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mercredi, 30 avril 2008

vendre du nucléaire civil, ce rempart contre le terrorisme

"Le nucléaire c’est l’énergie du futur. (…) Sans énergie, vous ne connaîtrez pas la croissance. Sans croissance vous n’aurez pas de développement. Vous aurez la misère, le sous-développement, le chômage et donc le terrorisme. Parce que tout est lié (…)."

(N. Sarkozy, 29 avril 2008, forum économique Tuniso-français, extrait visionnable ici).

Reprennons cet enchainement logique, implacable.

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(La boucle de rétroaction, qui fait qu'un Etat terroriste n'a pas droit au nucléaire civil, c'est moi qui l'ajoute, mais elle ne me parait pas être l'étape la plus absurde du raisonnement).

Le discours du président semble tracer un cheminement implacable qui fait que si l'on ne vend pas du nucléaire civil on arrive au terrorisme (qui est au passage la même chose que le choc des civilisations).

"Le nucléaire, c'est l'énergie du futur". Admettons, pour le plaisir de la conversation.

"Sans énergie vous ne connaitrez pas la croissance". OK, mais s'agit-il nécessairement de l'énergie du futur précitée? Les pays occidentaux qui renoncent à l'énergie nucléaire sont-ils condamnés au déclin?

"Sans croissance vous n’aurez pas de développement. Vous aurez la misère, le sous-développement, le chômage". Un passage assez solide de l'intervention présidentielle: pas de croissance, pas de développement (le mot développement étant compris ici au sens de croissance). L'absence de développement s'accompagne souvent de sous-développement. Rien à redire.

"et donc le terrorisme". Comme mon schema l'indique, j'ai choisi de considérer que le président estimait que c'était à la fois la misère, le sous-développement et le chômage qui étaient la source du terrorisme. Si on faisait dire au président que le chomage causait à lui seul le terrorisme, ce pourrait entrainer une moquerie facile.

Quand l'on écoute la suite de l'extrait, les propos redeviennent censés: "L’Europe ne connaîtra pas la stabilité si vous ne connaissez pas le développement."  Mais dire que cela implique d'opérer un transfert du nucléaire civil, c'est encore une fois un homme de paille.

Tiens, je me rappelle que Ségolène Royal, qui avait pensé à tout, estimait que "les pays les plus pauvres qui sont sous les latitudes les plus chaudes ont un atout, c’est l’énergie solaire gratuite, et donc nous devons appuyer les modes de développement dans ces pays sur le potentiel dont ils disposent".

19:18 Publié dans pendant ce temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

vendredi, 25 avril 2008

mince, il a encore changé (ou vieilli?)

1) "Il faut toujours écouter les inquiétudes de la jeunesse. Et si on est pas inquiet quand on est jeune… alors c’est qu’on est pas jeune, parce que quand on est jeune, forcément on est inquiet." (En direct de l'Elysée, 24 avril 2008)

 

2) "Rêvez aujourd'hui, car le sens d'une vie d'adulte c'est de faire de sa vie la réalisation de ses rêves de jeunesse. Si vous ne rêvez pas aujourd'hui, vous serez des adultes à la "petite vie". Je ne veux pas que vous la connaissiez !

Vous avez de la chance d'être jeunes, non parce que le bonheur vous tend les bras, mais parce que l'avenir vous appartient.

Vous avez de la chance d'être jeunes, parce que le monde est à vous.

Vous avez de la chance d'être jeunes, parce qu'à votre âge on n'a ni regrets, ni remords.

Vous avez de la chance d'être jeunes, parce que la jeunesse c'est la liberté.

Et je veux, si je deviens Président de la République, couper tous les liens qui vous entravent, et vous donner les moyens de cette liberté que j'appelle l'autonomie.

Vous avez de la chance d'être jeunes, parce que la jeunesse c'est la promesse des commencements, des soleils qui se lèvent sur les mondes endormis.

Et je vous promets que Président de la République, je réveillerai la France pour qu'elle redevienne la nation de tous les possibles.

La jeunesse, c'est l'âge où l'on croit dur comme fer qu'un rêve peut à lui seul changer le monde.

Jeune j'ai rêvé de le changer. Et bien aujourd'hui il est temps de se dire qu'ensemble nous allons le faire !

La jeunesse, c'est ce moment magique dans le souvenir duquel l'Homme puise la part de rêve qu'il cherchera toute sa vie à accomplir.

L'Homme est jeune tant qu'il croit, qu'il peut opposer la force invincible des rêves à l'usure du temps.

Il n'est pas vrai que l'on n'est pas sérieux quand on est jeune. On l'est avec moins de gravité que lorsque l'on est devenu adulte. Mais on l'est souvent avec plus de profondeur." (Discours au Zénith (18 mars 2007)).

19:02 Publié dans politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

vendredi, 11 avril 2008

Davantages d'avantages avantagent davantage

Au delà de l'exemple nouveau de cacophonie gouvernementale, plusieurs éléments me paraissent devoir être soulignés s'agissant de la "remise en question" (appelons cela ainsi à ce stade, cf le point 3. de ce billet) de la carte famille nombreuse, qui permet à ses bénéficiaires de voyager à tarif réduit en train, RER et RATP.

1) On évoque la possibilité de subordonner l'obtention de cette carte à une condition de ressources. Ceci me parait tout à fait dans l'esprit brouillon de la RGPP.  La seule réforme possible c'est d'abaisser le seuil, ce qui permet de reduire la dépense publique en se drapant dans la justice sociale et sans prendre la peine de réformer les processus. Je pense en particulier à ce qui a été présenté comme la mesure phare de la 2ème vague: l'abaissement des seuils pour l'éligibilité aux logements sociaux, quelle belle réforme de l'Etat - et quelle mesure de réduction de son train de vie!. Allez voir le billet de T. Piketty sur l'incroyable congresutileetserein.com.

2) Supprimer la carte famille nombreuse pour les riches ne fera pleurer que quelques centaines de députés UMP. Pourtant, il ne me parait pas absurde de favoriser (un peu) les ménages riches qui ont des enfants par rapport aux ménages riches qui n'en ont pas. De la même façon, on aimerait lire une ébauche de réflexion sur l'effet que cette carte peu avoir sur l'arbitrage entre train et voiture. Ce dont je parle ici à traits grossiers, c'est d'externalités positives pour la société: faire des enfants, utiliser des transports collectifs...

2bis) Dans un esprit "revue générale des politiques publiques" qui s'attacherait à l'efficatité des processus, on s'interrogerait sur les coûts de gestions supplémentaires qu'entrainera la mise en place d'une condition de ressource: combien de personnes vont être employés, combien de temps perdu par les usagers pour justifier qu'ils ne dépassent pas le plafond?

3) A vrai dire on semble se diriger vers un financement par la SNCF (et la RATP j'imagine) du coût lié à cet avantage, qui était précedemment financé par l'Etat. Et si finalement cette cacophonie n'était pas en partie orchestrée pour forcer la main à la SNCF pour l'obliger à renoncer à cette somme de 70 millions d'euros versés par l'Etat sans abandonner la carte famille nombreuses? Personne semble-t-il n'a souligné que cette belle décision se fait quelques semaines après l'annonce que, pour la première fois de son histoire, la SNCf va verser à l'Etat actionnaire un dividende d'environ 130 millions d'euros... autrement dit: la SNCF va bien, elle peut bien faire du social...

4) Enfin, et même si ce billet participe du mouvement, on va parler pendant 3 jours d'un sujet qui ne vaut que 70 millions d'euros. Et l'on va en rester pour l'essentiel au tour du point 2 de ce billet: les riches n'ont-ils pas le droit d'avoir des enfants et de prendre le train, et la pollution dans tout ça. Aucune pédagogie, aucun discours de la méthode.

Avec ça la réforme est bien partie.

10:15 Publié dans Politiques publiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : RGPP, carte famille nombreuse