi organique prévoyait que la législature en cours s'achevait. D'autre part, l'intéressante question de la constitutionnalité de la loi fixant le découpage des circonscriptions ne pouvait se poser dans le cadre de la décision du 3 mai.

En effet, le Conseil statue ici comme juge électoral (art 59 de la constitution), ce qui diffère sur de nombreux points avec son office comme juge constitutionnel (art 61):

- il est saisi par un particulier, ce qui n'est pas possible pour contester la constitutionnalité d'une loi.

- c'est un décret, acte règlementaire, qui est contesté.

- enfin, le requérant soutenait que le décret était illégal, car fondé sur une loi contraire à la constitution.  Et c'est décisif ici, le juge électoral n'a pas les pouvoirs du juge constitutionnel s'agissant de la déclaration d'inconstitutionnalité de la loi. 

 

Tout ceci illustre les limites du contrôle de constitutionnalité:

Un particulier, qui n'a pas accès qu'au prétoire du juge constitutionnel, ne peut pas faire constater l'inconstitutionnalité de la loi. Plus encore, dans la mesure où le CC ne peut être saisi que par la voie de l'action, c'est à dire d'une loi votée mais pas encore promulguée, il est impossible d'attaquer le refus d'abroger une loi existante et devenue inconstitutionnelle (on pense évidemment à un Alitalia pour les actes législatifs) ou d'enjoindre au législateur de prendre les mesures nécessaires. Mais l'absence de ces voies de droit présente une certaine cohérence dans notre système institutionnel et elles soulèveraient de réelles difficultés pratiques.

Le Conseil constitutionnel peut donc  seulement faire des observations publiques pour inviter le législateur à agir. Dans un système fonctionnant normalement, une telle invitation devrait suffire à provoquer l'action du législateur. En France, non.

 

09:35 Publié dans droit public | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : conseil constitutionnel, pascal jan, exception d'inconstitutionnalité, découpage électoral

mercredi, 09 mai 2007

notule post-électorale: le vote expat.

On a beaucoup glosé pendant la campagne sur le vote des Français de l'étranger et son importance stratégique, notamment pour l'UMP, s'agissant d'un électorat en croissance et qui vote à droite.

Les résultats du 2ème tour 2007 sont :

inscrits:821919

Votants: 346 310

N. Sarkozy: 183 613 soit 53,99%

S. Royal: 156 480 soit 46,01%

Un vote à peine plus en faveur de NS que le reste du pays. Un taux d'abstention de 57,87%. Une différence de voix entre les 2 candidats inférieure à 30 000 bulletins. 

Le cahier résultats du Monde du 8 mai 2007 nous informe que les expats avaient voté pour Chirac à 58,55% en 95 et à 60,11% en 1988...

Stratégique, révélateur, le vote des expats?

Les expatriés disposent de 12 sénateurs. Vous ne trouvez pas ça excessif?

09:10 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : expatriés, Français de l'Etranger

lundi, 07 mai 2007

Pourquoi je me rallie

Mes chers lecteurs, mes chères lectrices,

permettez-moi de prendre de prendre la forme de cette lettre solennelle pour vous annoncer une nouvelle dont je vous devais la primeur.

J'ai décidé de me rallier à celui qui a incontestablement et démocratiquement remporté l'élection.

Certains trouveront ce ralliement tardif, alors que la main était tendue depuis plusieurs jours. D'autres y verront un cynisme insoutenable, marqué par un carriérisme sans valeurs. 

Je vous prie de croire qu'il n'en est rien. Ma décision est uniquement guidée par l'intérêt général. Aux services de Nicolas, je vais rendre aux Français la fierté de la blogosphère.

C'est donc avec gravité et exaltation que j'accepte le poste de Conseiller juridique au cabinet du nouveau  roi de la blogosphère.

09:10 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

dimanche, 06 mai 2007

pour qui voter (2ème tour)

(je vous la fais courte à dessein) 

Excellent billet d'Econoclaste sur la pertinence économique du vote pour Royal ou Sarkozy:

"Au total donc, chaque vote repose sur un pari qui n'est pas gagné : le pari qu'une Ségolène Royal élue pourra, et voudra, décentraliser la société française afin de la rendre réformable; le pari qu'un Sarkozy élu utilisera son pouvoir pour mener des réformes allant dans le bon sens. Chacun de ces paris, à mon humble avis, repose sur de faibles probabilités de succès. Mais il faut bien choisir."

L'argument économique (s'il en fallait un seul) qui me convainc, personnellement, de voter pour Royal est le suivant:

"ce sont les gouvernements de centre-gauche qui réforment en France, parce qu'ils peuvent le faire sans déchaîner les blocages de la rue. (...) On peut déplorer que les décisions démocratiques soient paralysées par la rue, tout en reconnaissant cette réalité et en considérant que seul un candidat capable d'éviter ces réactions pourra mener des réformes."

(Econoclaste vous soumet également des arguments pour voter Sarkozy, dont certains sont solides). 

Et comme je ne partage absolument pas les options de N. Sarkozy ni sur les aspects régaliens et "idéologiques", ni sur la façon de gouverner...

11:35 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

samedi, 05 mai 2007

Sous l'image

medium_R.2.jpg

 

"Dans l'esprit de ceux qui ont pris, ou cru prendre la photo, le contenu de l'image ne vient qu'en deuxième position, derrière les associations d'idées qu'elle suscite."
"Lorsque nous regardons une photo, nous reproduisons et répétons, devant le double d'un fantome, des décisions et des critiques qui font écho à celle du photographe. Nous demandons ce qu'il nous faudrait être, ce en quoi il nous faudrait croire pour vouloir préserver ce moment".
R. Powers
medium_S.2.jpg

23:45 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

jeudi, 03 mai 2007

tout est dans la langue?

1°) à la suite du débat d'hier, Tim King note dans un billet intitulé "est-elle comparable à Hillary Clinton", que chaque candidat parlait 4 à 5 minutes à chaque fois, et qu'une étude américaine montre qu'au delà de 30 secondes, l'auditeur n'absorbe plus d'informations. Même des Français ne doivent pas saturer bien au delà.

Mais le billet ne parle pas vraiment de la comparaison annoncée avec Hillary.

2°)  Hillary a expliqué qu'elle avait un avantage: elle est bilingue. Elle peut parler américain avec l'accent du Nord ou celui du Sud. Les linguistes appellent cela "code shifting". C'est sans doute une qualité qui manque à S. Royal: beaucoup de gens sont agacés par son phrasé. Je vais pas adorer le bagout de N. Sarkozy pendant 5 ans...

3°) Le New York times note qu'à la différence de Chirac, ni Royal ni Sarkozy ne parlent anglais.

Royal a été jeune fille au pair en Irlande en 71 mais son anglais est rugueux. LE NYT cite un extrait qui circule sur You tube: “Or with this government, investment in research has decreasing a lot, and that’s bad. I can see, as the presidency of the region, that we need money to invest in research and environment.” "ou avec ce gouvernement, l'investissement dans la recherche a déclité. Je peux voir comme présidence de le région que nous avons besoin d'argent pour investir dans l'environnement et la recherche".

L'anglais de Sarkozy c'est plus l'esprit que la lettre. Comme il l'a dit au chef des pompiers de New  York:  “I run. This morning. In Central Park. With T-shirt firefighters.” "Je cours. Ce matin. A central Park. Avec T-shirt Pompiers."

On peut imaginer la réponse de Ségo à ce reproche: "vous ne me diriez pas cela si j'étais un homme". Et celle de Sarko: "avec 85% de participation au premier tour et 11 millions de voix pour moi, les Français ont montré que j'avais raison de parler anglais comme une cornegidouille".

4°) Guy Sorman note aussi la carence linguistique des 2 candidats, et relève que "Les deux candidats à la présidence , d'un commun accord et avec l'approbation des journalistes de service n'ont pas abordé-ou à peine- ce qui constitue l'essentiel des compétences et des activités d'un chef d'Etat : le pouvoir militaire et le pouvoir diplomatique." .

5°) Dans le même temps, ils ont parlé  des sujets qui intéressent les Français, ce qui ne me parait pas négligeable. Mais le Président n'a pas de compétence en matière de régularisation des sans papiers, de chômage, de pouvoir d'achat, d'éducation.C'est un débat de premier ministre et pas de président.

La conclusion que j'en tire - elle peut paraitre un peu raide, mais toute la campagne électorale me conduit à cette conclusion - c'est qu'il faut supprimer l'élection au suffrage universel du président de la République: ses fonctions réelles ne correspondent pas à ce sur quoi les Français veulent l'entendre, ni encore moins l'élire.

La conclusion de Charles Bremmer: l'opéra n'est pas fini tant que la grosse dame n'a pas chanté.

22:45 Publié dans miroir des médias , politique , Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mercredi, 02 mai 2007

le débat Sarkozy-Royal en direct

Des invités à la maison, le bébé agité. Prêt pour le live blogging .

Règle du jeu: du blogging sérieux. (ce sera plus facile une fois le bébé couché)

20h30: sur France 2  Tony Blair fait du rameur. 

21h12: la premère proposition de NS m'impressionne favorablement: toutes les nominations du président soumises au véto du Parlement. Une vrai proposition d'ouverture vers l'opposition. Habile.

21h15: "je ne veux pas polémiquer avec Mme Royal". Laquelle cogne un peu n'importe comment. 

21h20: SR a trouvé un angle d'attaque à un des effets rhétoriques clés de NS: on est pas la pour rigoler: à la proposition bizarre consistant à raccompagner chaque femme policier , NS répond si c'est comme ça, il va falloir créer un corps de fonctionnaires au service des fonctionnaires!" . SR:"moi ça ne me fait pas rire". 

21h27: série de crochets de SR.On est vraiment dans le match sportif. Je ne le sens pas ce débat sur le plan des idées.

NS a interpelé 2 fois déjà le journaliste "tenez vous bien M. PDA". 

 21h32: NS semble croire que les fonctionnaires de la fonction publique hospitalière sont payés par les collectivités territoriales.

21n45: débat absurde sur Rexecode.  Medef ou pas Medef? "quelques membres « associés », parmi lesquelles des organisations patronales et des grandes entreprises versent des cotisations de « soutien », qui permettent à l'institut de nourrir le débat public." (source)

21h50: les heures sup sont un vrai sujet technique. Je ne suis pas sur que l'on puisse l'expliquer calmement dans un tel débat. 

21h57. SR: "Débureaucratiser les poles de compétitivité". Elle a raison. Les décrets d'applications sortent trop tard, et les entrepreneurs n'ont pas les aides promises. Les éxo fiscales ne sont pas arrivées. NS dit que si. Les telespectateurs ne sauront pas.

22h11: après les heures sup, les retraites. Je trouve le débat de plutot bon niveau. C'est un peu ennuyeux, peut-être parce que  j'ai entendu les arguments 50 fois.

boum ça retombe: mettre à plat est-ce démolir?  

Sarko pas pro: SR a déjà évoqué la reforme des régimes spéciaux. Il semble le découvrir...

Les questions rhétoriques de NS tombent à plat. "les déclarations de M. Hollande ne vous engagent pas" "Ben non".

22h18 NS:  supprimer les organismes qui ne servent à rien. Ca me plait.

22h23: SR nous sort Neuilly et les logements sociaux. On aimerait avoir le plan de coupe sur NS.

22h30 NS nous dit "l'ambition c'est de faire une France de propriétaires". SR nous disait qu'elle voulait un pays d'entrepreuneurs... C'est de la petite polémique. Pour avoir écouté en intégralité récemment les débats de 74, 81 et 88, le niveau est bien plus élevé.

Pendant les primaires, les partisans de DSK et Fabius mettaient beaucoup en avant le manque de solidité de SR pour tenter de l'écarter : pendant le débat, contre Sarkozy, elle craquerait, elle ne tiendrait pas la route. Il y a de grande chances qu'elle perde, mais au moins, au bout de 100 mn de débat , elle  tient. NS a plus de métier, mais elle a énormément progressé.

 22h51: droit opposable à la nounou contre handiscol. Grosse colère contre gros calme. Surjoué deux fois.

Ca part en live. On nous rejoue les vieux débats en moins bien "vous n'avez pas le monopole qui est le votre". "ne soyez pas condescendant".  

23h05 : L'europe. Je sens que NS va nous en sortir une grosse sur la TVA. (raté)

NS: Une bonne unanimité (le compromis de Luxembourg). Une mauévaise: les autres unanimités. Sauf si  la France dit non à la Turquie, elle n'entre pas. SR n'est pas terrible sur ce sujet, non plus. 

23h20: débat rebattu sur l'immigration. "si je suis élu président je ne ferai pas de régularisation". Ca tombe bien, ce n'est pas une compétence du président. 

Affaire de Cachan et de la décision de justice: le ministre a un pouvoir d'appréciation. Il n'a pas compétence liée.

NS: Les femmes martyrisées : je l'ai proposé en visitant une association remarquable,  je n'en aurai pas parlé si vous ne l'abordiez pas Mme Royal. Bon. "A chaque femme martyrisée dans le monde je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française." (discours de Toulouse du 12 avril 2007).  Un des trucs pas cohérents dans la politique d'immigration de NS. 

toujours ce truc de Sarko de prendre à témoin les journalistes, ne serait-ce que  par le regard. Ségo regarde la caméra en face et c'est bizarre (on dirait qu'elle récite). Son propos est parfois trop alambiqué. Elle a dû détourner l'attention de pas mal de téléspectateurs. 

Comme on pouvait s'y attendre: match nul. 

Allez: bonne soirée. Demain je me lève tôt! 

20:30 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : débat 2 mai 2007

Ce soir, liveblogging du débat (avec plans de coupe)

medium_s2.2.jpg
medium_N2.3.jpg
 
 En attendant lisez ce compte-rendu étonnant du débat Mitterand-Chirac de 1988,qui vaut en particulier  pour sa mise en perspective cinématographique:

"Un passage du débat concerne la procédure d’extradition touchant l’Iranien Gordji. Jacques Chirac affirme avoir informé personnellement le Président sur cette affaire dans son bureau. Le Président, lui, réfute l’accusation, et s’ensuit un dialogue d’une tension exceptionnelle :

- Jacques Chirac : Regardez-moi dans les yeux. Pouvez-vous me dire, Monsieur le Président, que vous contestez ma version des choses ?
- François Mitterrand : Dans les yeux je la conteste !

Chirac, abasourdi, ne se relèvera pas et perdra le débat.

Bien plus tard, Jacques Chirac relate la scène telle qu’elle s’est passée : Chirac raconte que lorsqu’il pose cette question à Mitterrand, celui-ci, en réalité, ne lui répond pas dans les yeux mais se tourne vers une caméra de côté et répond face à elle ; en aucun cas dans les yeux de Chirac…

Le plan de coupe aurait permis de découvrir l’étonnement du maire de Paris. Au lieu de cela la caméra en plan serré donne l’impression au public que le Président fait sa réponse effectivement dans les yeux de Chirac alors qu’il n’en est rien ! Jacques Chirac s’est rendu compte à cet instant qu’il avait affaire à un véritable fauve et que l’affaire était réglée : il a définitivement perdu."

 

Mais  en regardant cette longue séquence, on constate médusé comment Mitterrand réussit à lancer le sujet sur Gordji, qui n'avait rien à voir avec le sujet:

 

 

 

En 2007 non plus, il n'y aura pas de plan de coupe, une règle apparemment inventée par Badinter et Moati en 1981... 

 

 
 

 

 

06:50 Publié dans pendant ce temps , politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mardi, 01 mai 2007

68: année pathétique?

Nos amis blogueurs dont le coeur penche à droite félicitent sincèrement N. Sarkozy pour sa subtile manoeuvre stratégique qui consiste à dénoncer mai 68. Plusieurs remarques:

1°) vous vouliez que le débat de second tour parle un peu du fond, avec ça on est servi! Que du creux, que de la polémique stérile, sur des sujets qui ne font pas débat et qui ne résoudront pas les problèmes des Français: les excès de 68 (en matière d'éducation notamment) ont été corrigés au début des années 70. Dénoncer les conneries des Maos n'est pas du niveau de quelqu'un qui prétend proposer un débat de fond aux Français. Pour le reste, il me semble qu'un peu de rêve et d'exigences de liberté ne fait pas de mal à une société de temps en temps. "Après mai 68, Georges Pompidou avait dit : « le monde a besoin d’une nouvelle Renaissance » (cité par NS dans son discours de la porte de Versailles du 14 janvier...) et c'est quelque part ce qui s'est produit.

 

2°) Mais parlons valeurs, puisqu'il s'agit de cela apparemment. 

"Pourquoi tant de haine ? Parce que je n’accepte pas la repentance ? Parce que je ne veux pas qu’on demande aux enfants d’expier les fautes supposées de leurs pères ? Parce que je considère que la France n’a pas à avoir honte de son histoire ? Parce que je dis que la France n’a pas inventé la solution finale, ni commis de génocide et qu’elle est le pays au monde qui a le plus fait pour la liberté des hommes ?

Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que tous les Français n’étaient pas pétainistes ? Que des mères ont caché des enfants juifs au milieu de leurs propres enfants ? Que des résistants sont morts dans les maquis ?

Pourquoi tant de haine ? Parce que je dis que tous les colons n’étaient pas des exploiteurs, que beaucoup d’entre eux avaient passé leur vie à bâtir, à soigner, à éduquer, à cultiver un morceau de terre aride pour en tirer de quoi faire vivre leur famille et parce que je dis qu’ils étaient respectables ?"

  (discours de Dijon 23 avril 2007). 

En gros: arrêtons de nous battre la coulpe pour la colonisation, pour l'occupation et la collaboration. Il faut accepter l'histoire de France comme un tout, et arrêter la repentance à tout va, parce qu'il y a du bon dans tout. Sauf? Sauf pour mai 68! Toutes les périodes de l'histoire sont dignes, sauf mai 68!

 

3°) la classe ultime: le seul regret politique de Jean-Marie Le Pen (c'était avant le 22 avril): "Je ne regrette qu'une chose, c'est de ne pas avoir été candidat en 1965". "Cela a fait perdre au moins 20 ans à la cause nationale, et ça a permis surtout mai 68". "Je pense que mai 68 n'aurait pas eu lieu si j'avais pu fonder le FN en 1965, comme j'en avais l'intention après la campagne électorale présidentielle". 

Visiblement avec NS, on empêchera mai 68 dès 2007... 

 

22:30 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mai 68